L’Europe fait rentrer les OGM dans l’alimentation, sauf en bio
Paris, le 18 juin 2026. C’est un recul historique. Ce mercredi 17 juin, le Parlement Européen a adopté le règlement autorisant les OGM produits par des nouvelles techniques génomiques (NTG), ouvrant ainsi la porte à leur commercialisation sur le sol européen. Les agriculteurs et agricultrices bio vont eux pouvoir continuer à garantir des produits non OGM, mais la FNAB demande à l’Etat français des garanties pour les protéger contre des contaminations éventuelles.
Une dérégulation soutenue par la France contre l’avis des consommateurs
Jusqu’à aujourd’hui l’Europe résistait à la pression des groupes industriels étrangers qui souhaitaient faire massivement rentrer les OGM sur notre sol. Un seul produit était autorisé, le maïs transgénique MON810 de Monsanto, mais il était interdit en France et dans quasiment tous les pays de l’UE. Désormais la commercialisation de semences OGM sera possible sans évaluation des risques et sans traçabilité le long de la chaîne de production. Les consommateurs ne pourront pas savoir s’ils consomment des OGM alors que 92% d’entre eux disent vouloir en être informés. [1]
« Après le soutien au retour de l’acétamipride,le gouvernement Lecornu restera dans les mémoires comme celui qui aura contribué à mettre fin à 30 années de résistance nationale contre les OGM, c’est une triste contre-performance environnementale” déplore Loïc Madeline, co-président de la FNAB.
La bio restera, elle, une garantie sans OGM
Conformément au cahier des charges, la bio va, elle, continuer à garantir des produits sans OGM grâce à l’étiquetage et à la traçabilité obligatoire sur les semences issues de nouvelles techniques génomiques. Ces nouveaux OGM seront donc bien toujours interdits en bio.
La bio pourrait cependant être, comme toutes les productions, victime de contaminations. Le pollen se propage et se croise avec les autres plantes, et un champ OGM peut contaminer un champ non OGM. On l’a vu dans les pays qui en cultivent massivement : au Canada il est maintenant quasiment impossible de faire pousser du colza non-OGM. Rien n’est aujourd’hui prévu pour indemniser ou assurer les producteur-ices bio contre ce risque.
Lorsque nos produits sont contaminés par des pesticides et qu’on doit les détruire, rien n’est prévu pour nous dédommager. C’est la même chose pour les OGM, il faut que le gouvernement prévoit un système de gestion de ces risques » poursuit Loïc Madeline.
Le Collectif Vietnam-Dioxine et DSAVEC (Diasporas Solidaires Avec les Victimes de l’Empoisonnement Colonial) organisent le samedi 20 juin à 14h à Bastille (Paris), un rassemblement unitaire contre le colonialisme chimique, pour réclamer justice pour les victimes du chlordécone (procès porté par des associations martiniquaises et guadeloupéennes en appel le 22 juin) et de l’agent orange (procès en cassation de Tran To Nga contre les fabricants de l’agent orange le 16 juin).
Nous faisons tourner un appel aux organisations et personnalités, pour signature (d’ici le 10 juin prochain).
Signature de l’appel unitaire – 20 juin : justice pour les victimes du chlordécone et de l’agent orange
Nous avons pikniké à Plougoulm le 12 mai dernier, Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM breton.ne.s, PIG BZH (Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate BZH), Hadoù ar Frankiz, Kaol Kozh, …
pour avertir la population que
LE VIVANT et le BIO sont en danger d’extermination par les propositions de la Commission Européenne de dérégulation des OGM.
Jusqu’à aujourd’hui les députés devaient déposer leurs amendements le 10 juin pour un vote en plénière le 17, soit 7 jours réservés à la traduction et à l’étude par les autres eurodéputés.
Ils ont aujourd’hui officiellement jusqu’au 16 juin 19 h pour déposer leurs amendements pour un vote en plénière le 17 juin ….
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(Mise A Jour du 22 mai 2026) :
Dernières infos de Bruxelles : le vote en séance plénière sur les NTG aura lieu le mercredi 17 juin.
La date limite pour le dépôt des amendements est fixée au 10 juin. Le vote au sein de la commission Envi aura lieu le lundi 15 juin..
–> Action emails à envoyer directement sur le site de Via Campesina (pratique mais ne concerne que les eurodeputes français) Coordination européenne Via Campesina
Un collectif de scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », du projet européen de brevetabilité des nouveaux OGM (plantes issues des nouvelles techniques génomiques, NTG ou NGT en anglais), qu’ils décrivent comme une « menace pour la souveraineté semencière européenne » et un vecteur de précarisation des agriculteurs.
« L‘arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2018 l’avait pourtant gravé dans le marbre juridique : les produits issus des « nouvelles techniques génomiques » (NTG) sont bel et bien des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le motif ? Ces outils, développés majoritairement après l’adoption de la directive de 2001, ne bénéficient d’aucun recul historique garantissant leur sécurité. Pourtant, depuis, le débat européen s’est laissé enfermer dans un récit séduisant mais scientifiquement contestable : celui d’une technologie d’une précision telle qu’elle ne ferait qu’imiter la nature, simplement en accéléré.
En réalité, le processus de transformation en laboratoire est d’une violence extrême. Les plantes que l’on finit par cultiver sont les « survivantes » d’un stress cellulaire profond, portant des cicatrices génétiques et épigénétiques transmissibles. Prétendre que ces bouleversements sont identiques à ceux de l’évolution naturelle est un raccourci qui ignore la nature même des erreurs induites. A l’heure où nous séquençons des millions de pan-génomes pour en saisir la complexité, ne pas exiger l’analyse complète des séquences modifiées constitue une impasse sécuritaire. La connaissance du code n’est qu’une première étape, mais elle est indispensable.
Pour légitimer cette dérégulation sauvage, la Commission s’appuie sur une narration lissée : celle d’une pseudo-continuité entre la sélection paysanne millénaire et l’édition du génome. Selon ce récit, l’humain n’aurait fait que changer d’outil, passant d’une patiente sélection au laser moléculaire. Cette continuité est un trompe-l’œil. Là où la sélection conventionnelle travaille avec la plante entière aux régulations complexes en réseau, les NTG forcent l’entrée du noyau cellulaire par des méthodes intrusives.
C’est sur ce socle fragile que repose la création de la catégorie « NTG 1 », regroupant des plantes considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles selon un seuil arbitraire de moins de 20 modifications génétiques. D’un point de vue scientifique, cette approche est malavisée. Ce n’est pas le nombre de modifications qui importe, mais leur nature et leur rôle. Une seule modification sur un gène-clé peut transformer radicalement l’interaction d’une plante avec son écosystème ou altérer sa teneur en nutriments.
Historiquement, les semences de haute technologie ont surtout renforcé la dépendance des agriculteurs envers les firmes multinationales. Les NTG risquent d’aggraver cette précarité en imposant un modèle de propriété intellectuelle totalement inadapté aux enjeux de l’agroécologie dans les régions. Nous touchons ici au cœur de la contradiction européenne. D’un côté, on nous explique que ces plantes sont si proches de la nature qu’elles ne nécessitent ni évaluation, ni étiquetage, ni surveillance postcommercialisation. De l’autre, ces mêmes variétés font l’objet de brevets massifs en tant qu’« inventions biotechnologiques disruptives ».
On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre : si une plante est le fruit d’une invention humaine suffisamment novatrice pour être brevetée, elle est par définition différente d’une variété naturelle et doit être évaluée comme telle. Cette confusion juridique menace la souveraineté semencière européenne, exportatrice nette de « sans OGM ». En laissant des plantes NTG non tracées se disséminer – le pollen viable de certaines espèces pouvant voyager sur des kilomètres –, on expose les agriculteurs à des risques de « contrefaçon involontaire » si des gènes brevetés se retrouvent dans leur champ par pollinisation croisée.
La science n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle accepte ses propres limites. En voulant forcer le passage des NTG par une dérégulation arbitraire, la Commission fragilise la confiance des citoyens. Les cadrages administratifs asphyxient l’indépendance de l’expertise en subordonnant la rigueur scientifique à des impératifs bureaucratiques et politiques. Le vivant est le socle de notre survie commune ; il mérite mieux qu’un ajustement réglementaire négocié à la hâte pour satisfaire certains lobbys. Il est temps que l’Europe choisisse une innovation qui protège plutôt qu’une dérégulation qui aveugle. »
Tribune à l’initiative de :
Yves BERTHEAU, directeur de recherche honoraire à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et chercheur honoraire au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Muséum national d’histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université)
Tatiana Giraud, directrice de recherche CNRS, université Paris-Saclay, membre de l’Académie des sciences
Isabelle Goldringer, généticienne des populations, directrice de recherche INRAE
Pierre-Henri Gouyon, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle
Jane Lecomte, écologue et professeure au Muséum national d’histoire naturelle
Lutte pour une agriculture bio sans OGM menée par un collectif de paysans, de techniciens et de scientifiques Bretons
Au tout début des années 2000 les adhérents de l’association des producteurs de fruits et légumes de Bretagne (APFLBB devenue plus tard Biobreizh) ont découvert que sur le catalogue semencier Clause il leur était proposé des graines de chou-fleur CMS en bio.
Nous nous sommes posé la question de savoir ce qui se cachait sous ces 3 lettres. Véronique Chable Chercheuse de l’ INRA nous a très vite mis en garde contre la stérilité male cytoplasmique (Cytoplasmic Male Sterility en anglais) technique consistant (avec mes mots de paysans) à faire des hybrides plus facilement et rapidement en présentant lors du croisement final de la création d’un hybride une lignée n’ayant que les attributs femelle. Les graines recherchées étant produites sur cette lignée.
C’est la technique mise en place pour obtenir cette lignée femelle qui pose problème. La suppression des organes male est obtenue par fusion de protoplaste à partir d’un radis japonais.
Il y a sans conteste manipulation génétique.
Nous ne voulions pas produire d’OGM sur nos fermes ! Nous savions également que les consommateurs bio ne voulaient pas en avoir dans leurs assiettes.
Pour faire face nous avons créé un cahier des charges interdisant les CMS et avons commencé à faire nos propres semences et l’avons fait savoir.
La maison Clause a réagi aussitôt . Ils sont venus nous « rencontrer » à la Maison de la Bio à Daoulas se sachant protégés par une circulaire Européenne qui mettait les CMS en dehors de l’appellation OGM … sans dire qu’ils n’en étaient pas. Ils ont fini par nous dire que si nous persistions à « alléguer » qu’il s’agissait d’OGM ils se réservaient la possibilité de nous faire un procès. Nous leur avons rétorqué que dans de cas nous nous contenterions de faire savoir que leurs choux étaient manipulés génétiquement !
Les 27 et 28 avril 2009 nous avons participé au meeting ECOPBB( European consortium for organic breeding). Le titre : Stratégies for a future without celle fusion techniques in organic farming.
Nous avions de l’avance sur le sujet et avons démontré que les paysans pouvaient se passer de ces techniques.
La conclusion de ces journées était que le monde de la Bio Européen et Mondial (IFOAM) devait rejeter ces techniques.
Deux ans plus tôt, en 2007, nous avions créé Kaol-Kozh incluant des producteurs en circuits courts au groupe de paysans en circuit long que nous formions. A cette époque il nous était interdit de vendre ou d’échanger des graines entre paysans. Nous avons décrété que la semence appartenait à tous ( celui qui produisait la graine était indemnisé pour le service apporté au groupe)
L’an prochain nous fêterons les 20 de l’association
Nous ne pouvons qu’être satisfait du regain continuel d’engouement autour de la cause
René LEA
–> Note de l’Ambassade de France aux États-Unis
(Service économique régional de Washington) : « Nouvelles techniques génomiques : une démocratisation en trompe-l’œil » Note_NGT aux Etats-Unis_vff
Laprotéger,c’estpréserver notre santé,notre alimentation, la natureet l’avenir de nos territoires.
Nous réclamons la protection de la santé des enfants, des riverains, des agriculteurs etagricultrices,premières personnes exposées auxpesticides.
Nousrefusonsunealimentationetdesressourceseneaucontaminéespar les pesticides, les PFAS et d’autres polluants issus de modèles agricoles et industriels qui montrent aujourd’hui leurs limites.
Nousrefusonsque la protectionde l’eau soit opposéeàl’agriculture. Au contraire : sans eau de qualité, sans sols vivants et sans biodiversité, il n’y aura pas d’agriculture durable
Nous défendons un modèle agricole d’avenir, moins dépendant des pesticides, des engrais de synthèse et des énergies fossiles : une agriculture nourricière, locale, vivante, qui permette aux paysan nes de vivre dignement de leur métier.
Nous demandons des politiques publiques qui protègent réellement l’eau et accompagnentlesagriculteursdanslestransitionsnécessaires,nous rappelons que seulement 8 % des masses d’eau du SAGE Vilaine sont en bon état.
Nousrefusonslesreculsenvironnementauxetsanitaires,lesdécisions prises sous pression de quelques intérêts privés, et les faux-semblants qui repoussent sans cesse les changementspourtant indispensables.
. Nousdéfendonsdesdébatsdémocratiquessincères,transparentset respectueux du travail mené collectivement dans les instances locales de l’eau. Les décisions concernant notre bien commun ne peuvent être confisquées ni contournées.
Un collectif de scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », du projet européen de brevetabilité des nouveaux OGM (plantes issues des nouvelles techniques génomiques, NTG ou NGT en anglais), qu’ils décrivent comme une « menace pour la souveraineté semencière européenne » et un vecteur de précarisation des agriculteurs.
« L‘arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2018 l’avait pourtant gravé dans le marbre juridique : les produits issus des « nouvelles techniques génomiques » (NTG) sont bel et bien des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le motif ? Ces outils, développés majoritairement après l’adoption de la directive de 2001, ne bénéficient d’aucun recul historique garantissant leur sécurité. Pourtant, depuis, le débat européen s’est laissé enfermer dans un récit séduisant mais scientifiquement contestable : celui d’une technologie d’une précision telle qu’elle ne ferait qu’imiter la nature, simplement en accéléré.
En réalité, le processus de transformation en laboratoire est d’une violence extrême. Les plantes que l’on finit par cultiver sont les « survivantes » d’un stress cellulaire profond, portant des cicatrices génétiques et épigénétiques transmissibles. Prétendre que ces bouleversements sont identiques à ceux de l’évolution naturelle est un raccourci qui ignore la nature même des erreurs induites. A l’heure où nous séquençons des millions de pan-génomes pour en saisir la complexité, ne pas exiger l’analyse complète des séquences modifiées constitue une impasse sécuritaire. La connaissance du code n’est qu’une première étape, mais elle est indispensable.
Pour légitimer cette dérégulation sauvage, la Commission s’appuie sur une narration lissée : celle d’une pseudo-continuité entre la sélection paysanne millénaire et l’édition du génome. Selon ce récit, l’humain n’aurait fait que changer d’outil, passant d’une patiente sélection au laser moléculaire. Cette continuité est un trompe-l’œil. Là où la sélection conventionnelle travaille avec la plante entière aux régulations complexes en réseau, les NTG forcent l’entrée du noyau cellulaire par des méthodes intrusives.
C’est sur ce socle fragile que repose la création de la catégorie « NTG 1 », regroupant des plantes considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles selon un seuil arbitraire de moins de 20 modifications génétiques. D’un point de vue scientifique, cette approche est malavisée. Ce n’est pas le nombre de modifications qui importe, mais leur nature et leur rôle. Une seule modification sur un gène-clé peut transformer radicalement l’interaction d’une plante avec son écosystème ou altérer sa teneur en nutriments.
Historiquement, les semences de haute technologie ont surtout renforcé la dépendance des agriculteurs envers les firmes multinationales. Les NTG risquent d’aggraver cette précarité en imposant un modèle de propriété intellectuelle totalement inadapté aux enjeux de l’agroécologie dans les régions. Nous touchons ici au cœur de la contradiction européenne. D’un côté, on nous explique que ces plantes sont si proches de la nature qu’elles ne nécessitent ni évaluation, ni étiquetage, ni surveillance postcommercialisation. De l’autre, ces mêmes variétés font l’objet de brevets massifs en tant qu’« inventions biotechnologiques disruptives ».
On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre : si une plante est le fruit d’une invention humaine suffisamment novatrice pour être brevetée, elle est par définition différente d’une variété naturelle et doit être évaluée comme telle. Cette confusion juridique menace la souveraineté semencière européenne, exportatrice nette de « sans OGM ». En laissant des plantes NTG non tracées se disséminer – le pollen viable de certaines espèces pouvant voyager sur des kilomètres –, on expose les agriculteurs à des risques de « contrefaçon involontaire » si des gènes brevetés se retrouvent dans leur champ par pollinisation croisée.
La science n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle accepte ses propres limites. En voulant forcer le passage des NTG par une dérégulation arbitraire, la Commission fragilise la confiance des citoyens. Les cadrages administratifs asphyxient l’indépendance de l’expertise en subordonnant la rigueur scientifique à des impératifs bureaucratiques et politiques. Le vivant est le socle de notre survie commune ; il mérite mieux qu’un ajustement réglementaire négocié à la hâte pour satisfaire certains lobbys. Il est temps que l’Europe choisisse une innovation qui protège plutôt qu’une dérégulation qui aveugle. »
Tribune à l’initiative de :
Yves BERTHEAU, directeur de recherche honoraire à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et chercheur honoraire au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Muséum national d’histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université)
Tatiana Giraud, directrice de recherche CNRS, université Paris-Saclay, membre de l’Académie des sciences
Isabelle Goldringer, généticienne des populations, directrice de recherche INRAE
Pierre-Henri Gouyon, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle
Jane Lecomte, écologue et professeure au Muséum national d’histoire naturelle
Dans le secteur de la production légumière de Nord Bretagne, une Coopérative de création variétale légumière1 a annoncé un investissement de 3 millions d’euros avec la création d’un laboratoire de 200 à 600 m2 et qu’il se positionnait sur les « starting blocks » des créations de OGM/NGT (proposé par l’Europe « séquençage génomique, technique de création variétale accélérée par modification de gène »2) et recrutait , si la mise en œuvre du programme aboutissait en 2026, bio-informaticien, data-scientist, et utilisation de l’IA. Séduite par l’économie de la promesse d’une souveraineté alimentaire promise par les lobbyistes de l’Europe.
De quoi s’agit-il ?
Depuis l’arrêt de la Cour de Justice européenne en 2018, les institutions européennes, avec l’appui des multinationales de l’agro-industrie travaillent sur un projet visant à déréglementer les OGM issus des nouvelles techniques de modification génétique qu’ils appellent NTG (Nouvelles Techniques Génomiques / NGT en anglais). Le choix de nommer ces nouveaux OGM : NTG, n’est pas anodin. En occultant l’acronyme OGM (Organisme Génétiquement Modifié) on fait « disparaître » l’OGM lui-même et on cherche à donner une fausse respectabilité à ces organismes !
Or ces OGM-NTG sont bel et bien des OGM puisqu’il y a modification génétique qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication ou recombinaison naturelle, telle que définie au niveau européen.
La déréglementation de ces OGM-NTG imposerait de lesconsidérer comme équivalents des organismes existant naturellement ou obtenus par sélection conventionnelle, et ce, sur des critères dits scientifiques mais qui ne le sont pas !
Ces OGM issus des nouvelles techniques génomiques seraient, in fine, brevetables si ce nouveau règlement était appliqué.
Cette équivalence proclamée entraînerait l’absence d’évaluation, de traçabilité et d’étiquetage. Les filières non OGM et / ou bio devront mettre en place des modalités coûteuses pour se protéger.
Les semences paysannes et conventionnelles pourraient être privatisées par le brevetage des gènes naturels et les paysans, dont les champs auront été contaminés par ces OGM issus des NTG, seraient condamnés à payer des royalties aux 5 entreprises multinationales dominant ce marché. Leurs droits sur les semences seraient donc foulés aux pieds !
Le principe de précaution ne serait plus appliqué et le droit des peuples à une alimentation non OGM, bafoué.
Les conséquences sur tous les écosystèmes seraient irréversibles créant des déséquilibres et une perte accrue de la biodiversité.
Nous appelons :
A s’opposer formellement au passage en force de ces lois mortifères : en écrivant aux Députés européens de voter NON lors de sa présentation au Parlement de Strasbourg ; d’appeler les députés français pour les informer et leur demander de nous soutenir face à cet abandon de la souveraineté européenne dans le domaine végétal.
A renforcer la sélection variétale en plein champ par les agriculteurs. trices eux-mêmes avec l’appui de la communauté scientifique pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Des variétés qui renforcent la biodiversité cultivée, avec toutes celles et tous ceux qui ne confondent pas la méthode scientifique et la connaissance avec la technologie, avec toutes celles et ceux pour qui la semence est un bien commun universel.
Les OGM c’est NON, NON et toujours NON
Les signataires : Graines de Liberté, PIG BZH , Faucheurs Volontaires d’OGM – NTG BZH
1 OBS créée en 1970, 2016 recherche appliquée, 63 variétés développées dont plusieurs en Bio (certificat ECOCERT)
Le collectif des Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM BZH vous invite à venir le rejoindre pour pikniker à PLOUGOULM (29) pour manifester notre opposition à cette dérèglementation des OGM
Interpellons ensembles les politiques, les industriels, les utilisateurs et les consommateurs !!!
le 12 mai à 12 h
à
PLOUGOULM – Kernonen
Covoiturage : Rendez vous à 11 h sur l’Aire de covoiturage de Kerglaz St Pol
Le nombre de places de parking étant limité à Kernonenn à Plougoulm, devant l’OBS, cette étape nous paraît nécessaire surtout si nous sommes nombreux.euses.
Venez avec votre piknik, chaises et tables pliantes
Demande d’entretien à Mme Jacq, et Mr ROUE, directrice et président de l’OBS :
Les Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM breton.ne.s demandent un entretien à Mme JACQ, directrice de l’OBS ainsi qu’à Mr ROUE, président de l’OBS :
L’audition de ce jeudi 16 avril devant les parlementaires de la commission PETI du Parlement Européen s’est soldée par un maintien de la pétition sur le site Internet de l’UE.
Cette pétition appelle à la réalisation d’études expérimentales de toxicité à long terme des pesticides dans leur formulation complète avant leur homologation sur le marché européen, conformément à l’arrêt de la Cour de Justice de l’UE du 1er octobre 2019. Cette demande fait suite à la découverte de composés toxiques non déclarés ayant été découverts dans des pesticides commercialisés (Seralini et Jungers, 2020 ; Defarge et al. 2018). La pétition demande également un audit des pesticides actuellement homologués, et une révision du secret industriel couvrant la composition des pesticides.
Ce qui signifie que le problème dénoncé par cette pétition n’est toujours pas résolu
Tant que la Commission n’apporte pas de réponse satisfaisante à ce problème, via les protocoles mis en place par l’EFSA, cette pétition restera active.
Merci à toutes celles et ceux dont la mobilisation a permis d’interpeler certains députés européens qui ont voté pour le maintien en ligne de cette pétition !
Communiqué et Lettre Ouverte à Mme M-F JANOT, Déléguée du Procureur de la République auprès du Tribunal Judiciaire de Lorient (16/04/2026)
Merci Madame M-F JANOT, pour vos 4 ‘SECONDE ET DERNIERE’ convocations devant Vous, pour le Vendredi 17 Avril 2026.
Pour nous, Faucheuses et Faucheurs d’OGM-NTG de Bretagne, vous avez d’évidence un problème de communication au sein de Votre Tribunal : Le 19 mars dernier, notre avocat, Me Jérôme BOUQUET-ELKAIM (1), vous avait informée de notre décision de ne pas déférer à votre convocation le 20 mars pour y recevoir un petit sermon d’un quart d’heure chacun-e, faire 3 pater et 2 ave et vous remettre chacun-e 2 chèques ( 250 + 750 = 1 000€ ) comme vous l’aviez demandé, par téléphone, à notre camarade Yves.
Nous sommes étonné-es qu’il n’y ait ni trace, ni mention, ni demande concernant ces 2 chèques dans vos ‘SECONDE ET DERNIERE ‘ convocations.
Comme nous l’avons déjà écrit à Mr le Vice-Procureur (1) : Nous ne déférerons pas à vos convocations!
Kemennadenn ha Lizher Digor d’an Itron MF JANOT, Dileuriadez Prokulor ar Republik he sez e Lezvarn An Oriant (16/04/2026)
Trugarez Deoc’h, Itron MF JANOT, evit Ho Pevar EIL Lizher-Galv evit ar Gwener 17/04/2026, Dirazoc’h e Lezvarn An Oriant ( an hini DIWEZHA~N, Hervezoc’h…)
Evidomp-ni, Falc’herien ha Falc’herezed OGK-TNG Bzh, ez eus un diskompren bras en un tu bennak kenetrezoc’h en Ho Lezvarn : D’an 19 a viz Meurzh diwezha~n, en deus bet hon Alvokad Jérôme BOUQUET-ELKAIM (1), kelaouet ac’hanoc’h n’edomp ket evit kaoud diganeoc’h an 20 a viz Meurzh, bep a brezegenn ur c’hard eur pep hini, d’ober 3 pater ha 2 ave na da lesker deoc’h bep a zaou chekenn pep hini ( 250 + 750 = 1 000€ ) evel m’Ho-poa goulennet, dre bellgomz, digant hor c’hamarad Iffig. Souezhus e kavomp ne vije nag anv na roud na goulenn ebet eus an 2 chekenn-se ken en Ho EIL ha DIWEZHA~N Lizher-Galv.
E-giz m’hon eus bet skrivet dija d’Ho Prokulor (1) : Ne teuimp ket !
Dans un avis rendu aujourd’hui, il rappelle que l’acétamipride et le flupyradifurone (des néonicotinoïdes) présentent des risques avérés pour la santé humaine et l’environnement :
🚨Toxique pour les pollinisateurs et la vie aquatique
🚨Persistant et se dégrade en PFAS
🚨Suspecté d’être reprotoxique
🤯 En parallèle, le Sénateur Laurent Duplomb fait pression pour intégrer sa proposition de loi au projet de loi gouvernementale sur l’agriculture. Comment est-ce possible ?
Générations Futures a pris connaissance de l’avis rendu ce jour par le Conseil d’État sur la proposition de loi n° 410574 déposée par MM. Duplomb, Menonville, Louault, Buis et Cabanel « visant à atténuer une surtransposition relative à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques afin d’éviter la disparition de certaines filières agricoles ». Cet avis, particulièrement sévère, confirme point par point les risques majeurs que font peser le retour de substances de types néonicotinoïdes (acétamipride et flupyradifurone) sur la santé humaine, la biodiversité et l’environnement.
Le Conseil d’État rappelle lui-même :
que le flupyradifurone est persistante, que l’acétamipride est toxique pour la vie aquatique, et présente des effets sublétaux avérés sur les pollinisateurs sauvages (page 6) ;
que le flupyradifurone se dégrade en acide difluoroacétique (DFA), un composé de la famille des PFAS, extrêmement persistant (page 6) ;
que l’acétamipride est suspecté d’être reprotoxique et que l’effet perturbateur endocrinien ne peut être exclu (page 6) ;
et de conclure « qu’il résulte de l’état des connaissances sur l’acétamipride et le flupyradifurone rappelé au point précédent que l’usage de produits composés de ces substances présente des incidences avérées pour l’environnement et des risques pour la santé humaine et qu’il est en outre susceptible d’engendrer des dommages dont la réalisation, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement. »
Pour rappel, la proposition de loi prévoit d’autoriser par décret, pour trois ans (betteraves, cerises, pommes, noisettes) ou un an (betteraves en pulvérisation), des dérogations à l’interdiction pourtant votée par le Parlement en 2016 et renforcée en 2018. Le Conseil d’État souligne qu’en l’état, la proposition de loi « Duplomb 2 » soumise à son examen n’est pas conforme aux exigences du principe constitutionnel de précaution, inscrit dans la Charte de l’environnement.
« Comme le rappelle l’avocat spécialisé Arnaud Gossement l’avis du Conseil d’État est très clair : « ce texte n’est pas conforme à plusieurs règles de droit de valeur supérieure à la loi et notamment au principe constitutionnel de précaution inscrit dans la Charte de l’environnement. » Il est temps que le Parlement l’entende. Autoriser à nouveau ces substances néonicotinoïdes, c’est prendre le risque d’engendrer des effets néfastes pour la santé du Vivant et polluer durablement les milieux »
« Si cette PPL venait à être débattue, nous demanderions aux parlementaires de rejeter purement et simplement cette proposition de loi rétrograde. » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.
« Nous sommes de plus en plus de spécialistes à penser qu’il faut un changement de paradigme pour en sortir. Ainsi quarante-trois d’entre nous de cinq continents ont récemment co-signé dans Environmental Sciences Europe, une revue scientifique à facteur d’impact élevé : https://rdcu.be/eOj3c, pour détailler les malversations qui entourent les autorisations de commercialisations des toxiques, notamment des pesticides et plastifiants. «
« Prises une par une, toutes ces maladies sont parfois rapprochées d’un manque de chance, voire de causes sociales diverses. Mais on songera forcément à l’héritage épigénétique ou transgénérationnel, donc environnemental. On cauchemardera sur les effets des polluants stables et fossiles, dès le fœtus et la grossesse, car nous avons montré qu’ils passent à travers le placenta, comme les plus importants pesticides du monde, les Roundup incriminés dans les fraudes de Monsanto-Bayer. Ils s’accumulent dans notre milieu limité par l’atmosphère, toutes les formes de vie y sont sensibles et soumises.
On détecte combien les polluants s’incrustent dans toutes les chairs, et sont volontairement répandus. Ils sont chargés de métaux lourds, ceux qui proviennent de résidus de pétrole cancérogènes et neurotoxiques servant à les fabriquer. Nous avons prouvé que tous les perturbateurs hormonaux étaient, par d’autres mécanismes cellulaires, neurotoxiques, tels du sable qui dérègle le cerveau et le système nerveux petit à petit. »
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Scientists’ warning: we must change paradigm for a revolution in toxicology and world food supply
We propose a new paradigm, astoxicologycurrently lacks theproper perspective. From the1950s tothe1970s, atleast one‑third ofall toxicological testing intheUnited States, includingforchemicals anddrugs, wasmislead‑ing scientists, andthis worldwide issue persists today. Moreover, petroleum‑based waste andheavy metals have been discovered inpesticide andplasticizer formulations. These contaminations have now reached all forms oflife. Widespread exposure tochemical mixtures promotes health andenvironmental risks. We discovered thatpesticides have never undergone long‑term testing onmammals intheir full commercial formulations byregulatory authorities orthepesticide industry; instead, onlytheir declared active ingredients have been assessed, contrary toenvironmental law recommendations. The ingredients ofthese formulations are notfully disclosed, yettheformulations are ingeneral atleast 1000 timesmore toxic atlow environmentally relevant doses thantheactive ingredients alone underconditions oflong‑term exposure. Asimilar lack ofcomprehensive toxicological evaluation applies toplasticizers. Their regulatory authorisations might have been obtained byincomplete, misleading andpotentially false input data. This hasprofound implications notonlyfor scientific knowledge, butalsofor public andenvironmental health.
2/for new compounds, the obligation totest thefull pesticide formulations invivo chronically atenvironmentally relevant levels. This isnecessary becausepesticides are synthesized frompetroleum, which can contain heavy metals. Moreover, formulated pesticides can contain plasticizers. The declared active substance, asanisolated compound ofthis mixture chosen bythecompany, will nothave tobe tested byitself alone. Compensation could be organized forpesticide use reduction, this will savehealth andenvironmental degradation;
3/the complete toxicological raw data for individual animals should be published ontheInternet,
Partenariat Public Privé entre les Faucheurs Faucheuses Volontaires d’OGM et la Marine Nationale Française
Objet : organisation de stages de discrétion
Le Contexte :
Le 20 mars dernier, le Télégramme relatait que : « Un marin fait son footing… Le porte-avions Charles de Gaulle localisé en pleine guerre au Moyen-Orient grâce à l’application de sport Strava »
Un marin imprudent localise le Charles de Gaulle en pleine mission au Moyen-Orient via Strava. L’état-major français réagit et rappelle les consignes de sécurité.
Proposition commerciale des Faucheurs Faucheuses Volontaires d’OGM BZH :
Fort.e.s de plus de 20 ans d’expérience en la matière, nous organiserons et proposerons
des stages de discrétion à la marine française.
Plusieurs formules possibles, de la théorie simple à la mise en pratique sur le terrain, en plein champs, avec hébergement complet et rééducation à une alimentation locale bio et de saison.
Conditions d’inscription sur demande dans la rubrique « contact »~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Un module « Signal »
Qui sera également disponible et ouvert aux ministres en charge des affaires au plus haut sommet de notre État.
Ceci en réponse aux mésaventures de notre cher Jean Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, ex ministre du numérique, victime d’un piratage.Le chef de la diplomatie française, pas moins que ça …, avait nonchalamment cliqué sur un lien corrompu envoyé sur son Samsung personnel.
Ce jour là, alors qu’il se trouvait en réunion des ministres des affaires étrangères, du G7, Jean Noël Barrot a reçu un message piégé sur Signal , une des applications chiffrées que les membres du gouvernement pensent utiliser en toute sécurité. Il comportait un curieux lien hypertexte, renvoyant vers un site aujourd’hui disparu. Sources : article de Médiapart « Défense et diplomatie : enquêtes » du 5 décembre 2024.
Un traceur Bluetooth à 5 euros a trahi l’escorte secrète du Charles de Gaulle pendant 24 heures
Pas besoin de hackers ni de satellites espions. Une simple carte postale équipée d’un traceur à cinq euros a suffi à exposer la position de la frégate néerlandaise Evertsen, chargée de protéger le porte-avions Charles de Gaulle, pendant près d’une journée entière en pleine Méditerranée.
Un simple gadget électronique acheté une poignée d’euros sur Internet vient de faire trembler les états-majors européens. En exploitant une vulnérabilité insoupçonnée du courrier militaire, des journalistes néerlandais ont réussi à suivre à la trace une frégate surarmée chargée de protéger le fleuron de la Marine nationale française en pleine Méditerranée.
Le talon d’Achille de la poste navale
La frégate néerlandaise Evertsen, un bâtiment de 144 mètres de long équipé de lance-missiles redoutables, voguait vers le Proche-Orient pour une mission sous très haute tension. Son rôle consistait à sécuriser le groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle face à la menace de tirs balistiques dans un contexte de vives tensions au Moyen-Orient. L’enjeu stratégique exigeait une discrétion totale. Pourtant, le média néerlandais Omroep Gelderland a déjoué les systèmes de sécurité avec une facilité déconcertante, et pour cinq euros.
Le stratagème reposait sur une banale carte postale dotée de piles, dans laquelle était dissimulé un traceur Bluetooth. Les journalistes l’ont simplement envoyée via l’Organisation Postale Militaire, le service postal officiel de la Défense néerlandaise.
Un voyage clandestin jusqu’en Crète
Si les colis destinés aux marins passent systématiquement sous l’œil des scanners à rayons X, les simples enveloppes échappent totalement à cette vigilance. Le mouchard a ainsi voyagé en toute impunité depuis un centre de tri néerlandais, via la base navale de Den Helder puis l’aéroport d’Eindhoven, pour atterrir directement dans le port grec d’Héraklion. Dès lors, la position exacte du navire de guerre s’est affichée en temps réel sur les écrans des journalistes.
Le 27 mars, la trajectoire s’est dessinée en direct, longeant la Crète vers l’ouest avant de piquer vers le Levant. Ce pistage a duré près de vingt-quatre heures jusqu’au large de Chypre, exposant virtuellement ce bâtiment de guerre aux pires menaces avant que le signal ne s’éteigne définitivement. L’affaire n’est pas sans rappeler l’enquête du Monde qui avait utilisé l’application Strava pour localiser des militaires français en mission secrète. Le même média néerlandais était d’ailleurs déjà à l’origine d’une enquête similaire sur Strava l’an dernier.
Le choc des états-majors
Cette infiltration rudimentaire a eu des conséquences immédiates au sein du ministère de la Défense néerlandais, au point que la ministre Dilan Yeşilgöz a personnellement informé le Parlement de l’incident. L’ancien lieutenant-général Mart De Kruif, interrogé par Omroep Gelderland, a résumé l’enjeu sans détour :
« De nos jours, on peut éliminer des cibles à distance et avec une grande précision, mais il est indispensable de connaître leur emplacement. C’est pourquoi, pour une frégate, il est primordial de ne jamais révéler sa position. »
Le dispositif a été découvert lors du tri du courrier à bord, après que la frégate a quitté le port. La Défense néerlandaise affirme que cela n’aurait pas représenté de risque opérationnel, une affirmation que certains experts nuancent. Les autorités ont immédiatement interdit l’envoi de cartes avec piles vers l’Evertsen et annoncé une révision des protocoles postaux militaires. Contacté par Le Parisien, le ministère des Armées français n’avait pas répondu à l’heure de la publication.
L’incident illustre une réalité des conflits modernes : un objet du quotidien à cinq euros peut suffire à compromettre une opération navale à plusieurs centaines de millions d’euros.
Les Faucheuses et Faucheurs Volontaires d’OGM BZH réitèrent leur proposition de formation à la discrétion :)))
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