Impasse agricole – Loi Urgence Agricole – Duplomb – COMPRENDRE et AGIR !

 

COMPRENDRE

INTERVIEW. « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas » : Marc-André Selosse alerte sur l’impasse agricole

  Face à la crise qui secoue le monde agricole, en partie due à la canicule et la sécheresse, Marc-André Selosse affirme que des solutions existent... à condition d'écouter la science.
Face à la crise qui secoue le monde agricole, en partie due à la canicule et la sécheresse, Marc-André Selosse affirme que des solutions existent… à condition d’écouter la science. © Jean-Marc Selosse

Alors que les vagues de chaleur mettent à genoux les exploitations françaises, le biologiste Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, oscille entre compassion pour les agriculteurs et colère face à un désastre annoncé. Pour ce spécialiste des sols et de la biodiversité, les crises agricole, climatique et écologique n’en font plus qu’une.

Des outils simples pour agir à votre échelle sur le climat Découvrir les solutions

Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, biologiste reconnu pour ses travaux sur les sols et la biodiversité, Marc-André Selosse estime que les crises agricole, climatique et écologique ne font désormais plus qu’une. Alors que les canicules fragilisent les exploitations françaises, il juge que les difficultés actuelles étaient largement prévisibles et que les solutions existent déjà. À condition, dit-il, d’accepter enfin d’écouter la science.

France 3 Occitanie : Le monde agricole traverse une nouvelle crise avec cette canicule. Quel regard portez-vous sur la situation ?

Marc-André Selosse : Aujourd’hui, l’agriculture subit plusieurs crises en même temps. Il y a la chaleur et le manque d’eau, bien sûr, mais aussi la hausse du prix des engrais, qui dépend directement du gaz. Ces difficultés arrivent dans un secteur où les revenus étaient déjà dramatiquement faibles : près de 43 % des agriculteurs ne gagnent même pas le SMIC alors qu’ils travaillent bien davantage que quarante heures par semaine.

Je suis profondément touché par cette situation, parce que j’ai toujours essayé de mettre la biologie au service de l’agriculture. Mais si je fais un pas de côté, il faut aussi dire une chose : cette catastrophe était annoncée. Les changements climatiques, les tensions sur les ressources, tout cela avait été décrit par la science. Le drame, c’est que ceux qui souffrent aujourd’hui sont aussi les victimes d’un monde qui n’a pas voulu écouter ce que la science disait depuis des décennies.

France 3 Occitanie : Vous avez le sentiment que les politiques persistent dans les mauvaises réponses ?

Marc-André Selosse : Oui. Regardez les retenues d’eau. Creuser des trous pour stocker de l’eau, c’est un peu comme les autruches qui mettent la tête dans le sable lorsqu’il y a un problème. Cela peut répondre à une partie de la question, mais quid de la température ? Le vrai sujet est ailleurs. Il faut remettre de la matière organique dans les sols pour qu’ils retiennent davantage d’eau. Il faut restaurer leur vie biologique. Il faut aussi adapter les cultures. Je suis désolé de le dire, mais dans certains territoires le maïs n’a plus sa place. Peut-être faudra-t-il du sorgho, peut-être d’autres cultures. Ce n’est pas de l’idéologie. C’est simplement la réalité climatique. Si nous avions commencé cette transition plus tôt, nous n’en serions probablement pas là.

France 3 Occitanie : La crise est aussi celle de la biodiversité ?

Marc-André Selosse : Oui, et c’est même une partie de la solution. Deux pratiques agricoles détruisent massivement le vivant : le labour intensif et les pesticides. Nous le savons parce que des agriculteurs expérimentent autre chose. Ceux qui abandonnent le labour voient la biomasse des sols augmenter d’environ 20 %. En agriculture biologique, on retrouve environ 50 % de biomasse supplémentaire et près de 30 % d’espèces en plus. Autrement dit, nous avons déjà la démonstration que d’autres modèles fonctionnent.

France 3 Occitanie : Pourquoi la biodiversité est-elle si importante pour les agriculteurs ?

Marc-André Selosse : Parce qu’elle travaille gratuitement. Quand les pesticides ou le labour détruisent les organismes du sol, ils détruisent aussi des champignons microscopiques qui aident les racines à se nourrir. Sans eux, il faut davantage d’engrais. Ils détruisent aussi des pollinisateurs. Aujourd’hui, selon les estimations, entre 30 et 50 % des productions agricoles sont limitées par leur disparition. Dans certaines cultures, comme le cassis, la présence d’osmies peut multiplier les rendements.

Prenons aussi les chauves-souris. Aux États-Unis, leur disparition a conduit à augmenter d’environ 30 % l’utilisation des pesticides dans certaines régions. Autrement dit, on paie pour remplacer un travail que la nature faisait gratuitement. Cette hausse des pesticides s’est même accompagnée d’une augmentation de la mortalité infantile. Tout cela raconte la même histoire : chaque fois que nous détruisons la biodiversité, nous augmentons le coût de notre agriculture. La biodiversité n’est pas un supplément d’âme. C’est un capital économique.

France 3 Occitanie : Vous paraissez partagé entre compassion et colère.

Marc-André Selosse : Je suis partagé entre l’envie de pleurer parce que je vois la souffrance des agriculteurs et l’envie de pleurer parce que cette situation était prévisible. Nous disposons de solutions. Elles existent dans les fermes de démonstration de l’Inrae, dans l’agriculture biologique, dans l’agriculture de régénération des sols. Elles montrent qu’il est possible de réduire les intrants tout en restaurant les sols. Pourquoi continue-t-on alors à défendre des modèles dont nous savons qu’ils aggravent les problèmes ?

France 3 Occitanie : Les nouvelles techniques génomiques (NTG) sont souvent présentées comme une réponse au changement climatique. Vous n’y croyez pas ?

Marc-André Selosse : Pour moi, les NTG sont des OGM. La première embrouille consiste à changer de nom pour faire oublier l’histoire des OGM. La seconde est de supprimer l’étiquetage. Le citoyen ne saura plus ce qu’il achète. Je trouve cela profondément anormal. On nous avait promis que les OGM réduiraient les pesticides et qu’ils régleraient la faim dans le monde. Or les pays qui les utilisent massivement montrent exactement l’inverse. La faim n’a pas disparu. Les pesticides non plus. Certaines plantes résistantes aux herbicides ont même conduit à en utiliser davantage. Ces semences coûtent aussi plus cher et concentrent le marché entre quelques grands groupes. Ce n’est ni une solution écologique ni une solution économique pour les agriculteurs.

France 3 Occitanie : Le climat est-il désormais un sujet politique plus que scientifique ? Christophe Cassou disait récemment qu’il fallait « politiser » cette crise. Partagez-vous son analyse ?

Marc-André Selosse : Oui, complètement. Mais il faut comprendre le mot « politiser » dans son sens premier, celui de la polis, de la cité. Ces questions concernent toute la société. Moi, je serais très heureux de passer mes journées à identifier des champignons. Si je parle aujourd’hui des pesticides, des sols ou du climat, ce n’est pas parce que cela m’amuse. C’est parce que ces connaissances sont utiles aux citoyens.

Si la société ne s’en empare pas, si les responsables politiques ne prennent pas leurs responsabilités, alors mon travail ne sert à rien. Les impôts qui financent la recherche ne servent à rien. Nous savons déjà ce qui se passe. Nous savons déjà ce qu’il faudrait faire. La question n’est plus scientifique. Elle est devenue profondément politique.

Tribune de scientifiques et sociétés savantes de médecine, parue dans Le Monde ce 29 juin 2026

https://pig.log.bzh/2026/06/29/tribune-contre-la-re-introduction-de-lacetamipride-et-de-la-flupyradifurone/

AGIR

Avec les signataires de la tribune du Monde (dont le Conseil National de l’Ordre des Médecins et 16 sociétés savantes médicale)

La loi d’urgence agricole est ressortie de la Commission Mixte Paritaire dans une version hardcore, avec notamment la réintroduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone…

Les signataires de la tribune réagissent  à la décision de la Commission Mixte Paritaire et enjoignent les député.e.s à voter contre le texte qui sera proposé à l’Assemblée Nationale ce 20 juillet.

« Peut-être que les députés hésiteront à voter une loi aussi inflammable, c’est pourquoi j’ai entrepris d’écrire à tous les députés du centre et de la droite le mail ci-dessous, qui leur rappelle les propos de notre tribune… »

Pr Pierre SUJOBERT /PU-PH /Responsable de l’unité médicale Hématologie Cellulaire du Service d’hématologie biologique des Hospices Civils de Lyon.

LBMMS du CHU de Lyon /Service d’hématologie biologique/Hôpital Lyon Sud/CBPS – Bâtiment 3D/165 chemin du Grand Revoyet /69495 Pierre Bénite Cedex / Tél. +33 (0)478861176 Mob. +33 (0)6 64 77 59 1

Equipe Lymphoma Immuno-biology/Centre International de recherche en Infectiologie/Faculté de médecine Lyon Sud Charles Mérieux/165, Chemin du grand Revoyet- BP 12/69921 OULLINS Cedex – France/Tél : +33 (0)4 26 23 59 79

Email à envoyer à votre député.e
Annuaire des députés – 17è législature(Notons que les Ecologistes et LFI rejettent déjà le texte)

"Monsieur/ Madame le/la Député.e XXX

Vous devrez vous prononcer lundi prochain sur la loi d'urgence agricole dans sa version issue de la commission mixte paritaire. Cette loi vise à répondre aux difficultés du monde agricole, et cela est nécessaire tant les difficultés de nos compatriotes agriculteurs sont grandes : revenus insuffisants, difficultés liées au changement climatique, taux de suicides élevés, etc.

Mais la loi sur laquelle vous devrez vous prononcer répond-elle à ces enjeux ?
En notre qualité de médecins, nous ne nous prononcerons que sur l'un des aspects de cette loi : la réintroduction de l'acétamipride et de la flupyradifurone. Dans une  tribune publiée le 29 juin dernier dans Le Monde, signée notamment par le Conseil National de l'Ordre des Médecins et par 16 sociétés savantes médicales, nous avons expliqué pourquoi cela était problématique. Ces molécules de la famille des néonicotinoïdes sont neurotoxiques, puisque c'est leur mécanisme d'action. Le problème, c'est qu'elles ne le sont pas que pour les insectes ravageurs, mais aussi pour les pollinisateurs, la faune sauvage, et... les humains. On les retrouve dans tous les liquides biologiques testés (sang, urines, sperme, liquide céphalo rachidien). Quels sont les effets pour la santé humaine ? Les données disponibles pointent en premier lieu des effets sur le développement du cerveau. L'exposition maternelle à l'acétamipride est associée à un périmètre crânien diminué à la naissance, et à des troubles du comportement (hyperactivité) chez l'enfant de 3 à 6 ans. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a constaté que « la plausibilité biologique de la neurotoxicité développementale est élevée » et attend toujours de plus amples études sur le neurodéveloppement qu’elle a demandé en 2014. Au-delà du système nerveux, l'acétamipride est dangereux pour le système reproducteur : l'exposition est associée à une diminution du nombre d'ovocytes et de spermatozoïdes, à des retards de croissance intra-utérine  (rappelons que cette molécule traverse la barrière placentaire). Enfin, de plus en plus de travaux suggèrent un effet perturbateur endocrinien de son métabolite. Vous trouverez la liste des signataires de cette tribune  ici.

Peut-être avez-vous lu ou entendu les propos rassuristes de quelques personnalités isolées, qui publient sur les réseaux sociaux plutôt que dans des journaux à comité de lecture un avis contraire au consensus scientifique. Ces discours sont ceux de la fabrique du doute, bien rodés par l'industrie du tabac, qui visent à vous plonger dans le confort de l'ignorance.

Monsieur le Député, nous vous implorons de respecter les connaissances scientifiques et les enjeux de santé publique. Nous vous implorons de démontrer que dans notre pays, la politique marche encore main dans la main avec la science, pour le bien de tous. Mesurez également le poids politique de votre vote, que vous devrez assumer devant les 2 millions d'électeurs ayant signé la pétition historique contre la loi Duplomb.

Si vous le souhaitez, je peux me rendre disponible ce week-end pour vous expliquer plus précisément les données scientifiques qui justifient notre préoccupation, et qui doivent occuper un poids décisif dans votre décision. Comptant sur votre responsabilité, au nom de la défense de l'intérêt supérieur de la santé publique, je vous prie d'agréer, Monsieur le Député, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

"

Agir avec Générations Futures

Les résultats de la Commission Mixte Paritaire sont tombés, jeudi 16 juillet, sinistres.
🚨Hier, la CMP a validé le pire. Demain, on se mobilise.

Les 14 parlementaires réunis en commission mixte paritaire ont acté :
🐝 le retour de deux pesticides interdits, l’acétamipride et le flupyradifurone
💧 une gouvernance de l’eau taillée pour l’agro-industrie, avec moins de sièges pour les autres usagers dans les commissions locales de l’eau

Ce texte doit encore passer devant l’Assemblée nationale le 20 juillet. Rien n’est joué.
📣 Ce week-end, on se mobilise partout en France.

📍 Lundi, 18h, rendez-vous au métro Invalides près l’Assemblée nationale à Paris.

*** Sur Internet, utilisez l’outil de Générations Futures pour interpeller les député.e.s : https://shaketonpolitique.org/interpellations/lois-agricoles/

https://www.generations-futures.fr/actualites/loi-urgence-agricole-cmp/

📲 Partagez l’info sur vos réseaux sociaux : Instagram ou Facebook
Toutes les infos et actions sont sur ce lien : https://linktr.ee/loiduplomb

 

La marrante, elle résiste !

 

 

 

Duplomb re re re : c’est toujours NON ! Nouvelle pétition en ligne sur le site de l’Assemblée Nationale

Suite à la fermeture de la pétition Non c’est Non monsieur Duplomb sur le site de l’AN, une deuxième est ouverte par ici :

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392

La loi Duplomb et la loi d’Urgence …


Nous, citoyennes et  citoyens,

exprimons

une fois de plus

notre opposition

à la réintroduction des néonicotinoïdes

et au projet de la loi d’urgence agricole…

A vos France Connect !!!!

Pour mémoire, tribune des scientifiques à relire par ici : https://pig.log.bzh/2026/06/29/tribune-contre-la-re-introduction-de-lacetamipride-et-de-la-flupyradifurone/

La marrante, elle résiste !

 

BASF continue de produire des pesticides interdits : occupation du site de Genay par les Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM

Résultat : bonne pêche !!!

communiqué de presse FV du 30 juin 2026

Communiqué de presse des Faucheurs Volontaires 30 juin 2026

Genay CP 30juin26

https://faucheurs-volontaires.fr/nouveaux-pesticides-interdits-chez-basf.htm

https://www.mediapart.fr/journal/france/300626/des-pesticides-interdits-en-france-nouveau-decouverts-chez-basf-dans-le-rhone

https://reporterre.net/Des-militants-infiltrent-une-usine-du-chimiste-BASF-et-finissent-a-la-gendarmerie

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Communiqué de presse : Genay CP 29juin26

 

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Alerte rouge canicule
15 Faucheurs et Faucheuses en audition à cette heure !!! 29 juin 2026 à 12h28

Mise à jour : à 17 h tout le monde est libre !

 

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Pour mémoire :
Les Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM avaient déjà visité ce site en 2025

https://pig.log.bzh/2025/08/04/pesticides-interdits-basf-tente-detouffer-un-scandale-avere-letat-doit-reagir-cp-conf/

PESTICIDES INTERDITS : BASF tente d’étouffer un scandale avéré,

l’Etat doit réagir

Le 23 juin 2025, une inspection citoyenne des faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM a été menée sur le site Chimique de BASF à Genay. Cette inspection a révélé que BASF continue de produire du Fastac (pesticide interdit en France) ainsi que sa matière active : l’alpha-cyperméthrine, substance interdite dans toute l’union européenne.

La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a confirmé ces révélations suite au contrôle qu’elle a réalisé le 30 juin, à la demande du ministère de la Transition écologique.

Nous nous étonnons que la communication de la préfecture ne se limite qu’à l’unique constat de la présence du Fastac, alors même qu’un autre pesticide interdit, le Dimpropyridaz a été également identifié au cours de l’inspection citoyenne. Cette matière active n’étant pas approuvée au niveau européen, elle est donc également interdite.

Depuis 2019, BASF n’a pas fourni les documents demandés sur la toxicité de certains éléments de son produit et tente de faire passer l’interdiction du Fastac pour un simple retrait administratif. Cela ne doit pas lui permettre de contourner le droit en continuant de produire en France et de transporter pour l’export le Fastac interdit. L’Etat doit tout mettre en œuvre pour empêcher ce contournement de la loi et mettre fin à ces pratiques odieuses

Alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé, le week-end dernier, les deux millions de signatures, montrant notamment un rejet massif du système agrochimique par la population française :

  • Nous exigeons la publication de l’intégralité du rapport de la DREAL concernant le contrôle de BASF à Genay (69).

  • Nous exigeons de la DREAL des inspections qui recherchent l’intégralité des substances et produits interdits présents sur le site de Genay (69) ainsi que sur tous les autres sites agro- chimiques.

  • Nous demandons que l’État fasse cesser ces pratiques et que la justice poursuive et

condamne les entreprises ne respectant pas le cadre de la loi.

  • Nous exigeons que l’État Français prenne des mesures strictes pour empêcher ce colonialisme agrochimique : la production et l’exportation de substances hautement toxiques et interdites en Europe, qui détruisent la santé des travailleuses et travailleurs et qui impactent gravement l’environnement sur la planète entière.

La Confédération paysanne continuera à se battre pour des changements systémiques de notre économie pour qu’enfin nous puissions sortir de ce système agro-chimique mortifère poussé par des lobbys puissants favorisant leurs profits à notre santé et l’environnement.

Contacts : 

  • Thomas Gibert, porte-parole national : 06 65 24 66 44
  • Bastien Moysan, secrétaire national : 07 69 43 94 15
  • Jean-Luc Juthier, paysan retraité : 06 41 41 51 54

https://www.confederationpaysanne.fr/index.php

 

Tribune contre la ré-introduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone

MAJ 30 juin 2026

Résultat du vote : le sénat a voté la ré-autorisation de 2 insecticides interdits dont l’acétamipride

https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/loi-d-urgence-agricole-le-senat-approuve-la-reintroduction-encadree-de-deux-insecticides-interdits-dont-l-acetamipride_6717117_3244.html

Mais la partie n’est pas finie : Commission Mixte Paritaire et vote à l’Assemblée suivront au mois de juillet, et nous pouvons les faire reculer en maintenant une pression maximale.

Sans surprise non plus, cette tribune est attaquée par des voix bien connues du « cancer backlash ».
Pour rappel, tout ce que nous avons écrit est sourcé, lu et relu par des spécialistes de ces sujets (Mrs Grandcolas et Bonmatin entre autres), et en fait très proche de ce que l’OPECST avait écrit dans son rapport censuré.

La suite ? 

Vous pouvez signer et diffuser la pétition sur le site de l’Assemblée Nationale https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103

On ne lâchera rien !

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29 juin 2026

Tribune contre la ré-introduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/29/retour-de-l-acetamipride-le-vote-des-senatrices-et-senateurs-constituera-un-veritable-test-pour-nos-institutions-democratiques_6716870_3232.html

Lundi 29 juin, le vote des sénatrices et sénateurs constituera un véritable test pour nos institutions démocratiques : sont-elles capables de prendre en compte les connaissances scientifiques pour décider des lois qui traitent d’un bien commun, la santé environnementale ?

Un an après la mobilisation de plus de deux millions de citoyens signataires d’une pétition sur le site de l’Assemblée Nationale, un amendement visant à ré-autoriser l’acétamipride et la flupyradifurone a en effet été adopté lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission sénatoriale. Dans ce contexte, il importe de revenir aux faits. L’acétamipride et le flupyradifurone ciblent les mécanismes de transmission de l’information entre les cellules nerveuses. Ils sont utilisés pour leur action insecticide, notamment pour la culture de la betterave sucrière, des noisettes, des cerises, etc. Le problème de ces molécules, c’est que leur mécanisme de toxicité n’est en rien spécifique aux insectes ciblés. Leurs effets sur les abeilles et autres pollinisateurs sont avérés, et en cascade c’est toute la biodiversité terrestre et aquatique qui est gravement atteinte. Des travaux ont même mis en évidence une amélioration significative de certains indicateurs de biodiversité après la réduction de l’usage de ces substances [1]. Le problème de l’acétamipride, c’est aussi sa diffusion dans l’environnement, et notamment son incorporation au cycle de l’eau : on en retrouve même dans l’eau de pluie [2]. Cette diffusion environnementale se traduit également par une exposition humaine : on retrouve l’acétamipride ou ses métabolites dans le sang [3], les urines [4], le sperme [5]. On retrouve aussi dans le liquide céphalo-rachidien d’enfants [6] cette molécule conçue pour agir sur les mécanismes biologiques de la transmission de l’information entre les neurones.

Quels sont les effets pour la santé humaine ? Les données disponibles pointent en premier lieu des effets sur le développement du cerveau. L’exposition maternelle à l’acétamipride est associée à un périmètre crânien diminué à la naissance [7], et à des troubles du comportement (hyperactivité) chez l’enfant de 3 à 6 ans [8]. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a constaté que « la plausibilité biologique de la neurotoxicité développementale est élevée » et attend toujours de plus amples études sur le neurodéveloppement qu’elle a demandé en 2014 [9]. Au-delà du système nerveux, l’acétamipride est dangereux pour le système reproducteur : l’exposition est associée à une diminution du nombre d’ovocytes [10] et à des retards de croissance intra-utérine [11] (rappelons que cette molécule traverse la barrière placentaire [12]…). Enfin, de plus en plus de travaux suggèrent un effet perturbateur endocrinien de son métabolite [13]. À la différence d’autres pesticides, il y a peu d’éléments pour suspecter un effet cancérigène, mais cela n’atténue en rien les multiples dangers exposés plus haut. Enfin, rappelons que les substances actives sont utilisées dans des formulations commerciales avec des co-formulants dont la toxicité n’est pas évaluée, et qu’elles sont susceptibles d’interagir avec de nombreux autres pesticides et polluants auxquels nous sommes également exposés, ce que l’on appelle l’effet cocktail, et qui n’est pas pris en compte par les autorités règlementaires.

Toujours sur le terrain des faits, rappelons que la précédente tentative de ré-introduction de l’acétamipride dans la proposition de loi du Sénateur Duplomb a été censurée par le Conseil Constitutionnel, après des protestations inédites des associations de patients, des sociétés savantes médicales et scientifiques, et du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Rappelons que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a produit un rapport très complet sur l’acétamipride en avril dernier, auto-censuré de manière inédite puisqu’une partie des députés et sénateurs membres de l’OPECST ont finalement voté contre la note qu’ils avaient contribué à rédiger [14]. Ses conclusions reflétaient fidèlement l’état actuel des connaissances scientifiques : « Les données scientifiques convergent vers une exposition environnementale diffuse, des effets écotoxicologiques sublétaux importants et des signaux sanitaires préoccupants, notamment en matière de neurotoxicité, de perturbation endocrinienne et de reprotoxicité ». Rappelons encore la sévérité du Conseil d’État, saisi par le Président du Sénat, qui concluait dans son avis du 26 mars 2026 que « la proposition de loi ne met pas les autorités publiques en mesure d’agir dans le respect du principe de précaution »[15]. Rappelons enfin que des alternatives agronomiques à court et long terme ont été mises en avant par l’ANSES [16] et par l’INRAE [17], et que la production des cultures impliquées est plus limitée par les aléas climatiques et les prix d’achat que par les agressions des insectes, comme le montrent les statistiques des dernières années.

Quelle finalité poursuivent alors les sénateurs qui ont adopté cet amendement malgré l’état des connaissances scientifiques, malgré les réserves exprimées par les plus hautes autorités juridictionnelles de l’État, et malgré la mobilisation exceptionnelle de millions de citoyens en faveur d’un environnement sain ? La protection des générations futures suppose que les décisions publiques puissent être éclairées par les connaissances scientifiques disponibles les plus solides. En refusant la réintroduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone, les sénatrices et sénateurs affirmeraient que la prise en compte des données scientifiques demeure au cœur des processus législatifs dans notre pays. À l’heure où la place de la science dans le débat public est contestée dans de nombreuses démocraties, nous n’en attendons pas moins d’eux.

 

 

[1] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749125015064

[2] https://www.jstage.jst.go.jp/article/emcr/5/0/5_20240042/_article

[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35016674/

[4] https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0146335 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25374420/

[5] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34808154/

[6] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35016674/

[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35303529/

[8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41150571/

[9] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38751503/

[10] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39247291/

[11] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37336441/

[12] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36441562/

[13] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12143094/

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0147651325001241

[14] https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/30/dangers-de-l-acetamipride-une-note-parlementaire-rejetee-apres-le-revirement-de-la-droite-et-de-l-extreme-droite_6684610_3244.html

[15] https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d#:~:text=Le%20Conseil%20d’Etat%20note%20que%20l’ac%C3%A9tamipride%20est%20approuv%C3%A9e,’est%20jusqu’en%202029.

[16] https://www.anses.fr/fr/content/risques-et-b%C3%A9n%C3%A9fices-des-produits-phytopharmaceutiques-%C3%A0-base-de-n%C3%A9onicotino%C3%AFdes-et-de-leurs

[17] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412019302351?via%3Dihub

 

 

Signatures institutionnelles

Conseil National de l’Ordre des médecins

Didier Spindler, Vice-Président du Conseil Nationale de l’Ordre des Médecins en charge de la santé environnementale

 

Sociétés savantes médicales et scientifiques (15)

Claire Andrejak, Présidente de la Société de Pneumologie de Langue Française

Sonia Burrel, Présidente de la Société Française de Microbiologie (SFM)

Pascal Crenn, Président du Conseil National Professionnel endocrinologie-diabétologie-nutrition

Martin Dupuy, Président de la Société Française de Chirurgie du Rachis

Judith Favier, Présidente de la Société Française d’Endocrinologie

Franck Gilbert, Président de la Société Française d’Écologie et d’Évolution

Samir Hamamah, Président de la Fédération Française d’Etude de la Reproduction

Marc Leone, Président de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation

Agnès Linglart, Présidente de la Société Française de Pédiatrie

Servane Mouton, Présidente de neuro-environnement réseau francophone (NERF)

Luc Mouthon, Président de la Société Nationale Française de médecine interne

Saad Nseir, Président de la Société de Réanimation de Langue Française

Aurore Perrot, Présidente de l’Intergroupe Francophone du Myélome

Emmanuel Raffoux, Président et Pierre Sujobert, membre du conseil d’administration de la Société Française d’Hématologie

Arnaud Uguen, Président de la Société Française de Pathologie

Fondations médico-scientifiques (3)

Maxime Molina, Président du Directoire de la Fondation pour la Recherche Médicale

Maï Panchal, Directrice générale de la Fondation Vaincre Alzheimer

Eric Solary, Vice-Président, Fondation ARC pour la recherche sur le cancer

Associations de patients (11)

Beate Bartès, Présidente de l’association Vivre sans Thyroïde

Guy Bouguet, Président de l’association ELLyE

Fleur Breteau, Porte-Parole du collectif Cancer Colère

Claude Coutier, Présidente du Collectif Triplettes Roses

Mélanie Courtier, co fondatrice association Jeune&Rose

Bernard Delcour, Administrateur de l’Association Française des Malades du Myélome Multiple

Emmanuelle Huet Mignaton, Présidente AMAVEA

Magali Leo, Coordinatrice d’Action Patients

Nathalie Mesny, Présidente de Renaloo, la voix des malades du rein

Irène Pico-Philippe, Présidente de l’Association Française des Polyarthritiques (AFPric)

Karin Tourmente-Leroux, Présidente de Vive avec une NMP

 

Organisations non gouvernementales, syndicats et associations de défense de l’environnement (23)

Stéphane Attal, Président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français Bourgogne Franche-Comté

Tom Baquerre, co-président de l’association Combat Monsanto

Michel Bertrand, Secrétaire du syndicat national CGT de l’INRAE

Cyril Boronad, Président du Synprefh (Syndicat National des Pharmaciens des Etablissements de Santé)

Anaïs Carrière, Co-présidente de Biodiversité sous nos Pieds

Philippe Cholet, Président de l’Union Régionale des médecins Libéraux de Normandie

Alain Collomb, secrétaire général ASEF/ co-Président FNE PACA

Noël Collomb, Secrétaire de l’Association intercommunale de Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais

Jean-francois Corty, Président de médecins du Monde

Michel Faure, Membre de l’association Nous voulons des Coquelicots Beaujolais Val-de-Saône

Christine Ferron, Déléguée Générale de Fédération Promotion Santé

Alain Gay, co-Président de l’association Gleizé Renouveau

Arnaud Greth, Président de l’association Noé

Isabelle Georges, Direction collégiale de PIG BZH (Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate BZH)

Christian Khalifa, Président de l’association INDECOSA CGT

Solène Klinge, Responsable Communication de l’association Fermes d’Avenir

Pascal Meyvaert, responsable de la Commission Santé Environnementale de l’Union Régionale des Professionnels de Santé Médecins Libéraux du Grand Est

Veronique Mondain, Présidente de l’association Sante Environnement 06

Philippe Piard et Dominique Masset, Secrets Toxiques

Nicolas Richard, Président de France Nature Environnement

Bruno Stach, Président de l’Union Régionale des médecins Libéraux des Hauts de France

Antoine Tirot, responsable du secteur Consommation / Economie / environnement de la Confédération Syndicale des Familles

François Veillerette, Porte-Parole de Générations Futures

 

Associations médicales en santé environnementale (10)

Caroline Besson, Coordinatrice du groupe Hemato-Green de la Société Française d’Hématologie

Jacqueline Collard, Présidente de l’association Santé Environnement en Auvergne Rhône Alpe

Julien Dussart, Membre du groupe thématique Santé Environnement de médecins du Monde France

Alain Gay, animateur de la Coordination Santé Environnement Rhône-Nord

Maryvonne Hourmant, Coordinatrice du groupe Néphrologie verte de la Société Francophone de néphrologie Dialyse Transplantation

Martine Le Friant, Présidente du GISCOPE 84

Pierre-Michel Périnaud, Co- Président d’Alerte médicale sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens

Patrick Pessaux, Président CÉRÈS, Collectif d’Ecoresponsabilite en santé

Franck Rinchet-Girollet, Porte-parole de l’association Avenir Santé Environnement

Pierre Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France

 

Signatures individuelles

Chercheurs

Viviane Baladi, chercheuse CNRS retraitée, Lund

Rémy Ballot, agronome, Palaiseau

Marc Billaud, Directeur de Recherche émérite CNRS, Nice

Jean-Marc Bonmatin, Chercheur chimiste & toxicologue (CNRS), Orléans

Virginie Bourdin, Membre de l’institut Ecocitoyen Lyonnais, Lyon

Julian Carrey, enseignant-chercheur, Toulouse

Laetitia Davidovic, Directrice de Recherche CNRS, Valbonne

Caroline De Pauw, sociologue, Faches Thumesnil

Fanny Giansetto, Maitresse de conférences spécialisée sur les sujets alimentaires et cofondatrice d’Ecotable, Paris

Tatiana Giraud, Directrice de recherches CNRS écologue, Orsay

Philippe Grandcolas, Directeur de recherche au CNRS, Paris

Dorian Guinard, Maître de conférences en droit public, Grenoble

Moritz Hunsmann, Chercheur CNRS en sociologie et santé publique, Marseille

Florence Joly, Chercheuse en immunologie, Marseille

Sylvain Kuppel, chercheur en hydrologie, Toulouse

Denis Lairon, Directeur de recherche émérite INSERM, Cucuron

Francelyne Marano, Professeur émérite en santé environnement, Paris

Nathalie Marcotte, professeur de chimie et environnement, Montpellier

Laurence Maurice, Directrice de recherche en géochimie environnementale, Saint Lys

Manuel Mercier, Chercheur en Neurosciences Cognitives, Marseille

Wendy Millien, Doctorante (impact des pesticides sur le neurodeveloppement et la maladie d’Alzheimer), Montpellier

Sylvie Nony, historienne des sciences, Bordeaux

Anais Oliva, ingénieure qualité de l’air, Toulouse

Sébastien Orazio, PhD Biostatisticien / Chef de projet, Bordeaux

Julie Pannequin, chercheuse en cancérologie (CNRS), Montpellier

Judith Rainhorn, Historienne de la santé, Paris

Patrick Savary ingénieur hydrologie et génie sanitaire, Guichen

Marc-André Selosse, professeur du Muséum National d’Histoire Naturel, Académie d’Agriculture et Institut Universitaire de France, Paris

Laurent Seugnet, Chercheur biologiste, Lyon

Clélia Sirami, Chercheuse en écologie, Toulouse

Arnaud Tête, ingénieur de recherche en toxicologie, Paris

Gaëlle Uzu, Directrice de recherche en géochimie de l’atmosphère, Grenoble

Soignants

Lilian Alix, médecin de santé publique, Rennes

Frédéric Augey, dermatologue, Vienne

Sophie Baricault, dermatologue, membre du groupe Enviderm de la SFD, Bois-Guillaume

Marie-Laure Batard, dermatologue, Strasbourg

Pascale Belloir, pharmacienne retraitée, Beauvallon

Vincent Berot, dermatologue, Paris

Loïc Blanchet-Mazuel, médecin généraliste, Lyon

Florence Boissier, médecin intensiviste réanimatrice, Poitiers

Armelle Boucher, soignante, Guengat

Gilles Boursaly, médecin vasculaire, Besançon

Valerie Boursaly, pharmacienne, Besançon

Françoise Bousson, médecin retraitée, Chapareillan

Bruno Bousson, médecin généraliste, Chapareillan

Christophe Breuilly, neurologue, Quimper

Anne Brignier, médecin Hématologue, Paris

Julien Brunier, médecin microbiologiste, Rennes

Delphine Cabelguenne, pharmacienne, Lyon

Arnauld Cabelguenne, pharmacien. Docteur en Toxicologie et Cancers, Lectoure

Aude Charbonnnier, PH hématologie, Marseille

Bruno Charpiat, pharmacien hospitalier, Lentilly

Corinne Charroin, pharmacienne, Lyon

Marie-Odile Claisse, pharmacien, Paimpol

Michèle de Boynes, médecin généraliste, Villers-Cotterêts

Jean-Francois Deleume, Médecin spécialiste des hôpitaux radiologie, Rennes

François Desruelles, dermatologue, Nice

Julien Dessajan, Praticien hospitalier – Médecine Intensive Réanimation, Paris

Marie Detrait, hématologiste, Vandoeuvre les Nancy

Pauline Dhalluin, médecin néphrologue, Bayonne

Alexandre Duparc, praticien hospitalier en cardiologie, CHU Toulouse, Toulouse

Eric Dupont, médecin spécialiste en médecine interne, Foulayronnes

Erwan Dumontet, médecin biologiste (expert en auto-immunité humaine), Rennes

Lise Durand, pharmacienne hospitalière, Rennes

Marion Fassy-Colombet, médecin, Paris

Claire Favrot-Meunier, pédopsychiatre spécialisée dans les TND, Paris

Sandra Fournier, médecin infectiologue, Paris

Philippe Garms, médecin, Bidart

Lucie Gaillot Durand, médecin pathologiste, Oullins

Alexia Gauneau, médecin, Saint Brieuc

Laurent Gauneau, vétérinaire, Chateaubourg

Amélie Gayraud-Janodet, dermatologue, Soisson

Nicolas Gendron, Hématologiste, Paris

Mathieu Genuini, Pédiatre, Paris

Corinne Guellec, pharmacien formé en santé environnementale, Gordes

Cédric Guillard, médecin urgentiste du sport, Saint Brieuc

Arnault Gruber, médecin, Colomiers

Marie Guirguis, médecin Généraliste, Paris

Hafsah Hachad, Néphrologue, Paris

Claire Hobson, médecin infectiologue, Paris

Leila Houhou, Biologiste, Montpellier

Bertrand Isidor, médecin généticien, Nantes

Chloé Jadoul, Pharmacien hospitalier, Clichy

Emmanuelle Joseph, professionnel de santé engagé dans la santé environnementale, Robion

Bertrand Keruzore, médecin généraliste / paysan, Guengat

Henri Kotobi, médecin – Praticien hospitalier, Neuilly Plaisance

Anne-Marie Ladeveze, médecine généraliste, Nantes

Florence Lachenal, praticien hospitalier hematologie, Bourgoin Jallieu

Florence Lallemant, médecin anesthésiste réanimatrice , secrétaire du CERES, Lille

Sandrine Langlois, médecin, Reims

Claire Laumaillé, dermatologue, Le Havre

Evelyne Laurençon, médecin généraliste, Saint Hilaire Bonneval

Marc Leone, professeur d’anesthésie et de réanimation, Marseille

Philippe Leguet, médecin, Saint Priez en Jarez

Emmanuelle Legroux, médecin, Marly le roi

Helene Levert, praticien hospitalier, Houilles

Lisa Le Guillou, médecin, Rennes

Lipovac, médecin gastro-enterologue, Tinteniac

Judith Louyot, médecin généraliste, Villeneyve d’Ascq

Pascal Maire, docteur ès sciences, Praticien Hospitalier, Lyon

Eva Marchand, Chirurgienne gynécologue, Le Perreux-sur-Marne

Lydia Marié Scemama, médecine gynécologue, Boulogne Billancourt

Nicolas Massart, médecin en médecine intensive réanimation, Saint-Brieuc

Anna-Laure Massip, médecin, Saint Brieuc

Axelle Maurice, médecin, Rennes

Rémy Mazurier, médecin, Strasbourg

Diana Mazurier, néphrologue, Strasbourg

Estelle Michelet, médecin généraliste, Fouesnant

Nathalie Moraud, pharmacienne, La Madeleine

Marion Mottier, professionnelle de santé, Saint Denis

Christine Mourgues, infirimière, Pujols

Tania Pacheff, Nutritionniste, Levallois

Catherine Pannequin, Dermatologue libérale, Doussard

Grégory Pansin, médecin urgentiste, Saint Brieuc

Jeanne Perrin, professeur de médecine et biologie de la reproduction et du développement, Marseille

Patrick Pessaux, professeur de chirurgie viscérale et digestive, Strasbourg

Antoine Petit, médecin, Fontenay-Aux-Roses

Max Piffoux, médecin chercheur, Lyon

Sébastien Ponsonnard, médecin Anesthésiste Réanimateur, Limoges

Anne Riaux, médecin dermatologue, Nantes

Emmanuel Ricard, médecin de santé publique, Eaubonne

Manuel Rodrigues, médecin cancérologue et chercheur, Paris

Caroline Rouxel, médecin, Saint Brieux

Anahita Rouzé, maitre de conférence des universités en médecine intensive-réanimation, Lille

Capucine Sappey, Dr Junior hepato-gastro-enterologie, Besançon

Marine Sarfati, médecin et ex conseillère ministérielle santé au ministère de la Transition Écologique, Paris

Valérie Sautou, professeur des Universités – Praticien Hospitalier en Pharmacie Clinique, CHU Clermont Ferrand

François-Xavier Schelcher, médecin, Fréland

Margot Schmitt, ingénieure hospitalier, Tours

Sandrine Simon, infirmière et spécialiste de santé publique, Drancy

Gérard Socié, médecin, Paris

Nicolas Sophie, médecin pédiatre, Lyon

Alexis Tombette, praticien hospitalier, Ploufragan

Clément Tracol, Neurologue, Rennes

Brendan Travert, pédiatre, Paris

Bernard Turpin, médecin et membre de plusieurs ONG impliquées dans la santé Environnementale, St Pierre d’Albigny

Jeanne Vande Pitte, Sage-femme, Coudekerque-Branche

Juliette Virard, médecin généraliste, saint pierre d’albigny

Marie-pierre wissler, médecin pathologiste, Rillieux La Pape

Dr Eléonore Wormser, médecin généraliste, Paris

Laurent Zieleskiewicz, professeur d’anesthésie réanimation, Président du comité développement durable de la Société Française d’Anesthésie Réanimation, Marseille

Appoline Zimmermann, gynécologue, Marseille

 

Autres signataires

Anouck Barcat, enseignante, Paris

Denis Bariod, Chabanière

Eric Barthier, retraité, Colomiers

Céline Besnard, à titre individuel citoyenne, Saint-Mandé

Benoît Biteau, Paysan, agronome et député écologiste (2è circonscription de Charente-Maritime), Paris

Nicolas Bonnet, Député de la 3ème circonscription du Puy-de-Dôme

Muriel Brasier, Particulière, Gleizé

Johana Bretou-Klein, Salariée médecins du Monde, Paris

Géraldine Brun, Membre actif médecins du monde, Marseille

Henri Busnel, membre d’une association de soutien aux victimes des pesticides, Miniac sous Becherel

Delphine Chauviere, Saint Paul

Denis Chevalerias, Caen

Sébastien Damageux, Bellaing

Florence Decraux, Rillieux

Bertrand Demory, Armentières

Stéphane Dewez, Citoyen particulièrement inquiet pour l’avenir de mes enfants, Plouhinec

Jean-Marc Dussardier, Citoyen, Orlienas

Clément Duvert, Les Lilas

Clément Etienne, Travaileur social, St-Denis

Thierry Gastineau, ex Global Head in regulatory and quality functions at Sanofi vaccines, Charbonnières les Bains

Clémence Gauneau, Rennes

Catherine Geinet, Lyon

Bernard Guignes, Malade reconnu en maladie professionnelle, Montesquieu

Natasha Ikhouane, Étudiante, Paris

Mikael Jalibat, Villeneuve sur Lot

Annie Jacquenod, Massieux

Guylaine Joliff, citoyenne concernée par la pollution de l’environnement, Rennes

Nathalie Lacroix, Citoyenne, Mens

Joël Le Corre, , Saint-Michel-en-Brenne

Gonéri Le Cozannet, Orléans

Susie Legroux, étudiante en agronomie, Montpellier

Aude Lemercier, Evran

Elsa Lorenzin, Étudiante en sciences, Montpellier

Aurélie Lorgeou, Toulon

Nicolas Lucchini, Architecte-urbaniste, Montpellier

Cornelia Mayer

Marie Manicci, Cabanes

Marie-Emmanuelle Manici, Castres

Francelyne Marano, Paris

Jean Claude Miffre, Citoyen engagé, Calce

Marie-Estelle Moalic, Réalisatrice & Citoyenne, Villennes

Marielle Moizan, citoyenne engagée, Paris

Jany Momborgne, Genas

Anne Moraud, Villeneuve-Tolosane

Michel Nicolle, Caen

Edith Oresta, Militante en SE au RES., Neuville-sur-saone

Louis Palluel, étudiant en médecine, Paris

Bernard Petit, citoyen, Gleizé

Maurice Pierron, Savigny

Jean-Claude Raux, Député de Loire-Atlantique, Paris

Johanna Rey, Citoyenne, Marseille

Elisabeth Rivière, Citoyenne engagée et militante, Genay

Sandrine Rollot, Citoyenne, Romainville

Christelle Rouxel, Andel

Patrick Savatier, Adhérent actif au sein du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l’Ouest, Corze

Michel Schluraff, Haute Rivoire

Laure Teulières

Cristina Thevenot, Paris

Aurélie Vervliet, éducatrice sportive, La Madeleine

Edith vial, particulier, Lyon

Joseph Zahiri, Référent Santé, Jouy Le Moutier

La marrante, elle résiste !

FOURCHES : concert – enquête inspiré du livre de Nicolas Legendre : Run ar puns – 28 juin

Fourches

François Joncour et Arnaud Kermarrec-Totorici remettent le couvert, accompagnés par Antoine Messager Pasqualini et Paul Le Galle.
Sur scène, ils adaptent cette fois « Silence dans les champs », livre pour lequel Nicolas Legendre a reçu le prix Albert-Londres en 2023.
Les musiciens mettent en lumière la parole des paysannes et des paysans que la course aux rendements a laissés sur le côté.
Ils ont eux-mêmes réalisé des interviews ainsi que des ateliers avec des lycéens, comme à la maison familiale et rurale (MFR) de Questembert (56), avec des élèves de première en filière élevage.
Chaque représentation donnera lieu à des échanges avec le public.
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Jil Quillevere de la direction collégiale de PIG BZH, interviewé dans ce concert-enquête, y représentera l’association Solidarité Paysans du Finistère

28 juin 2026 – 16 h

Au

Run ar puns

Châteaulin / Kastellin

Avec, de gauche à droite, Jean Yves Guillou (Solidarité Paysans), Arnaud Kermarrec (Musicien), Jil Quillevere (Solidarité Paysans / PIG BZH / Conf / Faucheur Volontaire), Julien Tallec (Porte parole de la Conf 29), Anne  ( CIVAM 29) et Kristen Falc’hon (SPLANN)

Devant une salle comble …

OGM-NTG partout sauf en BIO : communiqué de presse de la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique)

L’Europe fait rentrer les OGM dans l’alimentation, sauf en bio

Paris, le 18 juin 2026. C’est un recul historique. Ce mercredi 17 juin, le Parlement Européen a adopté le règlement autorisant les OGM produits par des nouvelles techniques génomiques (NTG), ouvrant ainsi la porte à leur commercialisation sur le sol européen. Les agriculteurs et agricultrices bio vont eux pouvoir continuer à garantir des produits non OGM, mais la FNAB demande à l’Etat français des garanties pour les protéger contre des contaminations éventuelles.

Une dérégulation soutenue par la France contre l’avis des consommateurs

Jusqu’à aujourd’hui l’Europe résistait à la pression des groupes industriels étrangers qui souhaitaient faire massivement rentrer les OGM sur notre sol. Un seul produit était autorisé, le maïs transgénique MON810 de Monsanto, mais il était interdit en France et dans quasiment tous les pays de l’UE. Désormais la commercialisation de semences OGM sera possible sans évaluation des risques et sans traçabilité le long de la chaîne de production. Les consommateurs ne pourront pas savoir s’ils consomment des OGM alors que 92% d’entre eux disent vouloir en être informés. [1]

« Après le soutien au retour de l’acétamipride, le gouvernement Lecornu restera dans les mémoires comme celui qui aura contribué à mettre fin à 30 années de résistance nationale contre les OGM, c’est une triste contre-performance environnementale” déplore Loïc Madeline, co-président de la FNAB.

La bio restera, elle, une garantie sans OGM

Conformément au cahier des charges, la bio va, elle, continuer à garantir des produits sans OGM grâce à l’étiquetage et à la traçabilité obligatoire sur les semences issues de nouvelles techniques génomiques. Ces nouveaux OGM seront donc bien toujours interdits en bio.

La bio pourrait cependant être, comme toutes les productions, victime de contaminations. Le pollen se propage et se croise avec les autres plantes, et un champ OGM peut contaminer un champ non OGM. On l’a vu dans les pays qui en cultivent massivement : au Canada il est maintenant quasiment impossible de faire pousser du colza non-OGM. Rien n’est aujourd’hui prévu pour indemniser ou assurer les producteur-ices bio contre ce risque.

Lorsque nos produits sont contaminés par des pesticides et qu’on doit les détruire, rien n’est prévu pour nous dédommager. C’est la même chose pour les OGM, il faut que le gouvernement prévoit un système de gestion de ces risques » poursuit Loïc Madeline.

Les procès du siècle : contre le colonialisme chimique et le capitalisme toxique : rassemblement le 20 juin à Paris

Rassemblement le 20 juin à Paris contre le colonialisme chimique et le capitalisme toxique

Rassemblement le 20 juin à Paris

contre

le colonialisme chimique et

le capitalisme toxique

Le Collectif Vietnam-Dioxine et DSAVEC (Diasporas Solidaires Avec les Victimes de l’Empoisonnement Colonial) organisent le samedi 20 juin à 14h à Bastille (Paris), un rassemblement unitaire contre le colonialisme chimique, pour réclamer justice pour les victimes du chlordécone (procès porté par des associations martiniquaises et guadeloupéennes en appel le 22 juin) et de l’agent orange (procès en cassation de Tran To Nga contre les fabricants de l’agent orange le 16 juin).

Nous faisons tourner un appel aux organisations et personnalités, pour signature (d’ici le 10 juin prochain).

Signature de l’appel unitaire – 20 juin : justice pour les victimes du chlordécone et de l’agent orange 

OGM-NTG (Nouvelles Techniques Génomiques) : comprendre et agir – la mobilisation continue !!!

Nous avons pikniké à Plougoulm le 12 mai dernier, Faucheurs et Faucheuses Volontaires d’OGM breton.ne.s, PIG BZH (Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate BZH), Hadoù ar Frankiz, Kaol Kozh, …

pour avertir la population que
LE VIVANT et le BIO sont en danger d’extermination par les propositions de la Commission Européenne de dérégulation des OGM.

Toutes les informations, tribunes scientifiques, syndicales et des semenciers libres sont à retrouver par ici : https://pig.log.bzh/2026/05/04/ntg-ogm-piknik-bio-plougoulm-kernonenn-12-mai-12-h/

LA MOBILISATION EST EN COURS,

URGENTE

ET TOUJOURS POSSIBLE !!!

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Mobilisation internationale du 16 juin devant le Parlement Européen

16 juin France 3 Alsace
16 juin Rue89strasbourg
16 juin lafranceagricole.fr/ngt/
16 juin humanite.fr/environnement/
16 juin bfmtv.com/alsace/
16 juin – youtube – PE
17 juin https://reporterre.net/Nouveaux-OGM
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ACTIONS

Interpellons les députés européens

Avant le vote des parlementaires européens

Mise à jour du 10 juin 2026 :

Jusqu’à aujourd’hui les députés devaient déposer leurs amendements le 10 juin pour un vote en plénière le 17, soit 7 jours réservés à la traduction et à l’étude par les autres eurodéputés.
Ils ont aujourd’hui officiellement jusqu’au 16 juin 19 h pour déposer leurs amendements pour un vote en plénière le 17 juin ….
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(Mise A Jour du 22 mai 2026)  :
Dernières infos de Bruxelles : le vote en séance plénière sur les NTG aura lieu le mercredi 17 juin.

La date limite pour le dépôt des amendements est fixée au 10 juin. Le vote au sein de la commission Envi aura lieu le lundi 15 juin..

–> Infos et lettre type sur le site de Graines de Liberté/ Hadoù ar Frankiz

–> Fichier adresses emails  les députés européens

–> Action emails à envoyer directement sur le site de  Via Campesina  (pratique mais ne concerne que les eurodeputes français) Coordination européenne Via Campesina

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Flyers à distribuer :

Flyer Hadoù ar Frankiz (Semences de Liberté)

Via Campesina

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MOBILISATION INTERNATIONALE
DEVANT LE PARLEMENT
EUROPÉEN DE STRASBOURG

LE 16 JUIN DÈS 8 H

Appel à rassemblement devant le parlement européen de STrasbourg

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Avis syndical de SUD RECHERCHE

NGT Sud Solidaire avril 2026

Tribune du Museum National d’Histoire Naturelle

Un collectif de scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », du projet européen de brevetabilité des nouveaux OGM (plantes issues des nouvelles techniques génomiques, NTG ou NGT en anglais), qu’ils décrivent comme une « menace pour la souveraineté semencière européenne » et un vecteur de précarisation des agriculteurs. ⚠️

« L‘arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2018 l’avait pourtant gravé dans le marbre juridique : les produits issus des « nouvelles techniques génomiques » (NTG) sont bel et bien des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le motif ? Ces outils, développés majoritairement après l’adoption de la directive de 2001, ne bénéficient d’aucun recul historique garantissant leur sécurité. Pourtant, depuis, le débat européen s’est laissé enfermer dans un récit séduisant mais scientifiquement contestable : celui d’une technologie d’une précision telle qu’elle ne ferait qu’imiter la nature, simplement en accéléré.

En réalité, le processus de transformation en laboratoire est d’une violence extrême. Les plantes que l’on finit par cultiver sont les « survivantes » d’un stress cellulaire profond, portant des cicatrices génétiques et épigénétiques transmissibles. Prétendre que ces bouleversements sont identiques à ceux de l’évolution naturelle est un raccourci qui ignore la nature même des erreurs induites. A l’heure où nous séquençons des millions de pan-génomes pour en saisir la complexité, ne pas exiger l’analyse complète des séquences modifiées constitue une impasse sécuritaire. La connaissance du code n’est qu’une première étape, mais elle est indispensable.

Pour légitimer cette dérégulation sauvage, la Commission s’appuie sur une narration lissée : celle d’une pseudo-continuité entre la sélection paysanne millénaire et l’édition du génome. Selon ce récit, l’humain n’aurait fait que changer d’outil, passant d’une patiente sélection au laser moléculaire. Cette continuité est un trompe-l’œil. Là où la sélection conventionnelle travaille avec la plante entière aux régulations complexes en réseau, les NTG forcent l’entrée du noyau cellulaire par des méthodes intrusives.

C’est sur ce socle fragile que repose la création de la catégorie « NTG 1 », regroupant des plantes considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles selon un seuil arbitraire de moins de 20 modifications génétiques. D’un point de vue scientifique, cette approche est malavisée. Ce n’est pas le nombre de modifications qui importe, mais leur nature et leur rôle. Une seule modification sur un gène-clé peut transformer radicalement l’interaction d’une plante avec son écosystème ou altérer sa teneur en nutriments.

Historiquement, les semences de haute technologie ont surtout renforcé la dépendance des agriculteurs envers les firmes multinationales. Les NTG risquent d’aggraver cette précarité en imposant un modèle de propriété intellectuelle totalement inadapté aux enjeux de l’agroécologie dans les régions. Nous touchons ici au cœur de la contradiction européenne. D’un côté, on nous explique que ces plantes sont si proches de la nature qu’elles ne nécessitent ni évaluation, ni étiquetage, ni surveillance postcommercialisation. De l’autre, ces mêmes variétés font l’objet de brevets massifs en tant qu’« inventions biotechnologiques disruptives ».

On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre : si une plante est le fruit d’une invention humaine suffisamment novatrice pour être brevetée, elle est par définition différente d’une variété naturelle et doit être évaluée comme telle. Cette confusion juridique menace la souveraineté semencière européenne, exportatrice nette de « sans OGM ». En laissant des plantes NTG non tracées se disséminer – le pollen viable de certaines espèces pouvant voyager sur des kilomètres –, on expose les agriculteurs à des risques de « contrefaçon involontaire » si des gènes brevetés se retrouvent dans leur champ par pollinisation croisée.

La science n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle accepte ses propres limites. En voulant forcer le passage des NTG par une dérégulation arbitraire, la Commission fragilise la confiance des citoyens. Les cadrages administratifs asphyxient l’indépendance de l’expertise en subordonnant la rigueur scientifique à des impératifs bureaucratiques et politiques. Le vivant est le socle de notre survie commune ; il mérite mieux qu’un ajustement réglementaire négocié à la hâte pour satisfaire certains lobbys. Il est temps que l’Europe choisisse une innovation qui protège plutôt qu’une dérégulation qui aveugle. »

Tribune à l’initiative de :

👉 Yves BERTHEAU, directeur de recherche honoraire à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et chercheur honoraire au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Muséum national d’histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université)

👉 Tatiana Giraud, directrice de recherche CNRS, université Paris-Saclay, membre de l’Académie des sciences

👉 Isabelle Goldringer, généticienne des populations, directrice de recherche INRAE

👉 Pierre-Henri Gouyon, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle

👉 Jane Lecomte, écologue et professeure au Muséum national d’histoire naturelle

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Piknik Plougoulm 12 mai 12 h devant l'Organisation Bretonne de Sélection

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S’informer sur la proposition de la Commission européenne  

–> Avec INF’OGM

Inf’OGM, veille citoyenne d’information sur les OGM et les semences : https://www.infogm.org/

–> Avec KOKOPELLI

–> Avec la CONFÉDÉRATION PAYSANNE

Communiqué de la Confédération Paysanne

–> Avec le syndicat SIMPLES

–> Avec Hadoù ar Frankiz / Graines de Liberté

Intervention Emmanuel Antoine de Graines de Liberté / Hadoù ar Frankiz

navet OGM

–> Avec Kaol Kozh

En présence de René LEA de l’association Kaol Kozh 

Lutte pour une agriculture bio sans OGM menée par un collectif de paysans, de techniciens  et de scientifiques Bretons

Au tout début des années 2000 les adhérents de l’association des producteurs de fruits et légumes de Bretagne (APFLBB devenue plus tard Biobreizh) ont découvert  que sur le catalogue semencier Clause il leur était proposé des graines de chou-fleur CMS en bio.

Nous nous sommes posé la question de savoir ce qui se cachait sous ces 3 lettres. Véronique Chable Chercheuse de l’ INRA nous a très vite mis en garde contre la stérilité male cytoplasmique (Cytoplasmic Male Sterility en anglais) technique consistant (avec mes mots de paysans) à faire des hybrides plus facilement et rapidement en présentant lors du croisement final de la création d’un hybride une lignée n’ayant que les attributs femelle. Les graines recherchées étant produites sur cette lignée.

C’est la technique mise en place pour obtenir cette lignée femelle qui pose problème.  La suppression des organes male est obtenue par fusion de protoplaste à partir d’un radis japonais.

Il y a sans conteste manipulation génétique.

Nous ne voulions pas produire d’OGM sur nos fermes ! Nous savions également que les consommateurs bio ne voulaient pas en avoir dans leurs assiettes.

Pour faire face nous avons créé un cahier des charges interdisant les CMS et avons commencé à faire nos propres semences et l’avons fait savoir.

La maison Clause a réagi aussitôt . Ils sont venus nous « rencontrer » à la Maison de la Bio à Daoulas se sachant protégés par une circulaire Européenne qui mettait les CMS en dehors de l’appellation OGM … sans dire qu’ils n’en étaient pas. Ils ont fini par nous dire que si nous persistions à « alléguer » qu’il s’agissait d’OGM ils se réservaient la possibilité de nous faire un procès. Nous leur avons rétorqué que dans de cas nous nous contenterions de faire savoir que leurs choux étaient manipulés génétiquement !

Les 27 et 28 avril 2009 nous avons participé au meeting ECOPBB( European consortium for organic breeding). Le titre : Stratégies for a future without celle fusion techniques in organic farming.

Nous avions de l’avance sur le sujet et avons démontré que les paysans pouvaient se passer de ces techniques.

La conclusion de ces journées était que le monde de la Bio Européen et Mondial (IFOAM) devait rejeter ces techniques.

Deux  ans plus tôt, en 2007, nous avions créé Kaol-Kozh incluant des producteurs en circuits courts au groupe de paysans en circuit long que nous formions. A cette époque il nous était interdit de vendre ou d’échanger des graines entre paysans. Nous avons décrété que la semence appartenait à tous ( celui qui produisait la graine était indemnisé pour le service apporté au groupe)

L’an prochain nous fêterons les 20 de l’association   

Nous ne pouvons qu’être satisfait du regain continuel d’engouement autour de la cause
René LEA

–> Note de l’Ambassade de France aux États-Unis

(Service économique régional de Washington) : « Nouvelles techniques génomiques : une démocratisation en trompe-l’œil »
Note_NGT aux Etats-Unis_vff

Tous pour l’eau, l’eau pour tous : mobilisation à Rennes le 7 juin 2026

Tous pour l’eau, l’eau pour tous !

Dimanche 7 juin 2026 à Rennes

Grande mobilisation nationale

L’eau est un bien commun essentiel.

La protéger, c’est préserver notre santé, notre alimentation, la nature et l’avenir de nos territoires.

  • Nous réclamons la protection de la santé des enfants, des riverains, des agriculteurs et agricultrices, premières personnes exposées aux pesticides.

  • Nous refusons une alimentation et des ressources en eau contaminées par les pesticides, les PFAS et d’autres polluants issus de modèles agricoles et industriels qui montrent aujourd’hui leurs limites.

  • Nous refusons que la protection de l’eau soit opposée à l’agriculture. Au contraire : sans eau de qualité, sans sols vivants et sans biodiversité, il n’y aura pas d’agriculture durable

  • Nous défendons un modèle agricole d’avenir, moins dépendant des pesticides, des engrais de synthèse et des énergies fossiles : une agriculture nourricière, locale, vivante, qui permette aux paysan nes de vivre dignement de leur métier.

  • Nous demandons des politiques publiques qui protègent réellement l’eau et accompagnent les agriculteurs dans les transitions nécessaires, nous rappelons que seulement 8 % des masses d’eau du SAGE Vilaine sont en bon état.

  • Nous refusons les reculs environnementaux et sanitaires, les décisions prises sous pression de quelques intérêts privés, et les faux-semblants qui repoussent sans cesse les changements pourtant indispensables.

  • Nous refusons que les citoyennes et citoyens paient toujours davantage le coût du traitement d’une eau polluée, alors qu’il est possible d’agir à la source.

. Nous défendons des débats démocratiques sincères, transparents et respectueux du travail mené collectivement dans les instances locales de l’eau. Les décisions concernant notre bien commun ne peuvent être confisquées ni contournées.

Stop aux attaques contre le SAGE Vilaine et contre la démocratie locale de l’eau

Dimanche 7 juin

Mobilisons-nous pour l’eau, pour notre santé, pour des campagnes vivantes et pour l’intérêt général.

Lieu : mail François Mitterrand

Programme:

12h00: banquet solidaire, prises de parole, musique…
14h00 : manifestation festive et familiale

Buvette et restauration par une cantine solidaire prévu sur place