Tribune contre la ré-introduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone

MAJ 30 juin 2026

Résultat du vote : le sénat a voté la ré-autorisation de 2 insecticides interdits dont l’acétamipride

https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/loi-d-urgence-agricole-le-senat-approuve-la-reintroduction-encadree-de-deux-insecticides-interdits-dont-l-acetamipride_6717117_3244.html

Mais la partie n’est pas finie : Commission Mixte Paritaire et vote à l’Assemblée suivront au mois de juillet, et nous pouvons les faire reculer en maintenant une pression maximale.

Sans surprise non plus, cette tribune est attaquée par des voix bien connues du « cancer backlash ».
Pour rappel, tout ce que nous avons écrit est sourcé, lu et relu par des spécialistes de ces sujets (Mrs Grandcolas et Bonmatin entre autres), et en fait très proche de ce que l’OPECST avait écrit dans son rapport censuré.

La suite ? 

Vous pouvez signer et diffuser la pétition sur le site de l’Assemblée Nationale https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103

On ne lâchera rien !

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29 juin 2026

Tribune contre la ré-introduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/29/retour-de-l-acetamipride-le-vote-des-senatrices-et-senateurs-constituera-un-veritable-test-pour-nos-institutions-democratiques_6716870_3232.html

Lundi 29 juin, le vote des sénatrices et sénateurs constituera un véritable test pour nos institutions démocratiques : sont-elles capables de prendre en compte les connaissances scientifiques pour décider des lois qui traitent d’un bien commun, la santé environnementale ?

Un an après la mobilisation de plus de deux millions de citoyens signataires d’une pétition sur le site de l’Assemblée Nationale, un amendement visant à ré-autoriser l’acétamipride et la flupyradifurone a en effet été adopté lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission sénatoriale. Dans ce contexte, il importe de revenir aux faits. L’acétamipride et le flupyradifurone ciblent les mécanismes de transmission de l’information entre les cellules nerveuses. Ils sont utilisés pour leur action insecticide, notamment pour la culture de la betterave sucrière, des noisettes, des cerises, etc. Le problème de ces molécules, c’est que leur mécanisme de toxicité n’est en rien spécifique aux insectes ciblés. Leurs effets sur les abeilles et autres pollinisateurs sont avérés, et en cascade c’est toute la biodiversité terrestre et aquatique qui est gravement atteinte. Des travaux ont même mis en évidence une amélioration significative de certains indicateurs de biodiversité après la réduction de l’usage de ces substances [1]. Le problème de l’acétamipride, c’est aussi sa diffusion dans l’environnement, et notamment son incorporation au cycle de l’eau : on en retrouve même dans l’eau de pluie [2]. Cette diffusion environnementale se traduit également par une exposition humaine : on retrouve l’acétamipride ou ses métabolites dans le sang [3], les urines [4], le sperme [5]. On retrouve aussi dans le liquide céphalo-rachidien d’enfants [6] cette molécule conçue pour agir sur les mécanismes biologiques de la transmission de l’information entre les neurones.

Quels sont les effets pour la santé humaine ? Les données disponibles pointent en premier lieu des effets sur le développement du cerveau. L’exposition maternelle à l’acétamipride est associée à un périmètre crânien diminué à la naissance [7], et à des troubles du comportement (hyperactivité) chez l’enfant de 3 à 6 ans [8]. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a constaté que « la plausibilité biologique de la neurotoxicité développementale est élevée » et attend toujours de plus amples études sur le neurodéveloppement qu’elle a demandé en 2014 [9]. Au-delà du système nerveux, l’acétamipride est dangereux pour le système reproducteur : l’exposition est associée à une diminution du nombre d’ovocytes [10] et à des retards de croissance intra-utérine [11] (rappelons que cette molécule traverse la barrière placentaire [12]…). Enfin, de plus en plus de travaux suggèrent un effet perturbateur endocrinien de son métabolite [13]. À la différence d’autres pesticides, il y a peu d’éléments pour suspecter un effet cancérigène, mais cela n’atténue en rien les multiples dangers exposés plus haut. Enfin, rappelons que les substances actives sont utilisées dans des formulations commerciales avec des co-formulants dont la toxicité n’est pas évaluée, et qu’elles sont susceptibles d’interagir avec de nombreux autres pesticides et polluants auxquels nous sommes également exposés, ce que l’on appelle l’effet cocktail, et qui n’est pas pris en compte par les autorités règlementaires.

Toujours sur le terrain des faits, rappelons que la précédente tentative de ré-introduction de l’acétamipride dans la proposition de loi du Sénateur Duplomb a été censurée par le Conseil Constitutionnel, après des protestations inédites des associations de patients, des sociétés savantes médicales et scientifiques, et du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Rappelons que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a produit un rapport très complet sur l’acétamipride en avril dernier, auto-censuré de manière inédite puisqu’une partie des députés et sénateurs membres de l’OPECST ont finalement voté contre la note qu’ils avaient contribué à rédiger [14]. Ses conclusions reflétaient fidèlement l’état actuel des connaissances scientifiques : « Les données scientifiques convergent vers une exposition environnementale diffuse, des effets écotoxicologiques sublétaux importants et des signaux sanitaires préoccupants, notamment en matière de neurotoxicité, de perturbation endocrinienne et de reprotoxicité ». Rappelons encore la sévérité du Conseil d’État, saisi par le Président du Sénat, qui concluait dans son avis du 26 mars 2026 que « la proposition de loi ne met pas les autorités publiques en mesure d’agir dans le respect du principe de précaution »[15]. Rappelons enfin que des alternatives agronomiques à court et long terme ont été mises en avant par l’ANSES [16] et par l’INRAE [17], et que la production des cultures impliquées est plus limitée par les aléas climatiques et les prix d’achat que par les agressions des insectes, comme le montrent les statistiques des dernières années.

Quelle finalité poursuivent alors les sénateurs qui ont adopté cet amendement malgré l’état des connaissances scientifiques, malgré les réserves exprimées par les plus hautes autorités juridictionnelles de l’État, et malgré la mobilisation exceptionnelle de millions de citoyens en faveur d’un environnement sain ? La protection des générations futures suppose que les décisions publiques puissent être éclairées par les connaissances scientifiques disponibles les plus solides. En refusant la réintroduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone, les sénatrices et sénateurs affirmeraient que la prise en compte des données scientifiques demeure au cœur des processus législatifs dans notre pays. À l’heure où la place de la science dans le débat public est contestée dans de nombreuses démocraties, nous n’en attendons pas moins d’eux.

 

 

[1] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749125015064

[2] https://www.jstage.jst.go.jp/article/emcr/5/0/5_20240042/_article

[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35016674/

[4] https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0146335 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25374420/

[5] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34808154/

[6] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35016674/

[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35303529/

[8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41150571/

[9] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38751503/

[10] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39247291/

[11] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37336441/

[12] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36441562/

[13] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12143094/

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0147651325001241

[14] https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/30/dangers-de-l-acetamipride-une-note-parlementaire-rejetee-apres-le-revirement-de-la-droite-et-de-l-extreme-droite_6684610_3244.html

[15] https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d#:~:text=Le%20Conseil%20d’Etat%20note%20que%20l’ac%C3%A9tamipride%20est%20approuv%C3%A9e,’est%20jusqu’en%202029.

[16] https://www.anses.fr/fr/content/risques-et-b%C3%A9n%C3%A9fices-des-produits-phytopharmaceutiques-%C3%A0-base-de-n%C3%A9onicotino%C3%AFdes-et-de-leurs

[17] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412019302351?via%3Dihub

 

 

Signatures institutionnelles

Conseil National de l’Ordre des médecins

Didier Spindler, Vice-Président du Conseil Nationale de l’Ordre des Médecins en charge de la santé environnementale

 

Sociétés savantes médicales et scientifiques (15)

Claire Andrejak, Présidente de la Société de Pneumologie de Langue Française

Sonia Burrel, Présidente de la Société Française de Microbiologie (SFM)

Pascal Crenn, Président du Conseil National Professionnel endocrinologie-diabétologie-nutrition

Martin Dupuy, Président de la Société Française de Chirurgie du Rachis

Judith Favier, Présidente de la Société Française d’Endocrinologie

Franck Gilbert, Président de la Société Française d’Écologie et d’Évolution

Samir Hamamah, Président de la Fédération Française d’Etude de la Reproduction

Marc Leone, Président de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation

Agnès Linglart, Présidente de la Société Française de Pédiatrie

Servane Mouton, Présidente de neuro-environnement réseau francophone (NERF)

Luc Mouthon, Président de la Société Nationale Française de médecine interne

Saad Nseir, Président de la Société de Réanimation de Langue Française

Aurore Perrot, Présidente de l’Intergroupe Francophone du Myélome

Emmanuel Raffoux, Président et Pierre Sujobert, membre du conseil d’administration de la Société Française d’Hématologie

Arnaud Uguen, Président de la Société Française de Pathologie

Fondations médico-scientifiques (3)

Maxime Molina, Président du Directoire de la Fondation pour la Recherche Médicale

Maï Panchal, Directrice générale de la Fondation Vaincre Alzheimer

Eric Solary, Vice-Président, Fondation ARC pour la recherche sur le cancer

Associations de patients (11)

Beate Bartès, Présidente de l’association Vivre sans Thyroïde

Guy Bouguet, Président de l’association ELLyE

Fleur Breteau, Porte-Parole du collectif Cancer Colère

Claude Coutier, Présidente du Collectif Triplettes Roses

Mélanie Courtier, co fondatrice association Jeune&Rose

Bernard Delcour, Administrateur de l’Association Française des Malades du Myélome Multiple

Emmanuelle Huet Mignaton, Présidente AMAVEA

Magali Leo, Coordinatrice d’Action Patients

Nathalie Mesny, Présidente de Renaloo, la voix des malades du rein

Irène Pico-Philippe, Présidente de l’Association Française des Polyarthritiques (AFPric)

Karin Tourmente-Leroux, Présidente de Vive avec une NMP

 

Organisations non gouvernementales, syndicats et associations de défense de l’environnement (23)

Stéphane Attal, Président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français Bourgogne Franche-Comté

Tom Baquerre, co-président de l’association Combat Monsanto

Michel Bertrand, Secrétaire du syndicat national CGT de l’INRAE

Cyril Boronad, Président du Synprefh (Syndicat National des Pharmaciens des Etablissements de Santé)

Anaïs Carrière, Co-présidente de Biodiversité sous nos Pieds

Philippe Cholet, Président de l’Union Régionale des médecins Libéraux de Normandie

Alain Collomb, secrétaire général ASEF/ co-Président FNE PACA

Noël Collomb, Secrétaire de l’Association intercommunale de Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais

Jean-francois Corty, Président de médecins du Monde

Michel Faure, Membre de l’association Nous voulons des Coquelicots Beaujolais Val-de-Saône

Christine Ferron, Déléguée Générale de Fédération Promotion Santé

Alain Gay, co-Président de l’association Gleizé Renouveau

Arnaud Greth, Président de l’association Noé

Isabelle Georges, Direction collégiale de PIG BZH (Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate BZH)

Christian Khalifa, Président de l’association INDECOSA CGT

Solène Klinge, Responsable Communication de l’association Fermes d’Avenir

Pascal Meyvaert, responsable de la Commission Santé Environnementale de l’Union Régionale des Professionnels de Santé Médecins Libéraux du Grand Est

Veronique Mondain, Présidente de l’association Sante Environnement 06

Philippe Piard et Dominique Masset, Secrets Toxiques

Nicolas Richard, Président de France Nature Environnement

Bruno Stach, Président de l’Union Régionale des médecins Libéraux des Hauts de France

Antoine Tirot, responsable du secteur Consommation / Economie / environnement de la Confédération Syndicale des Familles

François Veillerette, Porte-Parole de Générations Futures

 

Associations médicales en santé environnementale (10)

Caroline Besson, Coordinatrice du groupe Hemato-Green de la Société Française d’Hématologie

Jacqueline Collard, Présidente de l’association Santé Environnement en Auvergne Rhône Alpe

Julien Dussart, Membre du groupe thématique Santé Environnement de médecins du Monde France

Alain Gay, animateur de la Coordination Santé Environnement Rhône-Nord

Maryvonne Hourmant, Coordinatrice du groupe Néphrologie verte de la Société Francophone de néphrologie Dialyse Transplantation

Martine Le Friant, Présidente du GISCOPE 84

Pierre-Michel Périnaud, Co- Président d’Alerte médicale sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens

Patrick Pessaux, Président CÉRÈS, Collectif d’Ecoresponsabilite en santé

Franck Rinchet-Girollet, Porte-parole de l’association Avenir Santé Environnement

Pierre Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France

 

Signatures individuelles

Chercheurs

Viviane Baladi, chercheuse CNRS retraitée, Lund

Rémy Ballot, agronome, Palaiseau

Marc Billaud, Directeur de Recherche émérite CNRS, Nice

Jean-Marc Bonmatin, Chercheur chimiste & toxicologue (CNRS), Orléans

Virginie Bourdin, Membre de l’institut Ecocitoyen Lyonnais, Lyon

Julian Carrey, enseignant-chercheur, Toulouse

Laetitia Davidovic, Directrice de Recherche CNRS, Valbonne

Caroline De Pauw, sociologue, Faches Thumesnil

Fanny Giansetto, Maitresse de conférences spécialisée sur les sujets alimentaires et cofondatrice d’Ecotable, Paris

Tatiana Giraud, Directrice de recherches CNRS écologue, Orsay

Philippe Grandcolas, Directeur de recherche au CNRS, Paris

Dorian Guinard, Maître de conférences en droit public, Grenoble

Moritz Hunsmann, Chercheur CNRS en sociologie et santé publique, Marseille

Florence Joly, Chercheuse en immunologie, Marseille

Sylvain Kuppel, chercheur en hydrologie, Toulouse

Denis Lairon, Directeur de recherche émérite INSERM, Cucuron

Francelyne Marano, Professeur émérite en santé environnement, Paris

Nathalie Marcotte, professeur de chimie et environnement, Montpellier

Laurence Maurice, Directrice de recherche en géochimie environnementale, Saint Lys

Manuel Mercier, Chercheur en Neurosciences Cognitives, Marseille

Wendy Millien, Doctorante (impact des pesticides sur le neurodeveloppement et la maladie d’Alzheimer), Montpellier

Sylvie Nony, historienne des sciences, Bordeaux

Anais Oliva, ingénieure qualité de l’air, Toulouse

Sébastien Orazio, PhD Biostatisticien / Chef de projet, Bordeaux

Julie Pannequin, chercheuse en cancérologie (CNRS), Montpellier

Judith Rainhorn, Historienne de la santé, Paris

Patrick Savary ingénieur hydrologie et génie sanitaire, Guichen

Marc-André Selosse, professeur du Muséum National d’Histoire Naturel, Académie d’Agriculture et Institut Universitaire de France, Paris

Laurent Seugnet, Chercheur biologiste, Lyon

Clélia Sirami, Chercheuse en écologie, Toulouse

Arnaud Tête, ingénieur de recherche en toxicologie, Paris

Gaëlle Uzu, Directrice de recherche en géochimie de l’atmosphère, Grenoble

Soignants

Lilian Alix, médecin de santé publique, Rennes

Frédéric Augey, dermatologue, Vienne

Sophie Baricault, dermatologue, membre du groupe Enviderm de la SFD, Bois-Guillaume

Marie-Laure Batard, dermatologue, Strasbourg

Pascale Belloir, pharmacienne retraitée, Beauvallon

Vincent Berot, dermatologue, Paris

Loïc Blanchet-Mazuel, médecin généraliste, Lyon

Florence Boissier, médecin intensiviste réanimatrice, Poitiers

Armelle Boucher, soignante, Guengat

Gilles Boursaly, médecin vasculaire, Besançon

Valerie Boursaly, pharmacienne, Besançon

Françoise Bousson, médecin retraitée, Chapareillan

Bruno Bousson, médecin généraliste, Chapareillan

Christophe Breuilly, neurologue, Quimper

Anne Brignier, médecin Hématologue, Paris

Julien Brunier, médecin microbiologiste, Rennes

Delphine Cabelguenne, pharmacienne, Lyon

Arnauld Cabelguenne, pharmacien. Docteur en Toxicologie et Cancers, Lectoure

Aude Charbonnnier, PH hématologie, Marseille

Bruno Charpiat, pharmacien hospitalier, Lentilly

Corinne Charroin, pharmacienne, Lyon

Marie-Odile Claisse, pharmacien, Paimpol

Michèle de Boynes, médecin généraliste, Villers-Cotterêts

Jean-Francois Deleume, Médecin spécialiste des hôpitaux radiologie, Rennes

François Desruelles, dermatologue, Nice

Julien Dessajan, Praticien hospitalier – Médecine Intensive Réanimation, Paris

Marie Detrait, hématologiste, Vandoeuvre les Nancy

Pauline Dhalluin, médecin néphrologue, Bayonne

Alexandre Duparc, praticien hospitalier en cardiologie, CHU Toulouse, Toulouse

Eric Dupont, médecin spécialiste en médecine interne, Foulayronnes

Erwan Dumontet, médecin biologiste (expert en auto-immunité humaine), Rennes

Lise Durand, pharmacienne hospitalière, Rennes

Marion Fassy-Colombet, médecin, Paris

Claire Favrot-Meunier, pédopsychiatre spécialisée dans les TND, Paris

Sandra Fournier, médecin infectiologue, Paris

Philippe Garms, médecin, Bidart

Lucie Gaillot Durand, médecin pathologiste, Oullins

Alexia Gauneau, médecin, Saint Brieuc

Laurent Gauneau, vétérinaire, Chateaubourg

Amélie Gayraud-Janodet, dermatologue, Soisson

Nicolas Gendron, Hématologiste, Paris

Mathieu Genuini, Pédiatre, Paris

Corinne Guellec, pharmacien formé en santé environnementale, Gordes

Cédric Guillard, médecin urgentiste du sport, Saint Brieuc

Arnault Gruber, médecin, Colomiers

Marie Guirguis, médecin Généraliste, Paris

Hafsah Hachad, Néphrologue, Paris

Claire Hobson, médecin infectiologue, Paris

Leila Houhou, Biologiste, Montpellier

Bertrand Isidor, médecin généticien, Nantes

Chloé Jadoul, Pharmacien hospitalier, Clichy

Emmanuelle Joseph, professionnel de santé engagé dans la santé environnementale, Robion

Bertrand Keruzore, médecin généraliste / paysan, Guengat

Henri Kotobi, médecin – Praticien hospitalier, Neuilly Plaisance

Anne-Marie Ladeveze, médecine généraliste, Nantes

Florence Lachenal, praticien hospitalier hematologie, Bourgoin Jallieu

Florence Lallemant, médecin anesthésiste réanimatrice , secrétaire du CERES, Lille

Sandrine Langlois, médecin, Reims

Claire Laumaillé, dermatologue, Le Havre

Evelyne Laurençon, médecin généraliste, Saint Hilaire Bonneval

Marc Leone, professeur d’anesthésie et de réanimation, Marseille

Philippe Leguet, médecin, Saint Priez en Jarez

Emmanuelle Legroux, médecin, Marly le roi

Helene Levert, praticien hospitalier, Houilles

Lisa Le Guillou, médecin, Rennes

Lipovac, médecin gastro-enterologue, Tinteniac

Judith Louyot, médecin généraliste, Villeneyve d’Ascq

Pascal Maire, docteur ès sciences, Praticien Hospitalier, Lyon

Eva Marchand, Chirurgienne gynécologue, Le Perreux-sur-Marne

Lydia Marié Scemama, médecine gynécologue, Boulogne Billancourt

Nicolas Massart, médecin en médecine intensive réanimation, Saint-Brieuc

Anna-Laure Massip, médecin, Saint Brieuc

Axelle Maurice, médecin, Rennes

Rémy Mazurier, médecin, Strasbourg

Diana Mazurier, néphrologue, Strasbourg

Estelle Michelet, médecin généraliste, Fouesnant

Nathalie Moraud, pharmacienne, La Madeleine

Marion Mottier, professionnelle de santé, Saint Denis

Christine Mourgues, infirimière, Pujols

Tania Pacheff, Nutritionniste, Levallois

Catherine Pannequin, Dermatologue libérale, Doussard

Grégory Pansin, médecin urgentiste, Saint Brieuc

Jeanne Perrin, professeur de médecine et biologie de la reproduction et du développement, Marseille

Patrick Pessaux, professeur de chirurgie viscérale et digestive, Strasbourg

Antoine Petit, médecin, Fontenay-Aux-Roses

Max Piffoux, médecin chercheur, Lyon

Sébastien Ponsonnard, médecin Anesthésiste Réanimateur, Limoges

Anne Riaux, médecin dermatologue, Nantes

Emmanuel Ricard, médecin de santé publique, Eaubonne

Manuel Rodrigues, médecin cancérologue et chercheur, Paris

Caroline Rouxel, médecin, Saint Brieux

Anahita Rouzé, maitre de conférence des universités en médecine intensive-réanimation, Lille

Capucine Sappey, Dr Junior hepato-gastro-enterologie, Besançon

Marine Sarfati, médecin et ex conseillère ministérielle santé au ministère de la Transition Écologique, Paris

Valérie Sautou, professeur des Universités – Praticien Hospitalier en Pharmacie Clinique, CHU Clermont Ferrand

François-Xavier Schelcher, médecin, Fréland

Margot Schmitt, ingénieure hospitalier, Tours

Sandrine Simon, infirmière et spécialiste de santé publique, Drancy

Gérard Socié, médecin, Paris

Nicolas Sophie, médecin pédiatre, Lyon

Alexis Tombette, praticien hospitalier, Ploufragan

Clément Tracol, Neurologue, Rennes

Brendan Travert, pédiatre, Paris

Bernard Turpin, médecin et membre de plusieurs ONG impliquées dans la santé Environnementale, St Pierre d’Albigny

Jeanne Vande Pitte, Sage-femme, Coudekerque-Branche

Juliette Virard, médecin généraliste, saint pierre d’albigny

Marie-pierre wissler, médecin pathologiste, Rillieux La Pape

Dr Eléonore Wormser, médecin généraliste, Paris

Laurent Zieleskiewicz, professeur d’anesthésie réanimation, Président du comité développement durable de la Société Française d’Anesthésie Réanimation, Marseille

Appoline Zimmermann, gynécologue, Marseille

 

Autres signataires

Anouck Barcat, enseignante, Paris

Denis Bariod, Chabanière

Eric Barthier, retraité, Colomiers

Céline Besnard, à titre individuel citoyenne, Saint-Mandé

Benoît Biteau, Paysan, agronome et député écologiste (2è circonscription de Charente-Maritime), Paris

Nicolas Bonnet, Député de la 3ème circonscription du Puy-de-Dôme

Muriel Brasier, Particulière, Gleizé

Johana Bretou-Klein, Salariée médecins du Monde, Paris

Géraldine Brun, Membre actif médecins du monde, Marseille

Henri Busnel, membre d’une association de soutien aux victimes des pesticides, Miniac sous Becherel

Delphine Chauviere, Saint Paul

Denis Chevalerias, Caen

Sébastien Damageux, Bellaing

Florence Decraux, Rillieux

Bertrand Demory, Armentières

Stéphane Dewez, Citoyen particulièrement inquiet pour l’avenir de mes enfants, Plouhinec

Jean-Marc Dussardier, Citoyen, Orlienas

Clément Duvert, Les Lilas

Clément Etienne, Travaileur social, St-Denis

Thierry Gastineau, ex Global Head in regulatory and quality functions at Sanofi vaccines, Charbonnières les Bains

Clémence Gauneau, Rennes

Catherine Geinet, Lyon

Bernard Guignes, Malade reconnu en maladie professionnelle, Montesquieu

Natasha Ikhouane, Étudiante, Paris

Mikael Jalibat, Villeneuve sur Lot

Annie Jacquenod, Massieux

Guylaine Joliff, citoyenne concernée par la pollution de l’environnement, Rennes

Nathalie Lacroix, Citoyenne, Mens

Joël Le Corre, , Saint-Michel-en-Brenne

Gonéri Le Cozannet, Orléans

Susie Legroux, étudiante en agronomie, Montpellier

Aude Lemercier, Evran

Elsa Lorenzin, Étudiante en sciences, Montpellier

Aurélie Lorgeou, Toulon

Nicolas Lucchini, Architecte-urbaniste, Montpellier

Cornelia Mayer

Marie Manicci, Cabanes

Marie-Emmanuelle Manici, Castres

Francelyne Marano, Paris

Jean Claude Miffre, Citoyen engagé, Calce

Marie-Estelle Moalic, Réalisatrice & Citoyenne, Villennes

Marielle Moizan, citoyenne engagée, Paris

Jany Momborgne, Genas

Anne Moraud, Villeneuve-Tolosane

Michel Nicolle, Caen

Edith Oresta, Militante en SE au RES., Neuville-sur-saone

Louis Palluel, étudiant en médecine, Paris

Bernard Petit, citoyen, Gleizé

Maurice Pierron, Savigny

Jean-Claude Raux, Député de Loire-Atlantique, Paris

Johanna Rey, Citoyenne, Marseille

Elisabeth Rivière, Citoyenne engagée et militante, Genay

Sandrine Rollot, Citoyenne, Romainville

Christelle Rouxel, Andel

Patrick Savatier, Adhérent actif au sein du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l’Ouest, Corze

Michel Schluraff, Haute Rivoire

Laure Teulières

Cristina Thevenot, Paris

Aurélie Vervliet, éducatrice sportive, La Madeleine

Edith vial, particulier, Lyon

Joseph Zahiri, Référent Santé, Jouy Le Moutier

La marrante, elle résiste !

Paquet Omnibus VII de la Commission Européenne : scientifiques et professionnels de santé interpellent le premier ministre

Paquet Omnibus VII de la Commission Européenne : scientifiques et professionnels de santé interpellent le premier ministre

Comme lors de l’examen du projet de Loi Duplomb, des scientifiques, des soignants et des soignantes s’alarment dans une lettre ouverte au premier ministre. Sous couvert de simplification de la réglementation européenne concernant les pesticides, nous assistons à une vague de déréglementation et de mise à l’écart des données scientifiques censées fonder les autorisations de mises sur le marché des pesticides (AMM).Nous le redisons avec force : les données scientifiques, médicales et économiques convergent pour justifier au contraire un renforcement du rôle des agences sanitaires, un renforcement des protections contre les effets toxiques avérés des pesticides et, plus largement, un soutien aux alternatives aux pesticides. Malgré une sous-évaluation notoire des effet cocktails ou des effets sub-létaux sur les pollinisateurs, les données s’accumulent pour documenter les effets dramatiques des pesticides sur la biodiversité, l’équilibre des milieux, et sur la santé humaine (cancers, maladies neurodégénératives, atteinte du système reproducteur, contamination intra-utérine…).
Elles nous obligent à tous les efforts pour permettre aux agriculteurs de changer de modèle.Si le projet de la DG Santé de la Commission Européenne était adopté, à savoir la suppression des renouvellements d’autorisations, donc des réévaluations, pour la grande majorité des pesticides, c’est exactement la direction inverse qui serait prise. Cela diminuerait de fait la capacité des agences à encadrer la mise sur le marché des pesticides et à surveiller leurs effets environnementaux et sanitaires. Nous assisterions à un retour plus de 30 années en arrière !Les 2300 scientifiques, soignants et soignantes signataires de cette lettre demandent que le gouvernement français, les parlementaires nationaux et européens mettent tout en œuvre pour s’opposer à cette proposition. Ils doivent aussi renforcer le rôle et l’indépendance de notre agence sanitaire, l’Anses, fragilisée depuis l’adoption de la Loi Duplomb.Etant donnée l’urgence de la situation (le projet de la Commission devant être entériné mi-décembre) nous demandons un RV avec le premier ministre.

Contacts presse :

Laurence HUC, Directrice de recherche INRAE : 06 76 91 59 41
Sylvie NONY, Historienne des sciences, Secrets Toxiques : 06 51 55 96 07
Pierre – Michel PERINAUD, Président d’Alerte médicale sur les pesticides (AMLP) : 06 31 23 66 72 Marc-André SELOSSE, Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle : (+33) 607 12 34 18
Djéné DIANE, attachée de presse / chargée de communication institutionnelle : 06 09 17 35 59

Paquet Omnibus VII de la Commission Européenne

https://www.medecinsdumonde.org/actualite/paquet-omnibus-vii-de-la-commission-europeenne-scientifiques-et-professionnels-de-sante-interpellent-le-premier-ministre/

https://www.franceinfo.fr/monde/europe/union-europeenne/pesticides-plus-de-2-300-medecins-et-scientifiques-interpellent-sebastien-lecornu-sur-la-dereglementation-en-cours-au-niveau-europeen-et-francais_7665592.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/12/08/pres-de-2-300-medecins-soignants-et-scientifiques-interpellent-les-parlementaires-et-le-gouvernement-sur-le-risque-de-deregulation-des-pesticides-en-europe_6656512_3244.html

https://www.ouest-france.fr/environnement/pesticides/pesticides-plus-de-2-300-medecins-et-scientifiques-denoncent-un-projet-de-reglementation-europeen-b1ab50f6-d435-11f0-9e33-11f0fa5dcfce

https://secretstoxiques.fr/2025/12/09/2300-medecins-et-scientifiques-ont-signe-la-tribune-omnibus/

Secrets Toxiques Tour de France dans le Finistère : preogramme

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OMNIBUS VII en quelques mots :

Un des Prétextes : « améliorer la compétitivité des agriculteurs » et « réduire la charge administrative des Etats « 

Un des Moyens : suppression du réexamen systématique de toutes les substances pesticides.

Changements potentiels :
Aujourd’hui, la réglementation prévoit d’accorder des autorisations de mise sur le marché pour une durée limitée en général à dix ou quinze ans et de réévaluer les substances, au bout de cette période d’autorisation, à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques disponibles.

Mais
Avec OMNIBUS VII
Les substances identifiées, « candidates à la substitution » en raison de leur toxicité, ne seraient pas visées par cette modification et devraient donc toujours se plier à un réexamen systématique pour rester sur le marché.
Les autres substances – c’est à dire la majeure partie- seraient dispensées de réévaluation !!!
Et si elles n’avaient pas été ré évaluées, des molécules toxiques comme des organophosphorés, associés au troubles du neuro-
développement, par exemple, ou le chlordécone seraient toujours utilisées et continueraient à empoisonner tout le vivant…

 

 

Loi Duplomb : contribution de 30 sociétés savantes devant le Conseil Constitutionnel

 

Affaire N° 2025-891 DC
CONTRIBUTION EXTERIEURE
SOUMISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
sur la non-conformité à la Constitution de la loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur
Affaire N° 2025-891 DC
Observations de la communauté scientifique et médicale – 26 juillet 2025

Représentés par :
Me Clémentine Baldon,
Avocate au barreau de Paris

De :
La Société Française d’Hématologie, association représentée par Emmanuel Raffoux, Président, et Pierre Sujobert, membre du Conseil d’Administration ;
La Société Française de Pédiatrie, association représentée par Agnès Linglart, Présidente, et Romain Basmaci, Secrétaire Général ;
La Société Française du Cancer, association représentée par Philippe Pourquier, Président ;
La Société Française d’Endocrinologie, association représentée par Gérald Raverot, Président, et Judith Favier, Vice-Présidente ;
La Société Française de Santé Publique, association représentée par Anne Vuillemin, Présidente ;
La Société de Réanimation de Langue Française, association représentée par Muriel Fartoukh, Présidente ;
La Société Nationale Française de Médecine Interne, association représentée par Luc Mouthon, Président, et Pascal Sève, Secrétaire Général ;
L’Association Nationale des Enseignants de Pharmacie Clinique, représentée par Pierrick Bedouch, Président ;
L’Association Neuro-Environnement Réseau Francophone, représentée par Servane Mouton, Présidente ;
– La Société Francophone de Néphrologie, Dialyse et Transplantation, association représentée par Maryvonne Hourmant, Responsable du groupe Néphrologie verte ;
– La Société Française de Pathologie, association représentée par Sophie Prévot, Présidente, et Arnaud Uguen, Secrétaire Général ;
– La Société Française de Pharmacie Clinique, association représentée par Dre Delphine Cabelguenne, Secrétaire Adjointe ;
Alerte des Médecins sur les Pesticides, association représentée par Pierre-Michel Périnaud, Président ;
– Le Groupement d’Intérêt Scientifique sur les Cancers d’Origine Professionnelle et Environnementale dans le Vaucluse (GISCOPE 84), représenté par Martine Le Friant, Présidente ;
La Fondation ARC pour la Recherche sur le Cancer, représentée par Eric Solary, Vice-Président ;
La Fondation pour la Recherche Médicale, représentée par Denis Duverne, Président du Conseil de Surveillance, et Maxime Molina, Président du Directoire ;
La Fondation Vaincre Alzheimer, représentée par Maï Panchal, Directrice Générale ;
L’Intergroupe Francophone du Myélome, association représentée par Hervé Avet-Loiseau, Président, et Aurore Perrot, membre du Conseil d’Administration ;
Ensemble leucémie lymphomes espoir (ELLyE), association représentée par Guy Bouguet, Président ;
L’Association Française des Polyarthritiques et des Rhumatismes Inflammatoires Chroniques (AFPric), représentée par Irène Pico-Philippe, Présidente ;
L’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (AMAVEA), représentée par Emmanuelle Huet-Mignaton, Présidente ;
L’Association Nationale de Défense contre la polyArthrite Rhumatoïde, représentée par Danielle Vacher, Présidente ;
Le Collectif Triplettes Roses, association représentée par Claude Coutier, Présidente et cofondatrice ;
Cancer Contribution, association représentée par Gilbert Lenoir, Président ;
LMC FRANCE, association représentée par Mina Daban, Présidente ;
Le Syndicat National des Pharmaciens des Etablissements de Santé (Synprefh), représenté par Dr Cyril Boronad, Président, et Pr. Valérie Sautou, membre du Conseil d’Administration et du Conseil Scientifique ;
Le Collectif d’EcoResponsabilité en Santé, association représentée par Patrick Pessaux, Président ;
L’Association Universitaire de Génie Civil, représentée par Tariq Ouahbi, Président ;
La Société Francophone d’Économie Écologique, association représentée par Sandrine Allain et Tom Bauler, co-Présidents ;
La Société Française de Thrombose et d’Hémostase, association représentée par Chloé James, Présidente ;
L’Association Vivre sans Thyroïde, représentée par Beate Bartès, Présidente et fondatrice,
Le collectif Droit à Respirer, association représentée par Chantal Raherison-Semjen, Présidente ;
L’Association Sparadrap, représenté par Dr Jean-Louis Chabernaud, Président ;
Le Pr. Gérard Socié, Président du Conseil Scientifique de l’Institut National du Cancer

Contribution devant le Conseil Constitutionnel :
sociétés savantes : contribution

INTERPELLATION du CONSEIL CONSTITUTIONNEL

 

Réponse du Conseil Constitutionnel : 7 août

Lien pour signer la pétition

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/3014

La marrante, elle résiste !

 

Tribune des restaurateurs contre la loi duplomb

Loi Duplomb : « Nous, restaurateurs, faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner »

Plus de 400 chefs cuisiniers et acteurs de la restauration, dont Chloé Charles, Mauro Colagreco et Olivier Roellinger, appellent, dans une tribune au « Monde », au retrait de cette loi controversée, à l’instauration d’un moratoire sur l’usage des pesticides et à une transformation profonde du système alimentaire français.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/24/loi-duplomb-nous-restaurateurs-faisons-ce-metier-pour-nourrir-pas-pour-empoisonner_6623329_3232.html

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/nourrir-pas-empoisonner-400-chefs-et-acteurs-de-la-restauration-signent-une-tribune-contre-la-loi-duplomb-6490311

Parmi les signataires, des chefs étoilés comme Mauro Colagreco, Olivier Roellinger, mais aussi des responsables de cantines, des propriétaires de bistrots ou des collectifs de restaurateurs-paysans. « Nous faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner« , écrivent-ils. « Nous avons bien conscience des difficultés que rencontrent les producteurs français au quotidien« , nuance le texte, qui reconnaît des agriculteurs « tiraillés par la rentabilité de leur métier et les demandes citoyennes croissantes à sortir du productivisme« .

« À un moment, il faut taper du poing sur la table », estime Glenn Viel

Un sursaut encore timide mais rare, dans un milieu qui met en avant la qualité des produits et les circuits courts mais peu prompt à se mobiliser, comme lors de la crise des agriculteurs, en 2024. Les chefs « sont des personnes qui ne prennent pas souvent la parole mais l’alimentation, c’est leur quotidien« , explique Fanny Giansetto, fondatrice d’Ecotable.

Parmi eux, Glen Viel, 45 ans, chef trois étoiles et jury de l’émission « Top Chef« . « Je ne comprends pas (cette loi)« , affirme-t-il à l’AFP, dénonçant « les pesticides qui polluent notre terre » alors que « l’alimentation a une grande part (de responsabilité) dans les cancers« . « On a la capacité de mettre des milliards dans la défense de notre pays. Et c’est normal« , poursuit-il. « Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver un milliard ou deux pour nos agriculteurs, pour les aider à faire cette transition (écologique) ? » « Nous les restaurateurs, on est plutôt des besogneux, on ferme notre gueule et on avance. Mais à un moment, il faut taper du poing sur la table », estime Glenn Viel.

Pour Marie-Victorine Manoa, jeune cheffe trentenaire, autrice et chroniqueuse dans l’émission « Très très bon! », cette loi a été un « coup de massue« . « Cuisiner des produits médicamentés et stériles n’excite personne« , grince celle qui appelle à la « rébellion générale« . La loi Duplomb prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes – interdit en France mais autorisé en Europe.

Le coup de gueule de Jacques Marcon

La prise de parole de Jacques Marcon a été le point de départ de cette mobilisation. Début juillet, le chef trois étoiles a publié sur Instagram une photo d’un pré d’herbes sauvages du Mont Mézenc (Haute-Loire), accompagnée d’un texte cinglant, adressé au sénateur Laurent Duplomb, rapporteur de la loi éponyme. « Avec cette loi, vous vous êtes érigé en porte-parole de l’industrie agroalimentaire qui privilégie une agriculture intensive et néfaste pour les générations futures« , a écrit le chef. Un texte largement partagé, notamment par des restaurateurs, sur les réseaux sociaux.

Nous, restaurateurs, avons choisi le métier de restaurateur par amour pour la gastronomie, par passion pour les produits, mais surtout parce que nous voulons nourrir, « restaurer » nos clients. Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est que nous sommes estomaqués par l’aveuglement de nos politiques et par les liens, devenus trop évidents, de ces derniers avec l’agro-industrie. En tant qu’artisans, nous avons à cœur de valoriser un travail manuel, ancré dans notre territoire et notre environnement. Et cet environnement, nous le voyons se dégrader.

Aujourd’hui, nous sommes inquiets. Inquiets de l’avenir de notre alimentation qui subit de plein fouet la crise climatique et la perte de la biodiversité. Inquiets de la hausse effrayante des cancers. Inquiets de la qualité des produits que nous servons, qui ne semble que se détériorer, ces derniers contenant toujours plus de résidus de pesticides. Même l’eau que nous apportons à table, qu’elle soit minérale ou du robinet, est touchée par ce problème. Nous faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner.

En tant que partenaires directs, nous avons bien conscience des difficultés que rencontrent les producteurs français au quotidien. Beaucoup sont enfermés dans un système à bout de souffle, qui leur demande de produire toujours plus et à bas prix. Ils sont tiraillés entre la nécessité de rentabilité et les demandes citoyennes croissantes à sortir du productivisme.

Une insulte à tous

Mais la loi Duplomb, adoptée le 8 juillet par le Parlement, ne vient résoudre aucune de ces problématiques. Au contraire, elle ferme les yeux sur les vraies difficultés, à savoir la rémunération des producteurs, le libre-échange et la mise en concurrence des denrées alimentaires. Elle les enferme dans un système intrinsèquement délétère en continuant de promouvoir des modes de production inaptes à répondre aux enjeux vitaux de notre temps.

Près de 70 % des terres sont aujourd’hui dégradées en Europe [selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en date de 2021]. Notre système alimentaire coûte 19 milliards par an à la France en externalités négatives [selon l’étude collective « L’injuste prix de notre alimentation » publiée en 2024]. La loi dite « Duplomb » est une insulte aux scientifiques, une insulte aux agriculteurs qui se passent des pesticides tous les jours, une

Lettre ouverte co signée par 1279 médecins et chercheurs adressée aux ministres de la Santé, Agriculture et Environnement

Secrets Toxiques

Lettre ouverte à Mesdames et messieurs les ministres de la Santé, de l’Agriculture, du Travail et de l’Environnement

Dans le cadre du débat parlementaire autour du projet de loi du sénateur L. Duplomb, médecins et scientifiques adressent une lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les ministres de la Santé, de l’Agriculture, du Travail et de l’Environnement, ministres de tutelle de l’ANSES. Cette proposition de loi sera soumise au vote de l’Assemblée nationale à la fin du mois de mai. Nous vous prions de la signer au plus vite et avant le 4 mai.

Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Ministres de la Santé, de l’Agriculture, du Travail et de l’Environnement.

Paris le 14 avril 2025

Mesdames et Messieurs les Ministres,

L’impact des pesticides sur le vivant n’est plus à démontrer

 

Deux expertises collectives, celle de l’INSERM en 2021 et celle de l’INRAE en 2022 ont permis d’établir des faits scientifiques incontestables : la contamination par les pesticides de tous les milieux et du biote qui y vit est généralisée et tous les niveaux d’organisation biologique sont impactés (expertise complémentaire INRAE-IFREMER). La liste des pathologies en lien avec l’exposition professionnelle aux pesticides ne cesse de s’allonger, tout comme celle des pathologies impactant la population générale, en particulier par la contamination lors de fenêtres de vulnérabilité comme la grossesse.

Comment cette situation alarmante peut-elle perdurer alors que la mise sur le marché des pesticides est régie par le règlement européen 1107/2009 ? Celui-ci prévoit que, conformément à des lignes directrices établies au niveau international, les industriels doivent fournir les données toxicologiques à partir desquelles les agences – l’EFSA pour ce qui est des substances actives, l’ANSES en France pour ce qui est des formulations complètes – produisent leurs avis.

Nous pensons que certains dysfonctionnements flagrants ne sont pas pris en compte :

        * les agences sont dépendantes des données fournies par les industriels sans pouvoir réaliser de contre-expertise ;

        * les lignes directrices évoquées plus haut n’explorent pas tous les risques potentiels des pesticides comme on le voit chaque fois que la recherche universitaire entre en dissonance avec ces avis réglementaires (par exemple pour les perturbateurs endocriniens) ;

        * la littérature scientifique internationale, indépendante et évaluée par des pairs, que le règlement européen a prévu de prendre en compte pour pallier ces écueils, est trop souvent marginalisée dans les dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ;

        * l’évaluation de la toxicité chronique des formulations commerciales et de leur potentialisation par effet cocktail n’est pas réalisée. Ce sont pourtant ces formulations qui sont épandues dans l’environnement, et non les substances actives seules dont les dangers sont évalués isolément.

Ce sont là des problèmes majeurs sur lesquels nous attendons une parole forte des responsables politiques afin de redonner à l’expertise réglementaire les moyens d’exercer le mandat qui lui a été confié. Lorsque la réglementation est insuffisante ou n’est pas respectée, c’est au détriment de la santé des écosystèmes, des agriculteurs et de la population en général, avec en outre des coûts majeurs pour le système de santé.

Le rôle de l’ANSES dans cette expertise est décisif car sa mission officielle est bien de délivrer et retirer les AMM des médicaments vétérinaires, des pesticides, des matières fertilisantes et des biocides en France. Pour ce faire, elle doit avoir les moyens d’évaluer leur efficacité, les dangers et les risques qu’ils représentent pour la santé humaine et la biodiversité.

Nous refusons la mise sous tutelle de la science

 

Au contraire, nous assistons avec la proposition de loi Duplomb et le projet de décret qui lui est assorti, à une remise en cause de la place de l’expertise scientifique dans le processus d’AMM à travers un affaiblissement du rôle de l’ANSES. Depuis 2015, ce n’est plus au ministère de l’agriculture mais à l’agence qu’il revient de piloter ce processus dans un cadre scientifique et déontologique contraint.

Or la création annoncée d’un « conseil d’orientation pour la protection des cultures » qui aviserait le ministre chargé de l’agriculture des usages qu’il considère prioritaires, c’est à dire ceux pour lesquels il estimerait que les alternatives sont inexistantes ou insuffisantes serait un recul pour la santé publique. Les priorisations faites par ce conseil composé d’industriels et de syndicats agricoles s’imposeraient à la direction de l’agence au mépris des exigences sanitaires. Le cadre déontologique ainsi corrompu, les règles de transparence et d’indépendance vis à vis des intérêts privés le seraient tout autant.

Par ailleurs, la ré-autorisation de certains néonicotinoïdes, ces insecticides “tueurs d’abeilles” interdits en France depuis 2016, ainsi que des substances ayant un mode d’action similaire inquiète aussi bien le monde de la santé que celui des apiculteurs. Le retrait de l’autorisation s’est fondé, à  l’époque, sur des avis scientifiques, notamment de la Task Force on Systemic Pesticides qui a passé en revue plus de 1000 articles scientifiques pointant les effets dévastateurs de ces pesticides sur la santé humaine et l’environnement.

La proposition de loi Duplomb envisage ainsi de « réautoriser aux agriculteurs français l’accès à trois molécules néonicotinoïdes : l’acétamipride et deux autres matières actives, la flupyradifurone (1) et le sulfoxaflor, déjà autorisées et utilisées partout ailleurs en Europe ». Or l’EFSA et l’Anses alertent, notamment, sur leur dangerosité pour l’entomofaune pollinisatrice (2) (3). Des points sur lesquels la littérature scientifique ne cesse de s’accumuler (4).

Cet exemple nous permet de rappeler l’importance du principe de précaution (qui figure dans le préambule de la Constitution via la Charte de l’environnement). C’est ce principe qui en 2016 avait permis d’écarter cette famille d’insecticides, en raison du niveau de preuve scientifique élevé de leur toxicité sur les pollinisateurs. Doit-on rappeler que les données convergent pour affirmer que 70 % de la biomasse des insectes a disparu en une trentaine d’années ? Les agriculteurs doivent bénéficier d’un soutien financier pour changer leurs pratiques dans le sens de l’agroécologie. Reporter ces mesures ne rendra la transition que plus douloureuse.

La proposition de loi Duplomb aggraverait la situation

Cette proposition de loi contient de nombreuses mesures qui vont renforcer la dépendance des agriculteurs aux pesticides chimiques de synthèse, sans pour autant répondre à leur demande de rémunération juste. Or cette dépendance pose déjà d’énormes problèmes de santé humaine et de dégradation de l’environnement.

Agriculteurs, riverains, citoyens ne veulent plus servir de cobayes à l’évaluation de l’effet cocktail de toutes ces substances disséminées dans l’environnement, et que l’on retrouve dans l’eau du robinet, les eaux minérales, et nos aliments.

Cet effet cocktail doit être sérieusement quantifié en constituant une base de données précises sur les produits utilisés à la parcelle – dose et temporalité – afin de permettre à la recherche de percevoir les signaux faibles qui préludent aux catastrophes sanitaires en croisant ces données avec celles de santé.

Le 28 février 2025, la Cour administrative d’appel de Marseille a annulé les AMM des insecticides néonicotinoïdes Closer et Transform de la multinationale Corteva Agrisciences. Cette décision, obtenue par l’UNAF, Générations Futures et Agir pour l’Environnement remet en cause la méthodologie d’évaluation de l’ANSES, jugée non conforme aux exigences européennes. La cour a statué que « le ministre chargé de l’agriculture ne peut autoriser la mise sur le marché d’un produit phytopharmaceutique … qu’après que l’instruction de la demande d’autorisation a établi l’innocuité, l’efficacité et la sélectivité du produit. L’interaction entre la substance active, les phytoprotecteurs, les synergistes et les coformulants doit être également prise en compte lors de l’évaluation des produits phytopharmaceutiques ».

Mesdames, messieurs les ministres,

Nous nous opposons à la création d’un Conseil d’orientation agricole qui dessaisirait l’ANSES d’une partie du contrôle scientifique et de la responsabilité assortie. Qui alors, endosserait la responsabilité pénale en cas d’accident sanitaire ou environnemental ? Vous ?

Nous attendons des réponses aux questions suivantes :

        * allez-vous enfin garantir une véritable médecine préventive ainsi qu’un suivi effectif en santé au travail pour l’ensemble des travailleurs agricoles y compris les travailleurs précaires ?

        * quand rendrez-vous automatique la communication en temps réel des produits épandus à la parcelle vers une base de données accessible aux chercheurs ?

        * comment allez-vous faire respecter la nécessaire prise en compte des études réalisées par les équipes universitaires indépendantes en complément des tests d’évaluation réglementaire des industriels ?

        * quand la France exigera-t-elle que l’étude de la toxicité chronique des formulations complètes de chaque produit et de leur effet cocktail soit systématiquement réalisée avant autorisation de mise sur le marché, comme le prévoit le règlement 1107/2009  ?

(1) La structure de la flupyradifurone est proche de celle de l’imidaclopride (N- nitroguanidine) avec lequel il partage également un métabolite commun (6-chloro-nicotine).

(2) EFSA, 2024. Statement on the toxicological properties and maximum residue levels of acetamiprid and its metabolites. EFSA Journal. DOI: 10.2903/j.efsa.2024.8759

(3) http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2022.7031/full

(4) Pour quelques travaux récents, voir : Azpiazu, C., Bosch, J., Bortolotti, L. et al., 2021. Toxicity of the insecticide sulfoxaflor alone and in combination with the fungicide fluxapyroxad in three bee species. Sci Rep 11, 6821 ; Catania et al., 2024. Insecticidesused for controlling cotton mealybug pose a threat to non-target bumble bees, Chemosphere, Volume 368, 143742; Kline et al., 2025. Toxicity responses of different bee species to flupyradifurone and sulfoxaflor insecticides reveal species and sex-based variations, Science of The Total Environment, Volume 964, 178264.

Premiers signataires :

Pr. ANNESI-MAESANO Isabella, Dr1 INSERM, épidémiologiste ; BONMATIN Jean-Marc, Chercheur CNRS ; BORTOLI Sylvie, Chercheuse en toxicologie ; CHATEAURAYNAUD Francis, sociologue, directeur d’études à l’EHESS ; COUMOUL Xavier, Professeur des universités – Toxicologie et Biochimie – Directeur Unité Inserm HealthFex ; CORTY Jean-François, Président de Médecins du Monde ; Dr. COSTA Brigitte, oncologue médical ; DI CRISTOFARO Julie, Docteur, Chercheur ; Dr. FELTZ Alexandre, Adjoint à la santé de Strasbourg ; GRAU Daniel, Docteur en Mathématiques Appliquées ; HUC Laurence, directrice de recherche INRAE ; LAIRON Denis, Directeur de recherche émérite Inserm, C2VN, Marseille ; MARANO Francelyne, Professeure émérite université Paris Cité ; NONY Sylvie, Historienne des Sciences, Vice-Présidente d’Alerte Pesticides Haute-Gironde ; PERINAUD Pierre-Michel, Médecin généraliste, Président d’Alerte des médecins sur les pesticides ; PRETE Giovanni, Enseignant-chercheur ; SANTOLINI Jerôme, Directeur de Recherche ; SELOSSE Marc-André, Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Institut Universitaire ; SUJOBERT Pierre, Professeur d’hématologie ; Pr. SULTAN Charles, Président du Conseil scientifique de Générations Futures, ex co-directeur du diplôme national « environnement et santé » ; VAILLANT Pascal, Maître de conférences à l’Université Paris Nord ; VELOT Christian, Dr. généticien moléculaire, Université Paris-Saclay ; VOLAIRE Florence, Chercheuse INRAE en écologie

Liste-complete-des-signataires

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Retrouvez la tribune sur le site de Médecins du Monde

https://www.medecinsdumonde.org/tribune/lettre-ouverte-limpact-des-pesticides-nest-plus-a-prouver/

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250506-Revue de presse Lettre ouverte scientifiques.

Le Monde

Pesticides : « Les agriculteurs, les riverains et les citoyens ne veulent plus servir de cobayes », alertent 1 200 médecins et scientifiques

Dans une lettre ouverte aux ministres de l’agriculture, de la santé et de l’environnement rendue publique lundi 5 mai, des centaines de médecins et de scientifiques s’opposent aux dispositions de la proposition de loi du sénateur républicain Laurent Duplomb.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/05/05/pesticides-les-agriculteurs-les-riverains-et-les-citoyens-ne-veulent-plus-servir-de-cobayes-alertent-1-200-medecins-et-scientifiques_6603228_3244.html

Réintroduire des produits « tueurs d’abeilles » interdits, placer le « gendarme » des pesticides sous la houlette des filières agricoles, maintenir l’évaluation des molécules sous la coupe de leurs fabricants, écarter la littérature scientifique de l’analyse des risques… Dans une lettre ouverte rendue publique lundi 5 mai, plus de 1 200 médecins et scientifiques alertent les ministres de l’agriculture, de la santé et de l’environnement sur les failles du système d’homologation de ces produits, qui font de la population des « cobayes », écrivent les signataires.

Parmi eux, plusieurs centaines de médecins, mais aussi de nombreux membres des communautés scientifiques impliquées (toxicologie, écotoxicologie, agronomie, etc.) issus des universités et des organismes de recherche publics (Centre national de la recherche scientifique, CNRS ; Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, Inrae ; Institut de recherche pour le développement ; Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Les signataires demandent le renforcement de l’expertise réglementaire et s’opposent aux dispositions de la proposition de loi du sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb (Les Républicains), qui doit être examinée par les députés avant la fin du mois de mai. « Cette proposition de loi contient de nombreuses mesures qui vont renforcer la dépendance des agriculteurs aux pesticides chimiques de synthèse, sans pour autant répondre à leur demande de rémunération juste, dénoncent les signataires. Or, cette dépendance pose déjà d’énormes problèmes de santé humaine et de dégradation de l’environnement. »

« Faits scientifiques incontestables »

Portée par plusieurs organisations de médecins (Médecins du monde, Alerte des médecins sur les pesticides), la lettre met en avant les données déjà acquises sur les effets sanitaires et environnementaux de ces intrants. « La liste des pathologies en lien avec l’exposition professionnelle aux pesticides ne cesse de s’allonger, tout comme celle des pathologies impactant la population générale, en particulier par la contamination lors de fenêtres de vulnérabilité comme la grossesse, ajoutent les signataires. Deux expertises collectives, celle de l’Inserm [Institut national de la santé et de la recherche médicale], en 2021, et celle de l’Inrae, en 2022, ont permis d’établir des faits scientifiques incontestables, écrivent les signataires. La contamination par les pesticides de tous les milieux et du biote [faune et flore] qui y vit est généralisée et tous les niveaux d’organisation biologique sont impactés. »

Les signataires rappellent que l’évaluation des risques de ces substances demeure « dépendante des données fournies par les industriels » ; que les tests réglementaires « n’explorent pas tous les risques potentiels » comme, par exemple, les propriétés de perturbation endocrinienne ; que la littérature scientifique « est trop souvent marginalisée » dans les procédures d’homologation.

Enfin, ils soulignent que les risques liés à l’exposition chronique des produits réellement utilisés sur les parcelles et les effets potentiels des mélanges (« effet cocktail ») ne sont pas évalués avant autorisation de mise sur le marché. « Agriculteurs, riverains, citoyens ne veulent plus servir de cobayes à l’évaluation de “l’effet cocktail” de toutes ces substances disséminées dans l’environnement, et que l’on retrouve dans l’eau du robinet, les eaux minérales, et nos aliments », plaident-ils.

Le retour de trois néonicotinoïdes interdits

Ceux-ci s’en prennent aussi à la proposition de loi Duplomb, qui prévoit notamment la création d’un « conseil d’orientation pour la protection des cultures », composé de représentants des filières agricoles et de l’industrie des pesticides, qui superviserait l’agenda de travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Cela reviendrait, selon les 1 200 chercheurs et médecins signataires, « à une remise en cause de la place de l’expertise à travers un affaiblissement du rôle de l’Anses ». Auditionné à l’Assemblée nationale le 25 mars, le directeur général de l’Anses, Benoît Vallet, avait déclaré qu’une telle mise sous tutelle de l’agence reviendrait à une forme de rupture de contrat. « Pour moi, il n’y aurait plus la possibilité de rester directeur général de l’agence », avait-il précisé.

« La loi Duplomb sacrifie la santé et en premier lieu celle des agriculteurs au profit de l’industrie agrochimique, et constitue une grave remise en cause de l’indépendance de la science, comme on le voit aux Etats-Unis », estime Marc Billaud, chercheur au CNRS, signataire du courrier aux ministres et coauteur – avec le professeur d’hématologie aux Hospices civils de Lyon et à l’université Lyon-I Pierre Sujobert – d’un article dénonçant les manœuvres d’occultation des liens entre pesticides et cancers du sang, dans la prochaine édition de la Revue de biologie médicale.

Autre point de crispation : le retour de trois néonicotinoïdes ou apparentés, interdits au terme de plus d’un millier d’études publiées dans littérature scientifique, expliquent les signataires, pour les risques qu’ils font peser sur les abeilles et les insectes pollinisateurs. Ces dernières semaines, des rassemblements d’apiculteurs protestant contre un tel retour se sont tenus en France. La ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s’est prononcée contre cette mesure. Le gouvernement a une position réservée. Contactés, les autres ministres destinataires du courrier n’étaient pas, lundi 5 mai au soir, en mesure de réagir.

Stéphane Foucart

 

L’Humanité

 

« Un recul pour la santé publique » : 1 300 médecins et scientifiques dénoncent la réintroduction de pesticides interdits

1 279 chercheurs, médecins, soignants publient ce lundi 5 mai une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent la proposition de loi Duplomb. Débattu cette semaine en commission à l’Assemblée nationale, le texte prévoit notamment de réintroduire des pesticides interdits, dont des néonicotinoïdes.

Plus d’un millier de chercheurs et scientifiques alertent sur les dangers de la proposition de loi Duplomb, qui doit être soumise au vote de l’Assemblée nationale fin mai 2025. Ils publient ce lundi 5 mai une lettre ouverte aux ministères de la Santé, de l’Agriculture, du Travail et de l’Environnement, les quatre tutelles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), dans laquelle ils alertent sur les risques majeurs que ce texte ferait peser sur la santé publique, l’environnement et l’indépendance de l’expertise scientifique.

Initiée par Médecins du Monde et le collectif Alertes des médecins sur les pesticides, cette lettre est publiée à la veille de l’examen du texte par les députés en commission du développement durable. Les signataires – parmi lesquels le biologiste du muséum d’histoire naturelle Marc André Selosse et le président de Médecins du Monde Jean-François Corty – pointent les effets néfastes des pesticides interdits sur la santé, et redoutent en particulier la « ré-autorisation de certains néonicotinoïdes, ces insecticides “tueurs d’abeilles” interdits en France depuis 2016 », qui inquiètent à la fois les professionnels de santé et les apiculteurs.

L’Anses remise en cause, son président menace de démissionner

Autre motif d’alerte pour les signataires : la création d’un « comité d’orientation pour la protection des cultures », inscrit dans la proposition de loi. « Nous nous opposons à la création d’un Conseil d’orientation agricole qui dessaisirait l’Anses d’une partie du contrôle scientifique et de la responsabilité assortie », dénoncent-ils.

Ce nouveau conseil aurait la possibilité d’identifier les pesticides jugés essentiels, ceux pour lesquels il est estimé qu’il n’y a pas d’alternative. Dans ce cas, le ministère de l’Agriculture pourrait passer outre l’avis de l’Anses, pourtant chargée jusqu’ici d’évaluer les dangers des pesticides et de délivrer les autorisations.

Pour le millier de chercheurs et scientifiques, la création de ce « conseil » serait « un recul pour la santé publique » s’il venait à imposer l’autorisation de pesticides « sans considération suffisante pour les risques sanitaires et environnementaux ». Avant d’exhorter les ministres à « garantir l’indépendance de l’Anses et de son expertise scientifique face aux pressions économiques et politiques. »

Le directeur général de l’Anses, Benoît Vallet, avait menacé lors de son audition à l’Assemblée le 25 mars de démissionner en cas d’adoption de la loi Duplomb. Après son examen en commission, la proposition de loi doit être débattue en séance à la fin du mois de mai par les députés.

Clara Gazel

 

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Tribune collective : Agriculture bretonne : En finir avec l’omerta

Réponse collective à Daniel Cueff, vice-président de la région Bretagne

La publication du livre « Silence dans les champs » de Nicolas Legendre fait réagir des élus de la région Bretagne. La tribune du 25 avril de Monsieur Daniel Cueff, 13eme Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne, montre, à elle seule l’importance de ce livre pour l’avenir de l’agriculture et de la ruralité bretonne.

Réduire, comme le fait Monsieur Cueff, la politique de la région à « contempler la réalité quand elle est belle », est en soi un aveu de soumission au régime d’omerta abordé dans ce livre. Qu’il y ait en Bretagne, dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation, des initiatives remarquables, c’est un fait, et une fierté . Encore faudrait-il que leurs promoteurs soient réellement soutenus, puissent se loger dans des conditions décentes, dégager un revenu décent de leur engagement pour l’intérêt général et n’en soient pas réduits à se précariser pour bien faire leur travail faute d’accès au capital. C’est un positionnement politique effectif que ces acteurs attendent, et pas seulement une reconnaissance médiatique.

Encore faudrait-il que les élus de la Région soient au côté de la filière bio, paysans maraîchers et éleveurs pour exiger du gouvernement des aides réellement significatives. Se contenter de « contempler la réalité quand elle est belle », c’est renoncer à l’engagement politique et fuir ses responsabilités d’élu, alors que dans le même temps la fuite en avant agro-industrielle est menée tambour battant par le Ministre de l’Agriculture. C’est comme disait un ancien président « regarder ailleurs, quand la maison brûle ».

Il doit y avoir un débat public sérieux sur l’agriculture en Bretagne. Ce débat est nécessaire étant donné les enjeux sanitaires, écologiques, sociaux, et ruraux : et il doit engager tous les habitants en Bretagne, et non uniquement les tenants d’une ligne corporatiste, qui servent la soupe aux intérêts financiers.

Mais le préalable au débat c’est avant tout de rétablir l’État de droit en Bretagne, pour que la parole se libère, pour qu’aucun agriculteur n’ait que le suicide pour exprimer sa détresse, pour qu’aucun journaliste ne se sente menacé dans son travail d’enquête, pour que les agents de l’État puissent exercer leurs missions de contrôle sans pression ni menaces, pour qu’aucun responsable associatif ne soit inquiété, pour que chacun puisse vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé, pour que les droits syndicaux soient respectés partout. Et pour que la cellule Cellule Déméter de la Gendarmerie soit dissoute et que chaque habitant de Bretagne puisse bénéficier de la même protection. Compte tenu de la gravité des enjeux, la restauration de l’État de droit est une priorité absolue. Il relève de la responsabilité du Conseil régional de se positionner en ce sens vis-à-vis du gouvernement. Nous attendons des actes engagés et déterminés.

Le 9 mai 2023

Minga, Bretagne Contre Les Fermes-Usines, Pisseurs.sseuses Involontaires de Glyphosate BZH, Les faucheuses et faucheurs Volontaires d’OGM de Bretagne, Solidaires Finistère – 29, l’Alliance des tables libres et vivantes, Fédération Syndicale Unitaire du Finistère (FSU 29)

https://blogs.mediapart.fr/minga-faire-ensemble/blog/120523/agriculture-bretonne-en-finir-avec-l-omerta