À l’issue de l’adoption de la loi d’urgence agricole, notre Collectif dénonce un texte profondément déconnecté des réalités du terrain et des enjeux les plus graves. Derrière l’affichage de l’urgence, cette loi acte en réalité un renoncement politique majeur qui laissera des traces.
Rien dans ce texte ne répond à la crise des revenus agricoles : rien pour garantir des prix justes, rien pour améliorer concrètement les conditions de vie et de travail des agriculteurs. Les attentes les plus élémentaires sont ignorées.
Pire, ce texte organise des reculs inacceptables. La réintroduction de pesticides aux effets largement établis sur la santé et l’environnement constitue une faute grave. De même, les dispositions favorisant l’accaparement de la ressource en eau traduisent une vision à courte vue, au mépris de l’intérêt général.
En tournant le dos aux alertes scientifiques, aux questionnements des citoyens et aux dynamiques de transition déjà engagées par de nombreux agriculteurs, cette loi enferme le monde agricole dans des impasses. Elle prolonge un modèle à bout de souffle au lieu de préparer l’avenir.
Ce choix n’est pas neutre : il engage une responsabilité politique claire. En validant ce texte, la majorité des parlementaires a fait le choix de sacrifier une agriculture durable, juste et résiliente pour l’ensemble du vivant au profit d’intérêts de court terme.
Les 4 Faucheuses et Faucheurs d’OGM-NTG de Bretagne n’ont pas déféré,
ce vendredi 20 mars 2026, où Vous les aviez convoqué-es le 19 janvier 2026 au Tribunal Judiciaire de Lorient afin d’y recevoir un
Avertissement Pénal Probatoire :
c’est à dire un petit sermon de Votre Déléguée du Procureur de La République : 15 minutes chacun-e *4, suivies sans aucun doute, d’un acte de contrition + 3 pater et 2 ave + 2 chèques (250+750€ = 1 000€ * 4 = 4 000€)
Vous plaisantez! Monsieur le Vice-Procureur!
Les faits :
rappel de nos actions / pesticides de 2016, 2023 et 2025 )
rappel des objectifs de ces actions
rappel de quelques jugements : Cour d’Appel de Paris, Cour de Justice de l’Union Européenne, … qui demandent à l’Etat français de procéder à une évaluation de la toxicité des produits
Convocations multiples + propositions de rappels à la loi et harcèlement des militants : convocations pour recevoir un bout de papier, 200 km pour recevoir un bout de papier …, convocations par sms, réception des FV OGM Bzh dans l’entrée du commissariat, demande de chèques par téléphone sans aucune forme de procès … ce qui est NOUVEAU!
Vous vous moquez! Monsieur Le Vice-Procureur!
Vous nous poursuivez, Monsieur Le Vice-Procureur, pour 2 “délits”:
1_ dégradations en réunion ( Association de malfaiteurs) au préjudice des enseignes Jardiland et Leclerc Lanester ( pour info: notre 3ème cible était Gamm Vert Lanester! mais la PJ est intervenue trop tôt… avant que nous quittions Jardiland)
2_ refus de nous soumettre à des relevés signalétiques ( empreintes digitales, palmaires ou photographies, et pourquoi pas ADN ?)
Et tout ceci parce que nous dénonçons encore et encore des produits toxiques en vente libre dans les magasins depuis 10 ans,
_ dont l’étiquetage ne mentionne non seulement pas la dangerosité, la toxicité (neurotoxiques, cancérigènes, reprotoxiques)
_ dont l’étiquetage vise à faire croire que ce sont des produits “verts”, respectueux de l’environnement
et que nous réitérons notre demande que ces produits soient retirés des rayons car ils contiennent des métaux lourds, As, Pb, … et des molécules HAP cancérigènes exp : Benzo[A] pyrène …
S’il Vous faut juger ou condamner quelques un-es, Monsieur Le Vice Procureur,
Ce sont bien les fabricants de ces produits, ceux qui les distribuent et les commercialisent en cachant leur toxicité et pas NOUS!
Nous aimerions que la justice mette autant de zèle à poursuivre la FNSEA-JA, la Coordination Rurale et qu’ils reçoivent aussi des petits sermons, et des demandes de petits chèques, pour les millions d’€ de dégâts; de détérioration de biens / voies publiques qu’ils laissent à la charge des collectivités, et donc de nos porte-monnaies lors de chacune de leurs manifs.
Nous avons conduit cette action en état de nécessité, dans l’intérêt général et pour protéger la population. Nous ne repartirons pas après avoir écouté un sermon, fait 2 Pater, 3 Ave et laissé 4* 2 chèques pour 4000 €, parce que Votre Parquet persévère à ne rien FAIRE concernant le fond de l’AFFAIRE!
Le second motif , à notre non-représentation, vous a été communiqué hier jeudi 19 mars, par notre avocat, Me Jérôme BOUQUET-ELKAIM:
“Sur 11 personnes impliquées dans l’action qui a justifié ces poursuites, seules 4 ont été convoquées. Cette convocation n’a donc aucun sens que ce soit en termes de conception de la fonction sociale des poursuites ou en termes de politique de prévention pénale, et cela encore moins s’agissant d’un avertissement pénal probatoire ne concernant que 4 personnes sur 11.”
Et, enfin, selon Nous FV Bzh, la Politique de Votre Parquet n’est-elle pas, dans ses développements avérés ( sur ordre du Parquet Général? du Garde des Sceaux?), autre chose que d’INVISIBILISER le problème: poursuites mineures contre problèmes MAJEURS que vous ne savez ou ne voulez pas traiter.
Plusieurs de nos actions antérieures en Bretagne, concernant les importations de soja OGM en Bzh, en l’occurence à Brest, Lorient et Montoir de Bretagne, n’ont jamais donné lieu à un tel acharnement!
Fachet eo!Ar Falc’herien ha Falc’herezed OGK-TNG Bzh:
Aotrou Bez-Prokulor Lezvarn an Oriant,
Ar 4 Falc’her ha Falc’herezed OGK_TNG Bzh, ho poa galvet da zont, hiriv digwener, d’an 20 a viz Meurzh 2026, dirak Lezvarn An Oriant,
n’int ket deuet
da vezañ kelaouet ha lakaet, Ganeoc’h, war Evezh war an 2 vloaz o tont e-keñver Lezennoù-Kastizañ Bro C’Hall :
da lavared eo ur brezegenn vihan savet gant Ho Tileuriadez a-berzh Prokulor ar Republik : ur c’hard eur pep hini, amzer da ziskouez hon dije keuz hag e rajemp 3 pater ha 2 ave hag e rofemp 2 chekenn (250+750€ = 1 000€ * 4 = 4 000€) , hep bezañ bet « barnet » evit resev Hoc’h Absolvenn ?
O farsal emaoc’h! Aotrou Bez-Prokulor !
Ar pezh a zo bet :
Ho pet soñj eus pezh hon eus bet graet a-enep an diastuzerioù e 2016, 2023 ha 2025 )
Ho pet soñj eus mennadoù-diazez an tolpadoù-stourm-se
Ho pet soñj eus barnedigezhioù a zo bet : Lezvarn -Galv Pariz, Lezvarn Unvaniezh Europa…hag a c’houlenn holl digant ar Stad C’hall ma vije priziet da vat galloud pistrienniñ ar produioù araok lakaat anezho war ar marc’had.
Respont Ho Plañchod da Falc’herien ha Falc’herezed OGK TNG Bzh :
Lizhiri-galv a vil vern + kinnigoù da lakaad ac’hanomp war Evezh e-keñver Lezennoù Bro -C’Hall hag haralerezh e-keñver hor stourmerien :
Lizhiri-galv evit degemer un tamm paper da adc’hervel ac’hanomp , 200 km evit degemer ha sinañ un tamm paper…, lizhiri-galv dre sms, Degemer ar 4 FV OGK-TNG Bzh e lukarn Ti-Polis An Oriant da sinañ Ho lizher-galv, goulenn digant unan ac’hanomp dre sms degas 2 chekenn ( 1 000€ ) hep na vije bet prosez ebet nag emglev ebet war ar fedoù…ar pezh a zo NEVEZ !
Goap a rit ouzhimp! Aotroù Bez-Prokulor!
Klask a rit abeg ouzhomp, Aotroù Bez-Prokulor, abalamour m’hon dije bet kaset da benn 2 « wall zroug ober »:
1_ dismantroù o vodañ meur a wall-dorfetourien (« UnvaniezhTorfetourien a-stroll! » ) oc’h ober droug da stalioù Jardiland ha Leclerc Lann Ar Ster ( evit Ho kelaouiñ, c’hwitet hon eus war Gamm Vert Lann Ar Ster! Ho 30 poliser eus ar PJ a zo en emgavet re abred, araok na gwitafemp Jardiland : Domaj eta !)
2_ Nac’het hon dije reiñ hor rodoù bizied, palmoù hon daouarn, hag hor poltredoù ha perak pas hon ADN ? Ne roimp ket !
Ha kement-mañ abalamour ma tispennomp ha ma tiskuilhomp produioù pistrius hag a vez kavet E GWERZH eno abaoe ouzhpenn 10 vloaz :
_ e-lec’h ma ne c’heller ket lenn diwarno nag an dañjer da implij anezho nag o fistrioniezh e-keñver an empenn, ar c’hrign-bev nag an doareoù gouennañ.
_ e-lec’h ma vez lakaet da grediñ d’ar re a bren anezho ez int produioù « GLAZ »”, dizañjer e-keñver hon en dro
hag e adc’houlennomp groñs ma vije tennet kuit diwar ar marc’had ar produioù-se , kement hag ez eus en enno metalioù ponner , As Pb,… ha molekulennoù HAP, gouestl da enaouiñ et c hrign bev : Benzo[A] pyrène …
Ma fell Deoc’h barn ha kondaonin tud ‘zo, Aotrou Bez-Prokulor ar Republik,
Ez eo ar re a fard ar produioù-se, ar re a gustum ingalañ anezho hag a ra marc’had ganto en ur guzhaad o fistrioniezh ha N’EO KET NI !
Mont a raje deomp kenañ e lakfe Ho Servijoù kement a imor da glask abeg ouzh an FNSEA-JA hag ouzh ar C’Hoordination Rurale hag e resevjent int-i ivez prezegennoù bihan, goulennoù chekennoù bihan, evit ar milionoù a € a zomaj hag a zistruj o-deus bet graet nevez’zo war hor c’hroazhentoù-tro hag a vo paeet diwar hon tailhoù !!.
Ar pezh hon eus bet graet ez eo evit servij hon holl annezidi gant ar REDI D’HEN OBER, hag evit gwareziñ hor re.
N’omp ket deuet Dirazoc’h eta, evit degemer ur brezegenn ur c’hard eur pad, Ober 2 bater ha 3 ave ha lesker 2 chekenn pep hini evit 4 000 € en holl, padal Ho Plañchod , NE RA TRA NA SEURT EBET a -zivout fouñs an afer : AMPOUEZONNIÑ AN DUD!
An eil abeg, evit non pas dont da weled Ac’hanoc’h, Aotroù Bez-Prokulor ar Republik, a zo bet kemennet deoc’h dec’h goude lein d’ar yaou 19 a viz Meurzh dre hanterouriezh hon advokad , Mestr Jérôme BOUQUET-ELKAIM:
“Sur 11 personnes impliquées dans l’action qui a justifié ces poursuites, seules 4 ont été convoquées. Cette convocation n’a donc aucun sens que ce soit en termes de conception de la fonction sociale des poursuites ou en termes de politique de prévention pénale, et cela encore moins s’agissant d’un avertissement pénal probatoire ne concernant que 4 personnes sur 11.”
Evit echuiñ, hervezomp-ni, Falc’herien ha Falc’herezed OGK-TNG Bzh, Daoust hag eñ ne vije ket Politikerezh Ho Plañchod, gwiriekaet abaoe bloavezhioù ( diwar urzh ar Plañchod Meur? Pe hini Ministr ar Justis? Pe hini al Labour Douar ? Karget gant hini Bercy da zegas 8 miliard € ), nemed klask non pas ober trouz, lakaad ac’hanomp diwel ( didrouz ne vimp ket!), kentoc’h abusiñ hon amzer deomp-ni evit ober war-dro KUDENNOU BRAS ne fell ket deoc’h pe na ouezoc’h ket penaos dont a-benn diouto !
E-leizh eus hon tolpadoù-stourm e porzhioù Breizh, a-enep enporzhadurioù soja OGK eus bro-Brazil hag Amerika ar Su, e stal BUNGE e Brest (29), e porzh An Oriant (56) hag e Montoir a v-Breizh- Mouster Al Loc’h (44) a zo bet hep na vije kement a reuz war o zro!
Le tribunal rend une décision frileuse qui précarise le droit des citoyen·es à alerter
Ce lundi 11 février 2026, tandis que l’Assemblée nationale débattait de la pétition signée par plus de deux millions de personnes opposées à l’agro-business, le tribunal judiciaire de Lorient rendait son délibéré dans le dossier des douze prévenu·es jugé·es pour une action de désobéissance civile revendiquée par Bretagne Contre les Fermes Usines en mars 2022. Pour alerter sur la dangerosité et l’insoutenabilité du modèle agricole surproductiviste, ils et elles avaient alors immobilisé, avec une quarantaine d’autres personnes, un train transportant des céréales destinées à l’alimentation animale, et déversé une partie de sa cargaison sur les voies. Cinq personnes ont été relaxées, six ont été condamnées à une amende de 5 000 euros assortie de sursis, et une a écopé d’une amende de 5 000 euros ferme.
“La décision rendue est mesurée sur le volet pénal, mais elle ne correspond pas au changement de paradigme que nous pourrions attendre au regard de l’état de la planète et ici au regard desconséquencesde l’agro-industrie bretonne danstouslesdomainesécologique,sanitaire,socialetdémocratique.Unerelaxeétait possible dans cecontexteets’agissantdedéfenseursdel’environnement.Ilyadoncunecertainedéceptioncar cette décision n’est pas à la hauteur des enjeux” déclare Me Bouquet-Elkaim, avocat du collectif.
Alors même que l’agriculture est censée être au service de “l’intérêt général”, le collectif Bretagne contre les Fermes-Usines dénonce la frilosité de la justice à prononcer, pour l’ensemble des prévenu·es, une relaxe fondée sur l’état de nécessité, mais aussi sur la liberté d’expression et sur la fragilité des preuves matérielles du dossier. La relaxe d’une partie des prévenu·es et l’allègement des peines par rapport aux réquisitions de la procureure montrent que le tribunal accepte implicitement la légitimité de la lutte pour le droit à vivre dans un environnement sain, et cependant sept personnes sont condamnées. Ce jugement en demi-teinte montre que le droit des citoyen·es à vivre dans un environnement sain, leur droit à la santé et à un avenir vivable ne priment pas selon la justice française sur le droit de propriété ou le code ferroviaire.
Pire encore, le tribunal a décidé d’un montant de plus de 200.000€ à allouer aux parties civiles. Concrètement,celasignifiequelesdéfenseur·sesdel’environnementsevoientsommés d’indemniser les agro-industriels.Ilserejouelesmêmesmécanismesd’asservissementdesagriculteursendettéspar l’agro-industrie. “Sur les condamnations civiles et les dommages et intérêts,nousavionssollicitéunrenvoisur intérêts civils. Le débat n’a doncpaseulieu,cequimériteunappelaumoinssurcevolet”rappellel’avocatdu collectif.
Au-delà des peines prononcées, c’est l’inaction face à l’urgence qui interroge. Car ce que cette action de désobéissance civile dénonce, c’est tout un modèle agro-industriel coupable : coupable de l’effondrement du vivant, coupable de la dégradation de l’eau, coupable des atteintes à la santé publique et coupable de la fragilisation du tissu agricole.
Combien d’alertes faudra-t-il encore pour engager enfin la transition indispensable d’un modèle agro-industriel vers une agriculture respectueuse du vivant, des agriculteurs et agricultrices, et des territoires ?
Le collectif Bretagne Contre les Fermes-Usines. Contact: Romane: 06 17 57 00 63
Lettre ouverte à Monsieur le Premier ministre Sébastien Lecornu
Objet : Urgence d’une politique indépendante et cohérente sur les pesticides, la santé publique et l’eau potable
Monsieur le Premier Ministre,
Nous vous écrivons avec gravité à la suite des révélations publiées par Le Monde, selon lesquelles le ministère de l’Agriculture aurait exercé des pressions sur la rédaction du volet consacré aux pesticides dans le rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP).
Ces interventions, visant à édulcorer ou retarder la publication de conclusions scientifiques gênantes, sont extrêmement préoccupantes.
Elles portent atteinte à la crédibilité des institutions publiques, au droit des citoyens à une information indépendante et à la sécurité sanitaire nationale.
Il ne s’agit pas d’un simple différend administratif. C’est un signal d’alerte politique.
Lorsqu’un ministère chargé de l’agriculture interfère dans l’évaluation des risques sanitaires des pesticides, il devient juge et partie, et met en péril la santé publique.
Dans ce contexte, le maintien de la ministre actuelle, après de telles accusations, affaiblit la confiance du public et empêche la mise en œuvre d’une politique de transition agricole crédible.
Nous demandons donc son remplacement immédiat par une personnalité indépendante, compétente et résolument engagée pour la transparence et la santé environnementale.
Un désastre sanitaire et financier sous-estimé
Les chiffres disponibles dressent un constat accablant :
– Les coûts sociaux liés aux pesticides (santé, dépollution, perte de biodiversité) s’élèvent à minima à 370 millions d’euros par an en France, dont 260 millions pour le traitement de l’eau potable, et potentiellement jusqu’à 8,2 milliards d’euros1
– L’expertise INSERM (2021) a mis en évidence des liens forts ou moyens entre l’exposition aux pesticides et 16 pathologies graves, dont plusieurs cancers, maladies neurodégénératives et troubles de la reproduction.
– Les agriculteurs exposés présentent un risque accru de +47 % de lymphomes plasmocytaires et +25 % de myélomes.
– À l’échelle nationale, le nombre de cancers a presque doublé depuis 1990, avec une progression plus forte chez les femmes et les jeunes adultes.
Ces données illustrent la contradiction entre un discours officiel de réduction des pesticides et la réalité d’un système sous influence, où les arbitrages ministériels privilégient encore les intérêts industriels au détriment de la santé publique.
L’eau potable est la première victime silencieuse. Les contrôles de qualité montrent que plus d’un tiers des points de captage en France présentent des traces de pesticides ou de leurs métabolites au-delà des seuils réglementaires.
Certaines molécules interdites depuis plus de dix ans, comme l’atrazine, continuent de polluer les nappes phréatiques.
Le coût de la dépollution est exorbitant, mais la pollution, elle, reste légalement tolérée tant que les traitements permettent de “corriger” l’eau avant sa distribution. Cette logique est intenable : il faut prévenir la contamination à la source, pas seulement la traiter à la sortie du robinet. La situation exige un sursaut politique et moral. Nous vous demandons :
. Le remplacement de la ministre de l’Agriculture, afin de garantir l’indépendance de la politique publique sur les pesticides.
. La publication intégrale et sans censure du rapport du HCSP, avec les noms des experts consultés et les corrections demandées par le ministère.
. La réorientation des aides de la PAC pour un financement fort et engagé dans la transition agro-écologique
. L’intégration, dans la loi de financement de la sécurité sociale, d’un compte spécifique retraçant les coûts des pathologies environnementales afin d’en mesurer le poids réel.
Le courage politique ne consiste pas à temporiser, mais à protéger la population quand les faits sont établis.
La France ne peut plus ignorer le coût humain et financier d’une dépendance aux pesticides qui ruine notre santé, notre eau et notre modèle social.
Nous appelons votre gouvernement à faire preuve de transparence, d’indépendance et de responsabilité en plaçant la santé publique au-dessus des intérêts économiques sectoriels.
Dans l’attente d’une réponse claire à cette demande, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de notre très haute considération
Mettre la charrue avant les boeufs, c’est bien ce qui vient de se passer avec le vote de la loi Duplomb avant la sortie de l’étude PestiRiv, censée éclairer le choix de nos « représentants » nationaux…
La loi duplomb a été votée le 8 juillet et l’étude PestiRiv a été débloquée des tiroirs d’un ministère le 15 septembre.
Il fallait bien qu’elle soit habillée politiquement, après que les résultats scientifiques aient été connus dès le mois de juin dernier…
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Communiqué de presse des associations Alerte Médecins Pesticides (AMLP) et Alerte Pesticides Haute Gironde (APHG)
:
CommuniquédepressePestiRiv
L’enquête Pestiriv paraît aujourd’hui, 12 ans après la première saisine de la Cellule de l’Institut de veille sanitaire sur une suspicion d’agrégat de cancers pédiatriques à Preignac en Sud-Gironde, 11 ans après l’affaire de Villeneuve de Blaye en Nord-Gironde, citées parmi les amonts de cette étude.
Grâce au signalement de l’association Alerte des Médecins sur Les Pesticides (AMLP) la saisine de la DGS pour Preignac a débouché sur l’étude Geocap-Agri. Au bout de 5 ans, celle-ci a révélé sur la base d’un travail statistique rigoureux, qu’il existe bien un sur-risque d’avoir une leucémie aigüe pour les enfants de moins de 15 ans lorsqu’ils vivent dans un environnement de vignes, et ce jusqu’à 1 km de distance.
Les mesures des AASQA sur la qualité de l’air comme celles d’ATMO-Nouvelle Aquitaine détectent déjà dans l’air de nos villes et de nos champs des concentrations de pesticides agricoles non négligeables. De nombreux prélèvements dans les cheveux des enfants ont déjà été réalisés près des vignes (dans le Médoc, à Léognan) ou près des grandes cultures en Charente-Maritime, à l’initiative de parents riverains, prélèvements qui ont confirmé une imprégnation généralisée.
Nous comprenons que le temps de la science soit long et nous souhaitons que priorité soir donnée à la rigueur scientifique. Il était donc important de mesurer cette exposition pour les riverains des parcelles, de la comparer à l’exposition domestique, en prenant en compte la distance, le moment de l’année … Les résultats de Pestiriv confirment ce que tout le monde sait : on est davantage exposé lorsqu’on habite près des vignes que lorsqu’on habite loin. La distance de 500 m mentionnée dans le rapport rend au passage dérisoires les distances d’épandage de 3, 5 ou 10 m. En outre, et c’est le fait majeur de l’étude, elle indique qu’en période d’épandage les enfants de 3 à 6 ans sont plus imprégnés que les adultes !
D’autres données scientifiques alertent sur le lien entre l’exposition aux pesticides et certaines maladies comme l’expertisecollectivedel’INSERMde2021 ainsi que des préoccupations majeures sur les risques d’une contamination au moment de la vie in utéro.
Nous pensons qu’il est évident et urgent de mettre en rapport les données de GeoCap-Agri, cette expertise de l’INSERM, et les résultats de PestiRiv pour réfléchir à des mesures de prévention permettant de protéger efficacement les populations. Elles consistent a minima, à :
réduiredefaçonsignificativelespesticidesàlasource,ensoutenantmassivementl’agriculturebio (les plans Ecophyto successifs ont montré leur incapacité à opérer cette réduction)
décider de périmètres de protection suffisants autour des écoles, des lieux de vie, négociés avec les habitantsetlesagriculteurs,etdesmesuresdansl’élaborationdesPLUiquiprévoientcespérimètres.
Si les pouvoirs publics veulent sincèrement se préoccuper de la santé des riverains, la communication en tempsréeldesproduitsépandusàlaparcelle vers une base de données accessible aux chercheurs doit être rendue automatique. C’est un élément indispensable pour mener des études épidémiologiques sérieuses, comme l’ont encore réclamé près de 1300 chercheurs et médecins dans une lettre ouverte récemment.
De même la situation impose que l’évaluation de la toxicité à long terme des formulations complètes des pesticides (substances actives + tous les co-formulants), effets cocktails compris, soit faite comme l’impose le règlement européen 1107/2009, sur la base d’études scientifiques indépendantes. C’est ce que nos associations réclament avec la coalition Secrets Toxiques. C’est ce qu’a exigé la Cour administrative d’appel de Paris le 3/09/25 : elle demande à l’État de mettre en oeuvre une évaluation des risques présentés
par les produits « à la lumière du dernier état des connaissances scientifiques », et de procéder, « au réexamen des autorisations de mises sur le marché déjà délivrées et pour lesquelles la méthodologie d’évaluation n’aurait pas été conforme à ces exigences » !
Lesriverains,pasplusquelesagriculteurs,neveulentêtrelescobayesdestrousdanslaraquette de l’évaluation des pesticides. C’est le mêmeÉtat françaisqui affirme n’autoriser la mise sur lemarchéque de produits « aux risques contrôlés » et qui dans le même temps indemnise les victimes des pesticides de plus en plus nombreuses(même si leur nombre est certainement très inférieur au nombre réel de cas).
Aujourd’huilesdépensesdesanté,deprotectiondelabiodiversité,d’épurationdel’eaupotableliéesaux pesticides coûtent des centaines de millions à la société1. Notre pays doit investir dans un vaste plan de conversion de notre agriculture vers un modèle agro-écologique qui garantisse la protection des écosystèmes et des humainset qui permette aux agriculteurs de vivre de leur travail.
PESTICIDES INTERDITS : BASF tente d’étouffer un scandale avéré,
l’Etat doit réagir
Le 23 juin 2025, une inspection citoyenne des faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM a été menée sur le site Chimique de BASF à Genay. Cette inspection a révélé que BASF continue de produire du Fastac (pesticide interdit en France) ainsi que sa matière active : l’alpha-cyperméthrine, substance interdite dans toute l’union européenne.
La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a confirmé ces révélations suite au contrôle qu’elle a réalisé le 30 juin, à la demande du ministère de la Transition écologique.
Nous nous étonnons que la communication de la préfecture ne se limite qu’à l’unique constat de la présence du Fastac, alors même qu’un autre pesticide interdit, le Dimpropyridaz a été également identifié au cours de l’inspection citoyenne. Cette matière active n’étant pas approuvée au niveau européen, elle est donc également interdite.
Depuis 2019, BASF n’a pas fourni les documents demandés sur la toxicité de certains éléments de son produit et tente de faire passer l’interdiction du Fastac pour un simple retrait administratif. Cela ne doit pas lui permettre de contourner le droit en continuant de produire en France et de transporter pour l’exportleFastacinterdit.L’Etatdoittout mettreen œuvrepourempêcherce contournementdela loietmettrefinàcespratiquesodieuses
Alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé, le week-end dernier, les deux millions de signatures, montrant notamment un rejet massif du système agrochimique par la population française :
Nousexigeonslapublicationde l’intégralité durapportde la DREAL concernant le contrôle de BASF à Genay (69).
Nous exigeons de la DREAL des inspections qui recherchent l’intégralité des substances et produits interdits présents sur le site de Genay (69) ainsi que sur tous les autres sites agro- chimiques.
Nousexigeonsquel’ÉtatFrançaisprennedesmesuresstrictespourempêcherce colonialisme agrochimique : la production et l’exportation de substances hautement toxiques et interdites en Europe, qui détruisent la santé des travailleuses et travailleurs et qui impactent gravement l’environnement sur la planète entière.
La Confédération paysanne continuera à se battre pour des changements systémiques de notre économie pour qu’enfin nous puissions sortir de ce système agro-chimique mortifère poussé par des lobbys puissants favorisant leurs profits à notre santé et l’environnement.
Contacts :
Thomas Gibert, porte-parole national : 06 65 24 66 44
Bastien Moysan, secrétaire national : 07 69 43 94 15
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. Si vous continuez à utiliser ce site, nous supposerons que vous en êtes satisfait.