Procès des inculpé·es du 8 décembre 2020 : fin du procès, verdict au 22 décembre

4 semaines de procès se sont achevées le 27 octobre

Et parmi les innombrables incohérences du dossier d’accusation relevées par la défense, le calcul sidérant d’un des avocats de la défense, Me Kempf, qui donne la base des accusations :

« Les accusations reposent sur 0,7 % de l’ensemble des sonorisations »

 

Bref, …, verdict au 22 décembre prochain

https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/post/category/proces/

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Pour mémoire  :

Procès des inculpé·es du 8 décembre 2020 : Appel à soutien

Les crises et les politiciens
Si vous permettez aux politiciens de violer vos droits en temps de crise
Ils créeront des crises pour violer vos droits !!!

Procès baillon – Communiqué de l’association « Alerte aux Toxiques » : « On se lève, on paie et on va en appel ! »

ALERTE AUX TOXIQUES

Plainte pour dénigrement des vins de Bordeaux, le procès bâillon à 125 000 € du syndicat des vins de Bordeaux contre Alerte aux Toxiques et sa porte-parole :

On se lève, on paie et on va en appel !

CP 27 10 2023-Alerte-aux-toxiques

Le Vendredi 27 Octobre 2023.

En février 2021 le tribunal de Libourne condamnait AAT et sa porte-parole à 125 000 € de dédommagements pour « dénigrement collectif à l’égard de la filière » des vins de Bordeaux suite à la publication d’un dossier de presse contenant des analyses d’un laboratoire agréé qui montraient la présence de résidus de pesticides dans des bouteilles de vin labélisées haute valeur environnementale (HVE).

Ce jugement inédit était assorti de l’exécution provisoire qui obligeait AAT et sa porte-parole à payer solidairement la somme avant même une audience devant la Cour d’Appel.

Malgré les versements effectués à hauteur de leurs moyens, preuves à l’appui, les plaignants sont aussi parvenus à obtenir la radiation de l’appel au motif que la totalité de la somme n’avait pas été payée.

Une décision inédite pour une juridiction de première instance, qui entrave notre droit à un recours effectif malgré l’existence de plusieurs textes et décisions de jurisprudence [1] et qui constitue une mise en cause du droit d’informer et de la liberté d’expression sur un sujet d’intérêt général et de santé publique.

Néanmoins notre petite association et sa porte-parole ont bénéficié d’une solidarité et d’un soutien extraordinaires pour faire face aux méthodes écrasantes du luxueux syndicat :

2852 personnes ont abondé au financement participatif.

27 organisations ont également soutenu financièrement l’association et sa porte-parole et se sont impliquées à leurs côtés contre ce procès bâillon et cette omerta.

Aussi, nous tenons à leur adresser un grand MERCI !

Grâce à elles, la vérité peut être rétablie !

Pour que l’on parle enfin du fond dans ce dossier : Que met-on sur les vignes des propriétés labélisées HVE pour produire ces vins ?

Pour empêcher de faire jurisprudence et interdire d’informer le public sur ce label qui permet l’utilisation de produits suspectés d’être cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et/ou perturbateurs endocriniens pour produire du vin.

Pour mettre en lumière des moyens et des méthodes de plus en plus puissantes ayant pour unique objectif d’empêcher de mettre la question des pesticides sur le devant de la scène.

Pour protéger le droit d’informer, de s’informer et la liberté d’expression.

Pour mettre en évidence le manque de sanctions pour ceux qui n’instruisent pas les alertes, voire les entravent.

Pour que la justice fasse prévaloir les droits des travailleureuses et des citoyen.ne.s face aux puissants.

Ce procès aura au moins permis de mettre en lumière la question de l’utilisation des pesticides et les moyens mis en œuvre pour empêcher de mettre cette question sur le devant de la scène.

Mais à quel prix ?

Rendez-vous à 13h00 Allées de Tourny près du carrousel pour une déclaration publique

Valérie Murat, Porte-parole d’AAT : 06 11 52 65 97 valeriemu@outlook.fr

[1] Article 10 de la Convention des droits de l’homme qui assure la liberté d’informer et de s’informer. Article 13 de la Convention Européenne des droits de l’homme. Cour de cassation, 1ere chambre civile, 1 juillet 2018 n°17-21457 pose le principe selon lequel la notion de dénigrement commercial ne peut valablement servir de fondement juridique pour limiter la liberté d’expression lorsqu’on est en présence d’un débat d’intérêt général portant sur la santé publique.

Valérie Murat reçoit le prix éthique ANTICOR
Valérie Murat reçoit le prix éthique ANTICOR

Global Glyphosate Study : une étude mondiale re-révèle la cancérogénicité des herbicides à base de glyphosate

Une étude mondiale sur le glyphosate révèle que les herbicides à base de glyphosate provoquent la leucémie au début de la vie

Publication du 25 octobre 2023

Global Glyphosate Study Reveals Glyphosate-Based Herbicides Cause Leukemia in Early Life

Global Glyphosate Study Reveals Glyphosate-Based Herbicides Cause Leukemia in Early Life

GGS : Global Glyphosate Study

Une étude toxicologique internationale multi-institutionnelle a révélé que de faibles doses d’herbicides à base de glyphosate provoquent une leucémie chez le rat.
Il est important de noter que la moitié des décès dus à la leucémie identifiés dans les groupes d’étude se sont produits à un âge précoce.
Les premières données sur la cancérogénicité de l’étude mondiale sur le glyphosate (GGS) ont été présentées mercredi lors de la conférence scientifique internationale « Environnement, travail et santé au 21e siècle : stratégies et solutions à une crise mondiale », à Bologne, en Italie.

Le glyphosate est le désherbant le plus utilisé au monde et on le retrouve régulièrement dans les aliments, l’eau et les échantillons humains.
Dans cette étude à long terme, le glyphosate seul et deux formulations commerciales, Roundup BioFlow (MON 52276) utilisé dans l’UE et Ranger Pro (EPA 524-517) utilisé aux États-Unis, ont été administrés à des rats via de l’eau potable dès la vie prénatale. à des doses de 0,5, 5 et 50 mg/kg de poids corporel/jour.
Ces doses sont actuellement considérées comme sûres par les agences de réglementation et correspondent à la dose journalière acceptable (DJA) de l’UE et au niveau sans effet indésirable observé (NOAEL) de l’UE pour le glyphosate.

Le Dr Daniele Mandrioli, coordinateur de l’étude mondiale sur le glyphosate et directeur de l’Institut Ramazzini, a déclaré mercredi que « environ la moitié des décès par leucémie observés chez les rats exposés au glyphosate et aux herbicides à base de glyphosate se sont produits moins d’un an après.
En revanche, aucun cas de leucémie n’a été observé avant l’âge d’un an chez plus de 1 600 rats Sprague-Dawley étudiés au cours des deux dernières décennies aux États-Unis.

Programme national de toxicologie (NTP) et Institut Ramazzini.
Le GGS est l’étude toxicologique la plus complète jamais menée sur le glyphosate et les herbicides à base de glyphosate.
Il fournit des données vitales aux régulateurs gouvernementaux, aux décideurs politiques et au grand public.
Il examine les impacts du glyphosate et des herbicides à base de glyphosate sur la cancérogénicité, la neurotoxicité, les effets multigénérationnels, la toxicité organique, la perturbation endocrinienne et la toxicité pour le développement prénatal.

Plusieurs articles évalués par des pairs issus de l’étude devraient être publiés à partir de début 2024. « Ces résultats sont d’une telle importance pour la santé publique que nous avons décidé qu’il était essentiel de les présenter maintenant avant leur publication.
Les données complètes seront rendues publiques et soumises pour publication dans une revue scientifique dans les semaines à venir », a conclu le Dr Mandrioli.

Les conclusions du GGS sur la toxicité du glyphosate pour le microbiome, qui ont été évaluées par des pairs et publiées fin 2022 et présentées au Parlement européen en 2023, ont également montré des effets indésirables à des doses actuellement considérées comme sûres dans l’UE (0,5 mg/kg de poids corporel/kg). jour, équivalent à la dose journalière acceptable de l’UE).

Le GGS a précédemment publié une étude pilote qui a montré une toxicité endocrinienne et reproductive chez des rats à des doses de glyphosate actuellement considérées comme sûres par les agences de réglementation aux États-Unis. (1,75 mg/kg pc/jour).

Ces résultats ont ensuite été confirmés dans une population humaine de mères et de nouveau-nés exposés au glyphosate pendant la grossesse.

Cette étude multi-institutionnelle, coordonnée par l’Institut Ramazzini, implique des scientifiques d’Europe et des États-Unis. et en Amérique du Sud, ce qui donne un poids supplémentaire aux résultats.

Des scientifiques participent à l’étude de l’École de médecine Icahn du Mont Sinaï, de l’Université George Mason, de l’Université de Bologne, de l’Université de Copenhague, du Boston College, de l’Institut national italien de la santé, de l’Université fédérale du Parana, de l’Université de Californie à Santa Cruz et de l’hôpital de Gênes. Saint Martin.

Réactions à l’étude GGS :

https://www.generations-futures.fr/actualites/etude-leucemie-glyphosate/

Pesticides Action Network Europe
Communiqué de PAN Europe – le 25 octobre 2023
« Les ONG européennes exigent une refonte urgente de la politique et un retard dans l’approbation par l’UE de l’utilisation du glyphosate.
Une nouvelle étude a publié des données révolutionnaires(link is external) sur la manière dont de faibles niveaux d’herbicides à base de glyphosate – que l’on croyait auparavant sûrs – ont provoqué des cas de leucémie chez de jeunes rats, suite à des expositions précoces. (1)
La « Global Glyphosate Study » est une recherche internationale multi-institutionnelle coordonnée par l’Institut Ramazzini en Italie.

Un vote crucial de l’UE sur le renouvellement pour 10 ans de l’utilisation approuvée du glyphosate est prévu début novembre.
Les États membres n’ont pas réussi à réunir la majorité qualifiée requise en octobre.
Pesticide Action Network (PAN) Europe, PAN Allemagne et WeMove et d’autres organisations de la Coalition Stop Glyphosate(le lien est externe) appellent la Commission européenne à retirer sa proposition actuelle de renouvellement de la licence pour le glyphosate à la lumière de nouvelles preuves qui viennent d’arriver. de l’étude mondiale sur le glyphosate montrant que le glyphosate peut provoquer le cancer même à faibles doses.

Ces preuves s’ajoutent à des préoccupations majeures concernant la neurotoxicité et une relation possible avec la maladie de Parkinson, les dommages causés au microbiome humain et au système immunitaire, ainsi que le stress oxydatif et les dommages à l’ADN pouvant être causés par le glyphosate et ses produits.
Tous ces effets nocifs importants ont été ignorés ou sous-estimés par l’EFSA dans ses avis.

Peter Clausing, toxicologue (PAN Allemagne) :
« Cette étude de haute qualité nécessite toute l’attention des autorités européennes, car elle fournit de nouvelles preuves alarmantes corroborant les conclusions antérieures sur les effets cancérigènes du glyphosate sur le système lymphatique observées dans des études sur des souris et dans des études épidémiologiques humaines. »

Angeliki Lysimachou, responsable scientifique et politique (PAN Europe) :
« L’étude souligne que le renouvellement de la licence du glyphosate est plus que discutable – c’est carrément illégal.
Les autorités européennes ont commis une énorme erreur en concluant que le glyphosate et la formulation représentative sont sûrs. La bonne étape à présent consiste pour l’UE à retirer la proposition actuelle de réautorisation et à faire pression pour son non-renouvellement.»

Anne Isakowitsch de WeMove Europe :
« Plus de 2,5 millions de personnes en Europe réclament l’interdiction du glyphosate.
(2) Cette nouvelle recherche montre qu’il serait irresponsable de permettre que du glyphosate soit pulvérisé sur nos champs pendant encore 10 ans. « L’UE doit écouter les citoyens. »

Eoin Dubsky, directeur de campagne senior (Ekõ) :
« La présidente de la Commission européenne ne peut pas dire sans hésiter qu’elle protège les personnes et notre planète si ses responsables ignorent désormais cette nouvelle étude toxicologique accablante.
Von der Leyen doit choisir : Parti européen des pesticides ou Parti populaire.»
 »

Pétition : la France doit s’opposer au renouvellement du glyphosate en Europe

Exigeons ensemble que la France s’oppose publiquement au renouvellement de l’autorisation de ce pesticide toxique en Europe.

https://www.generations-futures.fr/actualites/glyphosate-petition/

Projection débat du film Secrets Toxiques à Ploemeur (56) : 27 octobre

Projection débat du film Secrets Toxiques

Secrets Toxiques : le film

VENDREDI 27 OCTOBRE

à  19 h 00

Salle polyvalente de Fort Bloqué
8 rue des Glycines.
Ploemeur

Projection organisée par l’association AEP de Fort Bloqué

Débat avec

  • Isabelle Georges (Administratrice de Secrets Toxiques et membre de la direction collégiale de PIG BZH).
  • Olivier Mazeas (ferme agroecologiste de Kerdroual à Ploemeur )
  • Pierre Avril ( agriculteur bio et gérant de l’entreprise Avril industrie, outils de désherbage mécanique )

 

Entrée libre, participation au chapeau, au bénéfice de Secrets Toxiques

Associations et organisations membres de Secrets Toxiques – octobre 2023

Agriculteur victime des pesticides : rassemblement de soutien, jeudi 19 octobre à Brest

 

Information du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest  :

Rassemblement de soutien à Pierre LE ROUX

Jeudi 19 octobre à 13h15,

devant le Tribunal judiciaire

150 rue Ernest Hemingway

à BREST.

 

Pierre a été producteur de tomates et de fraises sous serre et a utilisé des pesticides de synthèse.

Il souffre aujourd’hui de deux cancers l’un du rein, l’autre de la prostate ; ce dernier a été reconnu comme maladie professionnelle en août 2022.

Par contre, en décembre 2022, le Comité de Reconnaissance en Maladie Professionnelle (CRMP) a refusé de reconnaître le cancer du rein.

Me BARON défendra Pierre LE ROUX.

Ces combats qui dépassent le simple enjeu individuel, pour être gagnés, nécessitent la solidarité de tous ; aussi nous vous invitons à venir le soutenir devant le Tribunal.

Cordialement

Pour le Collectif

Daniel BODENES – 07 87 17 13 22

Michel BESNARD – 06 73 19 56 07

www.facebook.com/victimepesticide.ouest/

http://victimepesticide-ouest.ecosolidaire.fr/

https://www.youtube.com/channel/UCezXGq77eNHKrP3YvtFXTIQ

 

Communiqué de la Campagne Glyphosate France

La Campagne Glyphosate France communique :

Le 15 octobre 2023

Les actualités sur les pesticides révoltent toutes celles et tous ceux qui défendent le vivant en luttant contre les pesticides,

notamment :

La certitude que le renouvellement du glyphosate sera prochainement décidé, au vu des positionnements des états membres et de la commission européenne, et ce contre l’intérêt des populations, de leur santé et de la biodiversité.

Le classement sans suite de quelques 5400 plaintes pénales déposées dans le cadre de la Campagne Glyphosate France suite aux 6850 analyses d’urines qui démontrent l’imprégnation permanente et quasi générale de la population française par des pesticides basés sur cette molécule.

Ces décisions sont inacceptables.

Depuis des dizaines d’années, des milliers d’études scientifiques démontrent la dangerosité des pesticides à base de glyphosate.

Des organismes publics comme l’INRAE1, l’INSERM2, le CIRC3, le CNRS4 alertent sur la nocivité de ces produits sur la santé et la biodiversité sans que leurs travaux ne soient pris en compte.

Le cnDAspe5 a demandé à plusieurs reprises que deux évaluations portant sur l’impartialité et sur la rigueur méthodologique des expertises soit instaurées dans les instances européennes, sans suite.

Une étude de notre équipe scientifique, récemment publiée, invalide la méthode utilisée par les agences de sécurité alimentaire pour affirmer que notre imprégnation au glyphosate serait sans risque6.

Secrets Toxiques7, regroupant près de 80 associations, a les preuves irréfutables que la réglementation européenne qui encadre les autorisations de mise sur le marché des pesticides n’est pas respectée par les organismes qui en ont la charge, et ce malgré l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 1er octobre 20198.

Rien n’y fait. Mensonges, tromperies, non respect des règlements européens, tout est bon pour que les intérêts financiers passent avant la santé et la protection du vivant.

En même temps l’état adopte un barème d’indemnisation pour les enfants et proches victimes d’une exposition prénatale aux pesticides, reconnaissant de ce fait la toxicité et la nocivité de ces substances 9.
25000 € pour la perte d’un enfant… c ‘est le prix fixé par L’État.

La Campagne Glyphosate France refuse ces atteintes au droit fondamental de vivre dans un environnement sain.

Elle étudie tous les recours juridiques pour continuer de porter ces plaintes, et, au sein de la coalition Secrets Toxiques, travaille aux recours pour faire annuler toutes décisions visant à ré autoriser des produits à base de glyphosate.

Contact presse : D.Masset. 06 10 94 66 82 

 

  1. Institut National de la Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement

https://www.inrae.fr/evenements/impacts-produits-phytopharmaceutiques-biodiversite-services-ecosystemiques

https://www.inrae.fr/actualites/glyphosate-perturbe-fonctions-reproduction-animale-humaine

  1. Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/

  1. Centre International de la Recherche sur le Cancer

https://www.prc.cnrs.fr/outils/les-agents-cancerogenes-selon-le-circ/

  1. Centre national de la recherche scientifique

https://www.biologie-journal.org/articles/jbio/abs/2007/03/jbio073013/jbio073013.html

  1. Commission nationale Déontologie et Alertes en santé publique et environnement

https://www.alerte-sante-environnement-deontologie.fr/deontologie-et-alertes-en-sante-publique-et-environnement/actualites/article/avis-conditions-de-la-confiance-des-citoyens-vis-a-vis-du-processus-d

  1. Underestimation of glyphosate intake by the methods currently used by regulatory agencies | SpringerLink
  1. https://secretstoxiques.fr/
  1. Arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 1er octobre 2019.

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62017CJ0616

  1. Légifrance arrêté du 7 janvier 2022

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044993676

Alerte aux Toxiques : Valérie Murat a besoin de votre soutien pour pouvoir faire appel !

MAJ du 24 octobre : il semble que le compte est bon, merci à toutes et à tous !!!

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Communiqué de l’association « Alerte aux Toxiques » :

Oct 12, 2023 — 

Bonjour à toutes et tous,

J’espère que vous allez bien depuis tout ce temps !

Après ces longs mois de silence, je reviens vers vous au sujet de Valérie Murat, suite à sa condamnation à verser 125000 euros + les dépens, aux vins de Bordeaux. C’est en effet prochainement que la somme devra être versée. Dans cette optique, nous relançons la cagnotte qui est toujours en ligne et toujours active, pour l’aider à réunir les fonds nécessaires.

Pour celles et ceux qui le peuvent, nous savons combien les temps sont difficiles, et le souhaitent, vous pouvez participer via le lien suivant :

https://gofund.me/e8e48dfd

En vous remerciant toutes et tous,

Très cordialement,

Marie-Lys.

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Pour mémoire, c’était en novembre 2021 : https://pig.log.bzh/2021/11/14/vins-de-bordeaux-hve-suite-valerie-murat-devra-payer-125000-e-pour-pouvoir-faire-appel/

Soutien PIG BZH à l’association « ALERTE AUX TOXIQUES »

L’Appel le plus cher de l’histoire de la justice civile !

« Valérie Murat a deux ans pour s’acquitter de la somme, et ça vous donne le droit que l’affaire soit examinée… c’est l’appel le plus cher de l’histoire de la justice civile ! », a ironisé son avocat Eric Morain. « Le CIVB cherche à m’asphyxier et à faire de moi un martyr, ils n’y parviendront pas », a réagi Valérie Murat.

Ré autorisation du Glyphosate : décision reportée à novembre 2023

Comme on pouvait s’y attendre, l’Union Européenne ne s’est pas entendue sur la prolongation de l’autorisation du glyphosate.
« La proposition de Bruxelles n’a pas remporté ce vendredi la majorité qualifiée nécessaire. La France s’est abstenue, faisant pencher la balance. Très divisés sur l’utilisation du premier herbicide mondial, les Vingt-sept ont rendez-vous pour un ultime vote en novembre. »

source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/glyphosate-lunion-europeenne-ne-sentend-pas-sur-une-prolongation-dautorisation-1986978

https://www.lesoir.be/543216/article/2023-10-13/prolongation-du-glyphosate-pas-daccord-europeen-nouveau-vote-en-novembre

https://www.ladepeche.fr/2023/10/13/glyphosate-la-france-sabstient-dans-le-vote-sur-la-prolongation-de-son-utilisation-dans-lue-11516172.php

Et la France cherche à passer pour la championne de l’écologie en obtenant 7 ans à la place de 10 et quelques restrictions d’utilisation…

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Nous demandons, nous, PIG BZH, au sein de la coalition Secrets Toxiques, que la prolongation de cette autorisation soit conforme au règlement européen, ni plus ni moins.
Le glyphosate n’étant jamais utilisé seul, c’est sa formulation complète représentative qui doit être évaluée pour l’autorisation.
Et sa formulation représentative est truffée de Secrets Toxiques …

Affaire à suivre …
Cf https://secretstoxiques.fr

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Mise à jour du 16 octobre 2023

Et en attendant on compte les victimes :

https://reporterre.net/Glyphosate-pour-la-premiere-fois-un-jeune-indemnise-apres-une-exposition-prenatale

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L’agriculture du XXIe siècle, selon le gouvernement actuel, et le syndicat agricole majoritaire Affichage parodique et satyrique

Secrets Toxiques à la fête de la Terre de Plufur : 15 octobre

Nous avons présenté très rapidement le film et la coalition Secrets Toxiques le 14 septembre dernier, à Lanvellec, avant de filer à Lannion pour une projection de  l’étape costarmoricaine du Tour de France de Secrets Toxiques

C’était lors du débat organisé par l’association Germinale, avec Nicolas Legendre, autour de son livre « Silence dans les Champs »

Et nous revenons à Plufur, à l’invitation de l’association Germinal, pour la fête de la Terre, le 15 octobre prochain.

Pour 3 diffusions du film Secrets Toxiques et un débat, lors de la fête de la Terre du 15 octobre 2023, à la salle polyvalente de PLUFUR

Les projections auront lieu à

  • 10h30 > 11h 30
  • 12 h > 13 h
  • 13h30 > 14 h 30

Le débat est à 15 h

En présence de :

  • Pierre-Henri Gouyon – Professeur émérite au Museum National d’Histoire Naturelle
  • Isabelle Georges – administratrice de Secrets Toxiques et de PIG BZH
  • Aurore Pont – du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l’Ouest
  • Jean Marc Camus – arboriculteur

Fête de la Terre à Plufur, 15 octobre 2023 : programme détaillé

Pesticides, ré-autorisation de la « molécule active » glyphosate par l’Europe : position et action de Secrets Toxiques

Vous pouvez retrouver la saga du glyphosate, les études scientifiques qui l’incriminent dans de multiples pathologies, et l’histoire de ses ré-autorisations successives sur le blog Vigilance OGM 46, par ici : https://vo46.wordpress.com/2023/09/21/glyphosate-le-retour-lefsa-autorite-europeenne-de-securite-des-aliments-complice-au-grand-jour-de-lagro-industrie-qui-empoisonne-terre-air-et-eau/

Et le dossier Evaluation du glyphosate : un rapport gravement biaisé , de Générations Futures,  datant de fin 2021

Une faille majeure reconnue par l’EFSA le 7 juillet dernier

Le 7 juillet dernier, l’EFSA reconnaît une faille majeure qui pourrait compromettre cette ré autorisation https://pig.log.bzh/2023/07/07/glyphosate-lefsa-reconnait-une-faille-majeure-qui-pourrait-compromettre-la-reautorisation/

Chaque jour porte à notre connaissance de nouvelles études sur la toxicité du glyphosate, sur les évaluations tronquées, sur la non prise en compte des études dénonçant sa toxicité, comme aujourd’hui dans Le Monde : Glyphosate : une plainte déposée contre Bayer en Autriche pour « dissimulation » d’études sur la nocivité de l’herbicide

Position de Secrets Toxiques

Juillet 2023 : Communiqué :

Lors de la procédure de réapprobation d’une molécule comme substance active de pesticide, le règlement 1107/2009 prévoit que soit évaluée l’effet d’une formulation représentative, un exemple de produit contenant la molécule à évaluer. Secrets Toxiques dénonce depuis deux ans l’absence d’évaluation sérieuse de cette formulation, alors que de nombreuses études (par exemple celle-ci) montrent que les effets toxiques des formulations peuvent être très largement supérieurs à ceux de la seule molécule active déclarée. Cela est notamment dû à l’action des détergents présents dans les formulations, qui facilitent la pénétration du glyphosate dans les cellules des organismes vivants.

Dans le cas du glyphosate, l’EFSA a indiqué un « manque d’informations sur la toxicité d’une des composés présents dans la formulation à base de glyphosate soumise pour l’évaluation« , ainsi que l’absence de données sur « la toxicité aigüe et la génotoxicité » pour cette formulation.

Interrogé au printemps 2022 par la Commission Environnement, le service juridique du Parlement Européen a indiqué qu’en l’absence de données sur la toxicité des composés d’une formulation, des tests supplémentaires, portant sur la formulation complète, doivent être demandés – Secrets Toxiques milite par ailleurs pour que ces tests de toxicité portant sur la formulation complète soient réalisés de façon systématique. En l’absence de ces tests, l’approbation ou la réapprobation d’une substance active deviendrait illégale.

A la suite de cet avis, la Commission Environnement du Parlement Européen, par une lettre de son président Pascal Canfin, a interrogé la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides, qui a admis dans sa réponse que « notamment à la lumière du jugement dans le cas C-616/17 [de la Cour de Justice de l’Union Européenne] […], si le candidat à l’approbation ne fournit pas d’informations suffisantes, les Etats Membres et l’EFSA ont l’obligation de requérir de plus amples informations ».

Dans ces conditions, Secrets Toxiques estime que la réapprobation du glyphosate est impossible à réaliser dans des conditions qui satisfont les exigences du règlement européen, à savoir s’assurer que la formulation représentative contenant la molécule n’a pas d’effets néfastes à court ou à long terme sur la santé humaine ou l’environnement.
Une réapprobation du glyphosate dans ces conditions ne pourrait être qu’illégale et serait exposée à une annulation par la Cour de Justice de l’Union Européenne.

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Copie du document précité : letter Canfin to Kyriakides – PPPs-needtoclarifyRegulation 284-2013 June 2022 response October
Traduction en français du passage incriminé :
« Par conséquent, et notamment à la lumière de l’arrêt rendu dans l’affaire C-616/17, je suis d’accord avec vous pour dire qu’en cas d’informations insuffisantes fournies par les demandeurs, les États membres et l’EFSA ont l’obligation de demander des informations supplémentaires. Le règlement (UE) n° 284/2013 définit les obligations des demandeurs en termes de soumission de données dans leurs dossiers de demande respectifs.
Ces exigences en matière de données permettent aux États membres d’exiger des données supplémentaires… »

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ACTION Secrets Toxiques : lettre aux membres des commissions ENVI et JURI du Parlement Européen

Envoyée le 18 septembre 2023

Objectifs :
Secret Toxique souhaite, propose, demande que les commissions ENVI et JURI du Parlement européen, qui disposent de ce pouvoir, déposent un recours en annulation afin de bloquer les décisions illégales de la Commission et des Etats membres.
ET
Si le glyphosate devait être renouvelé dans les conditions actuelles, nous demandons aux membres des commissions ENVI et JURI de déposer un recours en annulation de cette décision dans les deux mois autorisés par la procédure.

Lettre envoyée à Mr. Pascal Canfin, Chair of ENVI Committee of the European Parliament et à Mr. Adrián Vázquez Lázara Chair of JURI Committee of the European Parliament, et aux  Members of the JURI and ENVI Committees in the European Parliament

Traduction de cette lettre en français :

« Comme vous le savez, la procédure de renouvèlement de l’approbation de l’Union européenne sur l’utilisation du glyphosate comme substance active dans les pesticides est actuellement en cours, et un vote des Etats membres est attendu dans les semaines à venir.

Nous sommes en mesure d’affirmer que si ce renouvèlement était voté dans sa forme actuelle, sa validité juridique serait remise en cause.
En effet, il existe une faille majeure de nature à la fois scientifique et juridique dans le processus, qui conduit actuellement à une sous-estimation importante de la toxicité chronique de la molécule telle qu’elle est utilisée dans les pesticides dans l’Union européenne.
Dans ce contexte, les commissions ENVI et JURI ont un rôle crucial à jouer pour que les procédures légales soient respectées dans la procédure d’approbation du glyphosate.

Comme vous le savez, l’article 4 du règlement 1107/2009 exige, pour l’approbation de la substance active d’un pesticide, la preuve que les produits contenant cette substance n’ont pas d’effet néfaste sur la santé humaine ou l’environnement dans des conditions normales d’utilisation, compte tenu des effets cumulatifs et synergiques.
Bien que l’approbation des produits relève de la compétence des États membres, ce règlement exige que la même preuve soit apportée pour « une ou plusieurs utilisations représentatives d’au moins un produit phytopharmaceutique contenant cette substance active » (article 4-5).

Cette exigence est la condition pour que les effets cumulatifs et synergiques soient pris en compte au cours du processus d’approbation des substances actives des pesticides.
En effet, les pesticides contiennent plus que leur substance active, et certains de ces composés ont pour effet d’augmenter la toxicité du produit. C’est le cas des « synergistes », qui peuvent par exemple aider les pesticides à adhérer aux organismes ciblés afin que le poison y pénètre efficacement.

Selon l’EFSA et la COM, que nous avons eu l’occasion d’interroger à plusieurs reprises sur ce sujet au cours des deux dernières années, l’évaluation de cette utilisation représentative n’est pas réalisée par des études expérimentales sur les formulations, mais par une extrapolation basée sur les données disponibles sur les composés individuels déclarés dans la formulation par le fabricant.
Les conditions nécessaires à une évaluation correcte par le biais de cette extrapolation sont de trois natures : l’exhaustivité de la déclaration des composés de la formulation, la disponibilité d’une méthode fiable et la disponibilité de données fiables sur tous les composés de la formulation.

Au moins deux de ces trois conditions ne sont pas remplies dans le cas de la procédure de renouvèlement de l’approbation du glyphosate de cette année, ce qui entraine des failles scientifiques et juridiques majeures dans la procédure d’évaluation.


Problèmes de méthode

Concernant la méthodologie employée pour évaluer la toxicologie à long terme des formulations, deux éléments sont très clairs. Le premier est la décision Blaise (C-616/17, 1er octobre 2019) de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Dans son point 116, la Cour a répondu à la question de savoir si les tests actuellement exigés par la règlementation européenne sur les formulations étaient suffisants pour évaluer la toxicité des produits au regard du principe de précaution. La Cour a répondu que si les « tests sommaires » exigés par le règlement de l’UE ne sont pas suffisants pour vérifier l’absence de cancérogénicité ou d’autres types de toxicité à long terme, il incombe aux autorités compétentes de fournir une analyse appropriée répondant aux exigences du règlement 1107/2009 et du principe de précaution.

Cependant, interrogé par le Parlement européen le 8 novembre 2022, le directeur de l’EFSA a admis que l’agence ne disposait actuellement d’aucune méthode pour évaluer les effets synergiques, y compris la toxicologie à long terme des formulations (1) :

« Vous pourriez dire : « examinez-vous tous les effets synergiques possibles que la substance active et les coformulants pourraient avoir l’un sur l’autre ? Pourrait-il y avoir une toxicité accrue parce qu’ils agiraient ensemble sur le même organe ? Oui, nous développons cette méthodologie. Il s’agit d’une entreprise scientifique très complexe. Mais l’EFSA a investi au cours des dix dernières années une énorme quantité de main-d’œuvre et d’argent dans ce que nous appelons l’évaluation des mélanges chimiques, des cocktails, de l’exposition combinée à de multiples produits chimiques. Nous progressons, en collaboration avec les États membres. Je tiens à mentionner ici l’institut de santé publique des Pays-Bas, le RIVM, l’un de nos principaux partenaires. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, car tout n’a pas encore été résolu. Nous avons une feuille de route, un plan. Comment passer d’un organe à l’autre. Il s’agit donc encore d’une entreprise pluriannuelle qui nous attend. »

Cette déclaration admet que l’EFSA ne peut évaluer aucune formulation représentative dans toute la mesure des exigences du règlement 1107/2009, puisque ce règlement exige très clairement l’évaluation des effets synergiques.

Entre février 2021 et décembre 2021, nous avons interrogé à plusieurs reprises les agences européennes et nationales de sécurité alimentaire sur les méthodes utilisées pour évaluer la toxicité à long terme et les effets synergiques des coformulants dans les produits formulés. Nous n’avons obtenu que très peu de réponses mentionnant des définitions de voies d’effets indésirables et de seuils conformément aux exigences du règlement CLP (EU 1272/2008), ce qui ne peut suffire à considérer l’évaluation toxicologique à long terme comme pleinement réalisée – un avis également partagé par la Commission nationale française d’alerte et de déontologie en matière de santé publique et d’environnement (2)

Au printemps dernier, la Commission européenne a commencé à se pencher sur ce problème dans le cadre d’une série d’ateliers auxquels nous avons été invités. Notre proposition de procéder à une évaluation de l’ensemble de la formulation n’a pas été réellement prise en compte. Nous attendons les conclusions de cet atelier, mais son existence même admet l’absence de méthode fiable pour évaluer les effets synergiques de formulations représentatives, et l’impossibilité de répondre aux exigences du règlement 1107/2009 dans le cas du renouvèlement de l’approbation du glyphosate.

1 https://multimedia.europarl.europa.eu/fr/webstreaming/envi-committee-meeting_20221108-0900-COMMITTEE-ENVI
minute 9’52

2 https://www.alerte-sante-environnement-deontologie.fr/deontologie-et-alertes-en-sante-publique-et-environnement/actualites/article/avis-relatif-a-la-methode-d-evaluation-des-risques-des-pesticides-pour-la-sante

Problèmes de données :

Cependant, si nous admettons un instant qu’il existerait une méthode solide permettant de réaliser une évaluation complète de la toxicité à long terme basée sur un modèle, qui épargnerait la nécessité de réaliser des tests expérimentaux sur les produits formulés, ces méthodes auraient nécessairement besoin de données très solides et exhaustives pour fonctionner.

Malheureusement, les lacunes en matière de données dans l’univers chimique de REACH ont été mises en évidence depuis longtemps, en particulier depuis l’atelier de conformité du BfR de 2017.
Plus précisément, l’examen par les pairs de l’EFSA sur le glyphosate publié en juillet 2023 mentionnait  » un manque d’informations sur la toxicité de l’un des composants présents dans la formulation de pesticide à base de glyphosate soumise à l’évaluation, qui est nécessaire pour conclure l’évaluation des risques de la formulation pour des utilisations représentatives .
Pour cette formulation, il n’y avait aucune indication de toxicité aiguë et de génotoxicité ».
Néanmoins, l’EFSA a décidé de ne pas considérer cette lacune comme un « domaine critique de préoccupation », laissant à la Commission européenne et aux États membres la responsabilité de considérer cette lacune comme suffisamment problématique pour ne pas renouveler l’approbation du glyphosate.

Toutefois, en octobre 2022, la commissaire européenne Stella Kyriakides a admis dans une lettre publique adressée à Pascal Canfin, président de la commission ENVI, que « si les informations sont insuffisantes pour conclure à la toxicité à long terme, les États membres sont habilités à exiger des demandeurs qu’ils soumettent les informations supplémentaires nécessaires jusqu’au même niveau que pour les substances actives….. [À la lumière de l’arrêt rendu dans l’affaire C-616/17, je suis d’accord avec vous pour dire qu’en cas d’informations insuffisantes fournies par les demandeurs, les États membres et l’EFSA ont l’obligation de demander des informations supplémentaires.

La Commission a visiblement décidé d’agir différemment de ce qui est indiqué dans cette lettre, puisqu’elle a soumis un projet de décision de renouvèlement au Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (Scopaff) cet été, comme l’a révélé l’ONG PAN Europe (3).
Dans ce projet de rapport, la Commission a éludé les préoccupations de l’EFSA concernant le manque de données sur le coformulant, en déclarant que « tous les experts des États membres qui ont participé aux discussions, ainsi que le GAG [Groupe d’évaluation du glyphosate], ont convenu que les informations toxicologiques disponibles sont suffisantes pour conclure à la sécurité de « MON 52276″ [la formulation représentative du dossier], pour lequel il existe des données sur la toxicité aigüe et la génotoxicité qui ne suscitent pas d’inquiétude ».

La Commission considère visiblement que les États membres et l’AGG possèdent des données sur les informations toxicologiques de la formulation représentative que l’EFSA n’a pas.
Cependant, nous pouvons raisonnablement soulever d’importantes préoccupations quant à la solidité et à la validité juridique de ces données : pourquoi l’EFSA prétendrait-elle qu’il existe un manque de données que les États membres et l’AGG peuvent combler ?

3)https://www.pan-europe.info/press-releases/2023/07/leaked-eu-commission-plans-swiftly-reapprove-glyphosate-avoid-scientific-and

Problème de l’instabilité de la composition des produits pesticides

Enfin, si nous considérons un instant qu’une méthode est disponible et que les exigences en matière de données sont pleinement respectées, une troisième préoccupation doit être soulignée en ce qui concerne la stabilité des formulations. En soi, cela ne constitue pas une rupture avec les institutions européennes en ce qui concerne les exigences légales pour l’évaluation du glyphosate, mais remet en question l’idée que la formulation étudiée est réellement représentative et que les fabricants respectent pleinement leur obligation de déclarer de manière exhaustive les composés présents dans leurs produits.

Trois études (4) ont réalisé une spectrométrie de masse des pesticides disponibles sur le marché au moment des études. Il s’agit d’une analyse de leur composition. Dans la plupart des produits étudiés, elles ont mis en évidence la présence de faibles concentrations de composés qui auraient dû être déclarés aux autorités de sécurité alimentaire : arsenic, plomb, plusieurs métaux lourds et hydrocarbures aromatiques polycycliques. De plus, ils ont observé que la quantité de ces composés présents dans différents échantillons d’un même produit commercial varie de manière significative, ce qui conduit à envisager l’idée que les produits pesticides autorisés sur le marché ne sont pas stables dans leur composition.

(4) Defarge, N., De Vendômois, J. S., &Seralini, G. E. (2018). Toxicity of formulants and heavy metals in glyphosate-based herbicides andother pesticides. Toxicology reports, 5, 156-163.
Seralini, G. E., &Jungers, G. (2020). Toxic compounds in herbicideswithout glyphosate. Food and Chemical Toxicology, 146, 111770.
Jungers, G., Portet-Koltalo, F., Cosme, J., &Seralini, G. E. (2022).Petroleum in Pesticides: A Need to Change Regulatory Toxicology.Toxics, 10(11), 670.

Dans ce cas, les lignes directrices de l’EFSA recommandent d’éviter d’utiliser une approche basée sur les composants et d’opter plutôt pour une approche basée sur le mélange entier, en utilisant la formulation entière comme base pour évaluer les différents paramètres de toxicité, y compris la toxicité à long terme. À la demande du groupe des Verts au Parlement européen, nous avons réalisé une étude bibliographique sur les effets potentiels des métaux lourds et des hydrocarbures dans les concentrations détectées par les trois études susmentionnées (6) . Si la présence de ces composés est effectivement généralisée, ses effets nocifs potentiels sur la santé humaine et l’environnement ne peuvent être ignorés. L’étude de l’effet des produits pesticides en tant que mélange complet serait un moyen d’aborder correctement l’évaluation des risques, tant au niveau scientifique que juridique.

Des études scientifiques ont été menées sur la formulation précise mentionnée dans le dossier de renouvellement du glyphosate, appelée MON52276.
Entre 2019 et 2022, un programme de recherche dirigé par Robin Mesnage a réalisé plusieurs études animales in vivo comparant les effets du glyphosate seul et du MON52276 à travers plusieurs études d’exposition de 90 jours. Ils ont constaté que la formulation entraînait davantage de changements biologiques liés à la cancérogénèse que le glyphosate seul, et que la formulation provoquait des lésions hépatiques – mais pas le glyphosate seul
(7) . En outre, ils ont également constaté dans une autre étude d’exposition de 90 jours que le MON52276, et non le glyphosate seul, provoquait des altérations du microbiome intestinal chez les rats (9). L’institut Ramazzini a également caractérisé, dans les résultats préliminaires d’une étude sur le sujet, la formulation MON52276 comme une substance perturbatrice endocrinienne probable (9).

Les résultats de ces travaux scientifiques contredisent directement les conclusions de l’examen par les pairs de l’EFSA, qui indique qu' »il n’y a pas eu d’indications de toxicité aiguë ou de génotoxicité dans les études réalisées avec la formulation à usage représentatif « MON 52276″ ».

5 https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.2903/j.efsa.2019.5634

6 https://icedrive.net/s/tYNF78QgA4uBkXy5xvZTRW9hYBj9

7 Mesnage et al., 2021, Comparative toxicogenomics of glyphosate and Roundup herbicides by mammalian stem cell-based genotoxicity assays and molecular profiling in Sprague-Dawley rats

8 Mesnage et al., 2019, Shotgun metagenomics and metabolomics reveal glyphosate alters the gut microbiome of Sprague-Dawley rats by inhibiting the shikimate pathway

Ces travaux, axés sur la formulation spécifique utilisée pour la procédure actuelle de renouvellement du glyphosate, viennent s’ajouter à un corpus scientifique très large qui a conduit le CIRC à classer le glyphosate comme « probablement cancérogène » dans sa monographie de 2015 (10), sur la base d’études portant à la fois sur le glyphosate lui-même et sur les formulations à base de glyphosate. Dans une revue de la littérature très récente, Rana et al. ont montré que la monographie du CIRC était en fait conservatrice. En effet, alors qu’elle avait apporté des preuves de la génotoxicité et du stress oxydatif, les études réalisées depuis ont apporté des preuves solides d’autres mécanismes de cancérogénicité, à savoir les altérations épigénétiques, l’inflammation chronique et les perturbations endocriniennes (11)

9) Manservisi, Fabiana (2021) Reproductive and developmental toxicity study using Sprague-Dawley rats exposed under various calendars to the weedkiller Glyphosate and commercial formulations Glyphosate-based, [Dissertation thesis], Alma Mater StudiorumUniversità di Bologna. Dottorato di ricerca in Scienzeveterinarie, 33 Ciclo. DOI 10.48676/unibo/amsdottorato/9579.

10) https://www.iarc.who.int/featured-news/media-centre-iarc-news-glyphosate/

11) Rana, I., Nguyen, P. K., Rigutto, G., Louie, A., Lee, J., Smith, M. T., & Zhang, L. (2023). Mapping the key characteristics of carcinogens for glyphosate and its formulations: A systematic review. Chemosphere, 139572.

La science est là, et l’EFSA le sait. Il ressort très clairement de l’audition de BerhardUrl devant la commission AGRI le 30 août que l’EFSA a décidé de considérer que les nombreuses lacunes dans les données du dossier ne constituent pas un domaine critique de préoccupation afin de confier à la Commission et aux États membres la responsabilité de décider de la réapprobation du glyphosate. Cependant, le projet de rapport de renouvellement de la Commission a décidé de rester aveugle aux erreurs scientifiques et juridiques soulignées dans cette lettre – qui ne constitue malheureusement pas un rapport exhaustif de toutes ces erreurs.
Dans cette situation de manque de méthode et de données, il est impossible que l’EFSA ait pu réaliser une évaluation correcte de la formulation représentative du dossier glyphosate.
Nous sommes confrontés à une situation dans laquelle les intérêts commerciaux prévalent sur la santé publique et la protection de l’environnement.
De plus, si le glyphosate est renouvelé dans ces conditions, c’est l’Etat de droit et la démocratie qui seront trahis, puisque les exigences règlementaires sont négligées à bien des égards.

Dans les régimes démocratiques, le Parlement constitue toujours un contre-pouvoir aux exécutifs abusifs.
Il contrôle l’action du gouvernement.
Les commissions ENVI et JURI du Parlement européen disposent de ce pouvoir, puisqu’elles peuvent déposer un recours en annulation afin de bloquer les décisions illégales de la Commission et des Etats membres.
Contrairement aux organisations de la société civile, le Parlement européen est assuré de voir sa requête prise en compte par la Cour de justice de l’Union européenne, puisqu’elle est recevable par défaut.
Si le glyphosate devait être renouvelé dans les conditions actuelles, nous demandons aux membres des commissions ENVI et JURI de déposer un recours en annulation de cette décision dans les deux mois autorisés par la procédure.

Nous restons à votre disposition pour discuter plus avant de cette question.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

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